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Israël (Société - mentalités)
Jérusalem

A la demande de l’Eglise, les quartiers chrétiens de Jérusalem-est sont du côté israélien
17/10/2005

Suite aux pressions du Vatican, le contour de la barrière de sécurité à Jérusalem a été modifié pour permettre l’inclusion de plusieurs quartiers chrétiens en territoire israélien.
11 octobre 2005 
 
Haaretz
 
Repris du site de "Un écho d’Israël".
 
Traduction française : Cécile Pilverdier, pour "Un écho d’Israël".
 
 
Quand, il y a quelques années, les Eglises de Jérusalem et du monde chrétien ont vu qu’Israël était décidé à construire le « mur » sur le pourtour de Jérusalem, de tous côtés, Israël a été condamné. A cette réprobation, le Patriarche latin, le Patriarche arménien et le Custode franciscain étaient partie prenante. Le Vatican avait alors fortement protesté. La crainte essentielle des chrétiens était que s’affaiblisse le lien entre les centres chrétiens situés à Jérusalem, et dans les villages chrétiens situés de l’autre côté de la barrière. S’y ajoutait la crainte d’une influence négative de la barrière sur la venue des pèlerins qui viennent visiter la ville de Jérusalem.
 
Il faut constater aujourd’hui que la construction de ce mur, construit autour de Jérusalem pour des raisons de sécurité, a conduit à des pourparlers importants entre le Vatican et les représentants du ministère de la Défense. Le Vatican a demandé que soient inclus du côté israélien le plus possible d’instituts et de terrains appartenant à l’Eglise, et Israël a répondu favorablement à la plupart des demandes.

Dans quelques cas, le trajet du mur a été changé et des quartiers arabes de Jérusalem, qu’Israël avait pourtant prévu de placer à l’extérieur de la barrière, sont « restés dedans », pour éviter de nuire aux chrétiens, et ce, en réponse aux pressions du Vatican.
 
Le cas le plus marquant est celui du quartier de Dahyat El Barid (quartier des employés de la poste jordanienne), situé non loin du quartier A Ram, au nord du quartier de Neve Yaacov. Le quartier de El Barid est, en effet, voisin du camp militaire qui commande la région militaire centre et comprend de nombreuses organisations chrétiennes et internationales.

La première planification du ministère de la défense prévoyait de laisser ce quartier dans la partie palestinienne de la ville, mais la pression du Vatican et de plusieurs instances internationales a influé sur la décision de garder du côté israélien certaines parties de ce quartier.

Dans cette partie de la ville il y a, entre autres, un centre mondial et l’école des sœurs du Rosaire, un centre du patriarcat latin, et également une autre propriété de l’Eglise grecque catholique.
 
Amnon Ramon, de l’Institut jérusalémite de la recherche en Israël, a réalisé une carte de toutes les institutions chrétiennes et églises que le mur menaçait de couper de zones qui leur étaient vitales. Ramon montre, dans son rapport - qui porte sur les influences du mur encerclant Jérusalem sur les centres vitaux de la ville -, que, dans des nombreux cas, ce sont les responsables chrétiens qui ont demandé à Israël que les institutions chrétiennes et leurs propriétés soient placées sous la dépendance d’Israël.

La demande, explique Ramon, est motivée par deux raisons. La première, la crainte que des biens d’église qui resteraient du côté palestinien soient perdus, soit à cause des squatters, soit parce qu’il serait alors impossible d’y accéder. La seconde, la forte attraction entre les centres chrétiens situés à l’extérieur de la ville et les institutions des églises situées à Jérusalem-est. La séparation entre les deux, ont pensé les Eglises, risquerait d’entraîner des difficultés de fonctionnement et pourrait même amener à les fermer.
 
Contrairement à la région d’El Barid, au nord, Israël n’a répondu que partiellement aux demandes chrétiennes concernant le village de El Azarieh, situé à l’est de Jérusalem, et ceci seulement suite à la pression de personnalités importantes du parti républicain américain, qui se sont adressées directement au chef du gouvernement, A. Sharon. Sont restés côté israélien du mur différents couvents et un centre communautaire grec catholique. Sont restés côté palestinien, le tombeau de Lazare, les églises franciscaine et orthodoxe, et le quartier dit latin, dont une partie des habitants possède la carte d’identité israélienne. Pour tous ceux-là, il y a le problème du passage du mur. Selon Ramon, ce territoire n’a pas été inclus dans celui d’Israël à cause de la présence d’un cimetière musulman, d’une mosquée à côté de la tombe de Lazare, et du nombre important d’habitants palestiniens musulmans. Les personnes travaillant à l’Institut de Recherche font remarquer que, d’un point de vue chrétien, la situation des institutions d’El Azarieh, des deux côtés du mur, cause un problème ; elles conseillent de résoudre le problème en essayant de créer un passage sur la route historique Jérusalem-Jéricho.
 
Au sud, près de Bethléem, le couvent de Crémisan et sa cave à vins ont été inclus dans le territoire de Jérusalem. Le couvent Thalita Koumi, situé près du mont Gilo et qui comprend une très grande école qui dessert une population importante, est, par contre, resté en dehors.

Dans quelques cas où les terrains d’église ont été partagés, ou sont restés en dehors des murs, des discussions ont eu lieu, qui ont conduit à la fixation de compensations. C’est ce qui s’est passé pour le couvent arménien, Baron, dont des terrains ont pâti des travaux qu’a faits Tsahal, il y a plusieurs années. C’est aussi le cas pour le monastère grec-catholique des Bénédictines de l’Emmanuel. Des discussions ont eu lieu avec le patriarcat grec orthodoxe à propos de terrains lui appartenant, situés au sud de Har Homa.
 
La séparation la plus importante pour le monde chrétien est, bien entendu, celle qui scinde Jérusalem, où se trouve le tombeau du Christ, et Bethléem, lieu de l’église de la Nativité. Jusqu’à l’édification du mur, la ville de Bethléem n’avait été séparée ni de la Vieille Ville, ni de Jérusalem-est. A deux reprises, dans le passé, les responsables chrétiens de Bethléem ont fait des tentatives pour que la ville soit sous tutelle israélienne. La première fois, ce fut juste après la guerre des Six jours, lorsque les frontières de Jérusalem ont été fixées. La seconde fois, ce fut lors des accords d’Oslo, lorsque Ytzhak Rabin décida de faire passer Bethléem sous la tutelle palestinienne. Cette fois encore, des chrétiens de Bethléem ont essayé d’empêcher la construction du mur, et cette fois encore, ils n’ont pas obtenu gain de cause.
 
© Haaretz
 
Mis en ligne le 12 octobre 2005, par M. Macina, sur le site upjf.org