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Menahem Macina

Les Nations Malades De La Peste (antisioniste)
24/03/2002

DURBAN... Comme beaucoup, je suis rempli de dégoût (mais pas surpris car ce n’est que le début de ce que nos prophètes ont annoncé - cf. entre autres : Ps 2 ) - face à l’explosion quasi universelle de mépris et de haine dont notre peuple est à nouveau l’objet, du haut de la tribune d’une assemblée qu’avait réunie un noble but : mettre le racisme hors-la-loi.


Ils peuvent, les ennemis d’Israël, éructer et baver sur ce petit peuple. Ils ne risquent rien : les Juifs n’édictent pas de ’fatwa’ de mort contre ceux qui blasphèment leur foi et leurs coutumes religieuses, ou qui diffament l’honneur, l’Etat, l’armée, et les dirigeants de cette partie de leur peuple revenu à Sion.

C’est pourquoi les ennemis d’Israël se déchaînent et vont - suprême forfaiture! - jusqu’à qualifier de "raciste" l’Etat qu’a donné à ce peuple, si longtemps dispersé, le Sionisme, mouvement de réhabilitation sociale, culturelle et politique, qui a reforgé l’unité nationale du peuple juif en lui rendant sa langue, en renouant son lien avec sa terre ancestrale et en le réinvestissant d’une partie de sa souveraineté sur cette dernière et sur Jérusalem, sa capitale tri-millénaire.

Que faire, face à cette ignominie? Nous battre, bien sûr, réaffirmer inlassablement que nous ne voulons que la paix et qu’en échange, on nous fait la guerre (cf. Ps 55, 19; 120, 7, etc). Mais qui nous écoute? Qui nous croira?

Alors aujourd’hui - une fois n’est pas coutume - moi qui, d’habitude, veille sur mon expression et m’efforce de ne pas donner libre cours à ma peine, à mon scandale, à ma colère, face au traitement injuste et ignominieux dont est victime mon peuple, j’opte pour la dérision. A celles et ceux qui ont encore des lettres et apprécient le bien dire (pas le mien, celui de l’auteur dont je pastiche, à la française, une fable philosophique célèbre et... combien significative) -, je dédie cette version insolite des "animaux malades de la peste".




LES NATIONS MALADES DE LA PESTE (ANTISIONISTE) [1]



Version DURBAN de la fable de Jean de La Fontaine


"Les animaux malades de la peste"



Un mal qui répand la terreur,
Mal que le ciel, en sa fureur,
Inventa pour punir les crimes de la terre…
Le RACISME (s’il faut l’appeler par son nom)
Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,
Poussait les hommes à la guerre.

Ils ne tuaient pas tous, mais tous étaient tentés :
On n’en voyait point d’occupés

A aider l’étranger, à lui sauver la vie ;
Ils n’avaient que haine et envie
Pour tous ceux dont ils différaient ;
Les pourchassant comme une proie.
Leur beauté même ils la niaient :
Plus d’amour, partant plus de joie.


L’ORIENT tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.

L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L’état de notre conscience.

Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J’ai conquis force nations.
Qu’avaient-elles donc fait ? Nulle offense :
Même il m’est arrivé quelquefois de tuer
Le curé.

Je me dévouerai donc, s’il le faut ; mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.


- Sire, dit l’OCCIDENT, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Dominer des nations trop faibles, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes, Seigneur
En les brimant beaucoup d’honneur.
Et quant au Curé l’on peut dire
Qu’il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur quelques marauds
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit l’ OCCIDENT, et flatteurs d’applaudir.

On n’osa trop approfondir
Des riches PETROLIERS, ni des autres PUISSANCES,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu’aux vrais assassins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.


Israël à son tour avoue : J’ai souvenance

Qu’en PALESTINE étant passant
Le besoin, l’occasion, la mémoire et je pense

Les nations ainsi m’y poussant,
Je lui rendis son nom, sa grandeur et sa langue.
J’y fis même un Etat puisqu’il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.



Un EX-COLONISE prouva par sa harangue
Qu’il fallait corriger ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.
Le SIONISME fut jugé un cas pendable.
Revenir chez autrui ! quel crime abominable !

Rien que la mort n’était capable
D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.


Selon que vous serez puissant ou misérable,

L’Assemblée de DURBAN vous rendra blanc ou noir.



© 2001 M.R. Macina et CJEE


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Notes

[1] Les ‘fans’ d’un certain Jean de La Fontaine, écrivain passé de mode, prétendront sans doute que j’ai pastiché l’une des fables de leur génie. C’est pourquoi je le dis tout net, afin de couper court à toutes les sornettes : le pastiche est intentionnel, et je serais navré qu’on ne le sût pas tel. Doncques pour conjurer ce mal, voici le texte original. Les animaux malades de la peste :

Un mal qui répand la terreur, Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom)
Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n’en voyait point d’occupés
A chercher le soutien d’une mourante vie ;
Nul mets n’excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n’épiaient
La douce et l’innocente proie.
Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d’amour, partant, plus de joie.
Le Lion tint conseil, et dit :
Mes chers amis, Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L’état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J’ai dévoré force moutons.
Que m’avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m’est arrivé quelquefois de manger
Le Berger.
Je me dévouerai donc, s’il le faut ; mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
– Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Eh bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes, Seigneur
En les croquant beaucoup d’honneur.
Et quant au Berger, l’on peut dire
Qu’il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d’applaudir.
On n’osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l’Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L’Ane vint à son tour et dit : J’ai souvenance
Qu’en un pré de Moines passant,
La faim, l’occasion, l’herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n’était capable
D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.

Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.