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Menahem Macina

Je n’ai pas honte d’être Juif. Réflexions sur la violence juive, Menahem Macina
23/08/2005

Les deux actes de terrorisme juif perpétrés en Israël récemment nous rappellent que nous ne constituons pas une souche humaine aseptisée, immunisée contre les perturbations de l’intelligence et du comportement, et indemne de passions mauvaises. En tant que portion infime de l’humanité, nous ne faisons pas exception à la règle, même si la Bible affirme que nous sommes appelés à être la lumière des nations. En tout état de cause, si notre peuple atteint un jour ce degré éminent, ce sera l’œuvre du Tout-Puissant, pas la nôtre.
19/08/05
 
 
Le choc
 
 
Un Juif terroriste ! Il ne nous manquait plus que cela ! Honte chez les uns – "un Juif n’assassine pas des civils". Compréhension chez d’autres – "Il fallait bien que ça arrive : les Palestiniens, est-ce qu’ils se gênent, eux, pour assassiner nos femmes et nos enfants ?" Du malaise à la justification, en passant par la surenchère des belles âmes – "J’ai honte d’être Juif" -, jusqu’au dénigrement des habitants des implantations, qu’on ne se gêne même plus désormais pour appeler ’colons’, les réactions de nos coreligionnaires trahissent la confusion, le mal être et la honte.
 
Pour un peu, on en oublierait la compassion pour les victimes, des civils palestiniens innocents, et les veuves et orphelins qu’ils laissent derrière eux ; pour la famille de l’assassin aussi. On en oublierait le déshonneur qui rejaillit sur Israël, et le danger mortel de représailles que fait peser sur l’ensemble de la population cet acte violent.
 
 
On peut se demander si l’un des derniers points d’honneur des Juifs d’Israël ne vient pas de tomber dans la boue des turpitudes de toutes les société humaines, défigurées par la violence, quelles que soient les races qui la composent et les vicissitudes de leur histoire ?
 
"Non !", se récrieront sans doute certains, "on ne peut généraliser à partir d’un cas marginal".
 
Certes, mais est–il si marginal que l’on voudrait qu’il fût ? A l’instar de ce qu’affirmait le Juif Jésus, si "regarder une femme pour la désirer" c’est avoir "déjà commis, dans son coeur, l’adultère avec elle", ne peut-on pas dire également que regarder son prochain avec haine, c’est l’avoir déjà tué dans son cœur ?
 
Les deux actes de terrorisme juif perpétrés en Israël récemment nous rappellent que nous ne constituons pas une souche humaine aseptisée, immunisée contre les perturbations de l’intelligence et du comportement, et indemne de passions mauvaises. En tant que portion infime de l’humanité, nous ne faisons pas exception à la règle, même si la Bible affirme que nous sommes appelés à être la lumière des nations. Et à mon avis, si notre peuple atteint un jour ce degré éminent, ce sera l’œuvre du Tout-Puissant, pas la nôtre.
 
 
Le terrorisme n’est pas un fait nouveau dans l’histoire du Yishouv israélien
 
Dans les dernières décennies du Mandat, les forces de l’ordre britanniques ont été la cible d’attentats de masse à l’explosif et d’assassinats individuels. Dans le climat d’exaspération et de désespoir qui régnait alors, du fait de la politique cynique de la puissance mandataire qui ménageait les Arabes et ne protégeait pas suffisamment la population du Yishouv – sans parler des restrictions drastiques de l’immigration juive -, des "violents de notre peuple" se sont livrés à des exactions qui ont horrifié les dirigeants sionistes et la population juive elle-même, allant jusqu’à pendre des soldats anglais en représailles de la pendaison de militants des organisations terroristes juives, tels l’Irgoun ou le groupe Stern, condamnés à mort pour avoir perpétré des attentats criminels.

Le 22 juillet 1946, l’Irgoun fit exploser une bombe dans l’hôtel King David à Jérusalem.
Bilan : 91 morts, pour la plupart des civils – 28 Britanniques, 41 Arabes, 17 Juifs et 5 d’autres nationalités, et 45 blessés.
 
 
Comme la majeure partie de l’humanité, nous sommes entraînés dans le maelström d’une coexistence forcée avec tout ce qui concurrence, voire met en danger, volontairement ou non, nos ressources, notre existence nationale, voire notre existence tout court. L’équilibre régional et mondial est aussi précaire qu’un volcan jamais complètement endormi, dans les tréfonds duquel bouillonne une lave de haine et de rancœur, toujours prête à l’éruption.
 
Autre paramètre inquiétant : désormais, la force n’est plus l’apanage des Etats et des régimes politiques, ni de leur police ou de leur armée, pas même des masses populaires : elle est de plus en plus utilisée par un ou plusieurs exaltés, le plus souvent insaisissables, enfermés dans leurs phobies obsidionales, dans leur fanatisme et dans leur volonté de puissance, inversement proportionnelle à leur insignifiance personnelle, et manipulés, directement ou indirectement, par des organisations terroristes islamiques occultes, qui, on l’a vu, peuvent frapper partout et à tout moment. C’est ainsi que quelques individus, isolés ou affiliés à un groupe et déterminés à nuire par tous les moyens pour faire triompher leur idéologie, peuvent semer la terreur et la mort. Les milliers d’actes terroristes qui ensanglantent l’humanité depuis près de deux décennies le prouvent sans conteste.
 
"Nous ne sommes pas comme cela", proclamaient, jusqu’à il y a peu, beaucoup de Juifs – et j’étais du nombre. Nous voulions croire que ce qui nous distinguait encore du reste du monde, était ce petit îlot d’une non-violence, réputée congénitale chez le Juif. Combien de fois n’a-t-on pas entendu – et peut-être l’ai-je dit ou écrit moi-même : "En tout cas, nous, nous n’allons pas semer la mort dans les autobus palestiniens"  - et voilà que l’un d’entre nous l’a fait, tout récemment. Ou encore : "Nous ne nous en prenons qu’aux terroristes, jamais aux civils palestiniens" – et voici que, ce 17 août, un bon père de famille juif, a abattu, de sang froid, quatre ouvriers palestiniens qui travaillaient dans une usine de l’implantation de Shilo ! Pourtant, ils ne le menaçaient pas du tout, ils ne lui avaient rien fait de mal. Il les convoyait tous les jours, mangeait avec eux et leur parlait même en arabe. Crise de folie ? Il s’est avéré que non. Désespoir ? Si l’on veut. Mais surtout, rage froide, détermination de peser sur le cours des événements, comme il l’a confirmé lui-même, le 18 août, en déclarant au juge devant lequel il comparaissait pour la prolongation de sa détention : «Je ne regrette pas ce que j’ai fait. Je voulais arrêter le désengagement et j’espère que quelqu’un assassinera aussi Sharon».
 
 
Mettre les choses en perspective
 
Le problème de la violence traverse l’histoire du sionisme. Plusieurs ouvrages et de très nombreux articles en traitent, mais ils sont majoritairement rédigés en hébreu, ou en d’autres langues étrangères, et sont souvent peu accessibles. Pour la commodité de cet exposé, je me réfère surtout à l’excellent ouvrage intitulé Une histoire intellectuelle et politique du sionisme. 1860 – 1940 (Fayard 2002), de l’historien Georges Bensoussan. (Je l’ai recensé, en son temps.)
 
Dans le treizième et  dernier chapitre, intitulé «L’usage du monde», Bensoussan décrit la problématique en ces termes :
 
«Se posant en théologie de la libération, mais confronté à l’épreuve des faits et de la réalité du terrain, le sionisme s’éloigne bientôt des rêves nourris en Europe et ailleurs. Le problème de l’autodéfense, qui est au cœur du processus de libération, agitait déjà le monde juif au temps des violences pogromistes. En Palestine, où l’insécurité est monnaie courante et les exactions nombreuses… la nécessité de se protéger exige rapidement la maîtrise de la force. L’idée s’impose d’emblée à la plupart des immigrants qu’il faut se défendre ou partir.» (P. 792). (1)
 
Mais, explique Bensoussan, pour adopter cette attitude, les Juifs vont devoir modifier leur pacifisme traditionnel. C’est surtout le cas pour les courants humanistes, majoritaires en Gola, et au sein du Yishouv, dans les premières décennies de son existence. Beaucoup de Juifs professent un pacifisme utopique. Bensoussan illustre cet état d’esprit par une citation de Ahad Haam, qu’il commente en ces termes :
 
 
«"A quoi bon poursuivre l’entreprise sioniste", demandait [Ahad Haam], s’il s’agit d’"implanter dans un coin d’Orient une nouvelle petite tribu de Levantins qui rivaliseront avec les autres Levantins, dans le sang et la colère".
 
Cette attitude, très répandue au sein de l’intelligentsia juive de la Haskala, est partagée par un grand nombre d’hommes nourris de Tora et demeurés convaincus de la supériorité du verbe sur l’épée.» (P. 792).
 
 
Le sionisme, rappelle Bensoussan, «s’est donné pour dessein de changer l’image que le Juif a de lui-même». Mais, pour y parvenir, il lui faudra «vaincre une tradition du refus de la violence et un dégoût de la force laissée, dit-on avec mépris, "aux Goyim"». Et l’historien de remarquer, avec justesse : «Cette carence relative à la sécurité d’un futur Etat tient aussi à l’absence d’expérience gouvernementale.» (P. 794).
 
L’auteur procède ensuite à un bref survol historique de l’idée d’autodéfense au sein des différents courants du sionisme, depuis 1862. Il rappelle que l’autodéfense active commença en Russie avec les pogroms de 1881. 
 
Une des photos du pogrom de Kishinev
 
Mais il note que, jusque vers 1900 environ, elle «demeure un phénomène sporadique.» (P. 795). Après avoir signalé que «des hommes aussi pondérés que Ahad Haam et Simon Doubnov, Ravnitzki, Ben Ami et Bialik, appellent les Juifs à l’autodéfense»,
 
                                                    Doubnov                      Bialik
 
il cite leur texte collectif de 1903 :
 
"C’est un malheur que cinq millions d’êtres humains soient à la merci des autres, de tendre la gorge aux égorgeurs et de crier en vain à l’aide, sans essayer de défendre leurs propriétés, leur honneur, leur vie par leurs propres efforts. Et qui sait si ce malheur n’est pas la raison initiale du mépris que l’on nous porte. Seul celui qui est capable de protéger et de défendre sa dignité est respecté par autrui. Frères ! Le sang de nos frères de Kishinev nous clame : quittez la poussière, cessez de pleurer et d’implorer, cessez de tendre vos mains pour supplier vos ennemis, quémandant leur clémence. Prenez les armes !" (P. 795).
 
Bensoussan écrit encore : «Sur le terrain, la position de nombreux sionistes évolue en fonction [du] refus arabe qui s’exprime de plus en plus clairement… Avec la révolte arabe de 1936, le Yishouv balance entre lassitude et radicalisation. "Jusqu’à quand le mouvement sioniste sera-t-il condamné à se battre pour son existence ?", interroge Beilinson dans Davar, le 23 juin 1936. "Jusqu’à ce que la force du peuple juif installé sur sa terre puisse infliger une défaite à tout adversaire qui l’attaquerait, jusqu’à ce que le plus audacieux des ennemis, quel qu’il soit, comprenne qu’il n’y a aucun moyen de briser l’esprit du peuple juif rassemblé en sa patrie, pour des raisons vitales, et qu’il n’y a pas d’autre possibilité que de composer et de l’accepter. Tel est le sens de la lutte."» (P. 815).
 
Il est clair que c’est, à peu de choses près, l’état d’esprit sous-jacent à la longue lutte de l’Etat d’Israël pour son existence, depuis sa fondation en 1948. Pourtant, si grande était la répugnance traditionnelle juive à l’usage de la force, que la non-violence resta longtemps auréolée d’un prestige moral supérieur à toute autre conception. C’est sans doute en partie pour cette raison que «l’ethos défensif», comme l’appelle Bensoussan, l’emporta, durant plusieurs décennies, sur la «perspective guerrière», et se traduisit par la politique de la havlaga (retenue), dont Bensoussan précise qu’elle «apparaît dans la presse hébraïque quelques jours après les émeutes d’avril 1936.» (Note 102, p. 829).
 
Très vite, toutefois, cette généreuse attitude est contrebattue par des opposants, socialistes autant que nationalistes radicaux. C’est le cas du militant travailliste David Shimonovitz, qui «compose (en 1936) un chant de défiance à l’endroit de la havlaga, qui va devenir le viatique des mouvements de jeunesse juive en Terre sainte.» 
 
"Non ! Nous ne laisserons pas répandre en vain notre sang ! [...]
Notre sang est comme l’eau sur toutes les terres du monde
Mais ici nous ne serons pas comme une feuille fanée
Telle une feuille dispersée par tous les vents qui soufflent
Ici nous ne trouverons pas la mort comme des moutons !
Ici nos visages ne seront pas frappés par le fouet
Nous défierons la mort – et nous vivrons !"
(Ibid. p. 825).
 
 
De son côté, Jabotinsky ironise amèrement (12 juillet 1938) :
 
"La grand-route, la "voie royale" censée être libre, étendue et ouverte à tout un chacun ne l’est pas pour le Juif qui habite en son foyer national : elle lui est fermée. Il lui est interdit de se montrer sur les routes de Palestine alors que l’Arabe se sent à Tel Aviv comme chez lui. Celui-ci se lève de bon matin, se rend à Tel Aviv, frappe à la porte d’un Juif et lui dit : "Bonjour, je vous ai apporté des légumes". Et rien ne peut lui arriver. Il ne craint pas d’être frappé par qui que ce soit […] Visiblement, la peste n’a frappé qu’une partie de la population." (P. 826).
 
En bon historien, Bensoussan ne passe évidemment pas sous silence les propos et les écrits de l’aile la plus radicale du nationalisme juif. Il rappelle qu’«au retour d’un voyage en Pologne, en 1937, [Uri Zvi] Greenberg publie un recueil de poèmes, considéré aujourd’hui comme son œuvre maîtresse, Le livre de l’accusation et de la foi, qui exercera une influence considérable sur la jeunesse juive d’Eretz Israel. Il y exprime la "honte immense" ressentie devant les coups que "les Juifs encaissent et ne rendent pas"…» Et de citer :
 
"Cinq mois de tueries sont partis en fumée,
Et plus bas que l’herbe sont ceux qui demeurent vivants dans le sang.
Un tel calme ne domine dans l’étable qu’après le passage du boucher
Une telle dégradation et un tel silence on ne les trouve dans aucune nation.[…]
Ceux qui ont enseigné : "Il n’est pas nécessaire d’entraîner les jeunes
Pour former les bataillons prêts au combat contre les Arabes des jours de colère
Mais il s’agit simplement de vivre sans Dieu, sans Etat et sans défense,
Et sans cérémonies nationales ; bruyant seulement de joie et de rythmes lourds… […]
Je vois, moi, des prisons aux murs épais, à Jérusalem, à Jaffa, à Acre,
Des pendaisons,
Et les visages des sicaires condamnés à mourir (2).
Je les vois marcher vers leurs poteaux
Et l’aube de Jérusalem se refléter sur leur visage blafard…[…]
Et je vois déjà une formation de nos avions
Qui survolent le mont du Temple le jour de fête […]
Et l’étendard de David du haut de sa tour.» (P. 828-829).
 
C’est ainsi que, inexorablement, et sous la pression des circonstances, la population juive de Palestine, qui répugnait traditionnellement à l’usage de la force, va s’armer, se défendre, contre-attaquer, puis, par la suite, prendre l’initiative de l’offensive.
 
Car, très vite, les choses sont devenues claires. Les Arabes ont bien compris que le dessein des Sionistes était de constituer un Etat en Palestine. Bensoussan documente à grands traits les étapes de cette prise de conscience et de l’hostilité arabe croissante qu’elle génère (p. 812 ss.). Parallèlement, la lucidité des Sionistes se fait d’autant plus aiguë. Bensoussan cite un texte de Jabotinsky, écrit dans les années 20, qui en témoigne :
 
"Les Arabes de Palestine n’accepteront jamais la transformation de la Palestine arabe en un pays à majorité juive. Que le lecteur passe en revue les exemples de colonisation dans d’autres contrées. Il n’en trouvera pas un seul où elle se soit faite avec l’accord des indigènes. Que ces indigènes soient ou non civilisés, que ces colons soient ou non civilisés, les premiers ont toujours combattu avec acharnement les seconds. Le comportement des colons n’a jamais influencé les indigènes." (P. 812).
 
Bensoussan cite un autre texte de la même veine, écrit en 1929 par Yehzékiel Kauffmann, «Notre établissement en Palestine. Questions posées à l’association Brit Shalom» : 
 
"Sur quoi appuyez-vous donc votre espoir qu’un peuple nous accueillerait aujourd’hui en son sein ? Aujourd’hui ! En cette époque de renaissance des nations et dans ce pays où nous venons proclamer notre revendication de souveraineté nationale?" (P. 815).
 
Conjuguée à la situation de plus en plus dramatique des Juifs en Gola, l’insécurité croissante aide à trancher le nœud gordien du dilemme traditionnel du Juif écartelé entre son respect de la vie, son désir de vivre dans la concorde avec les non-Juifs, et la nécessité de survivre dans un milieu hostile et même meurtrier. L’usage de la force va s’imposer, et même, écrit Bensoussan : «Jadis occultée ou bannie [elle] va jouer un rôle-clé dans l’évolution du sionisme». (P. 816). «Or», poursuit l’auteur, «le sionisme de terrain et son rêve d’un foyer national impliquent nécessairement l’usage de la force, et c’est en ce sens qu’évoluent la plupart des esprits en Terre Sainte, entre 1908 et 1939. Au point que Lehman, cet humaniste de la vieille Europe, qui se sentait si peu proche des natifs d’Eretz Israel, finit, en 1943, par justifier la nécessité de la défense :
"Mais si l’on vous dit : ’Que ferez-vous au cas où, sans l’usage de la force armée, vous n’arrivez pas à réaliser les objectifs du sionisme ?, nous répondrons que, quel que soit le destin de notre peuple, il vaut mieux que nous nous en remettions à la force des armes, plutôt que de rester inactifs face à son annihilation. Dans ce cas, l’amour de notre peuple sera plus fort que celui que nous portons à l’idée de la non-violence."» (P. 817).
 
Bensoussan évoque ensuite Tabenkin, qui fut longtemps un partisan inconditionnel du pacifisme. Il résume ses propos de janvier 1945, en ces termes :
 
«Certes, il faut préparer la jeunesse à la guerre, assure [Tabenkin], non seulement sans haine mais en enseignant même le monde de l’ennemi. De là ces contorsions qui, en repoussant l’adversaire sans le haïr, permettent de conserver intacte la notion de "pureté des armes". De là, aussi, cette attitude quasi schizophrénique où l’on tire et où l’on pleure, où l’on se bat en discourant sans fin sur la tristesse d’avoir à le faire.» (P. 834).
 
On connaît la suite. La Hagana, fondée secrètement en 1920, sera, avec l’aide du baroudeur-stratège Wingate, à l’origine de la constitution de l’armée juive en Palestine, et de la création, «au cours de l’hiver 1937-1938, des Plougot Sadeh (littéralement "Compagnies de campagne")… qui, répartis en six compagnies avaient lancé, à partir de l’été 1938, des actions offensives, au moment où la révolte arabe s’embrasait de nouveau.» (P. 834).
 
On est loin de l’image pastorale de l’agriculteur juif pacifique lâchement agressé par le partisan arabe. Comme l’écrit pertinemment Bensoussan :
 
«A Tel Haï, en 1920, il s’agissait du travail ; à Hanita, en 1938, la défense prend le pas sur toute autre considération. On se bat d’abord, on cultive ensuite, puisqu’il s’agit au premier chef de contrôler un territoire revendiqué par deux populations. Le Yishouv juif s’habitue progressivement à cet usage de la force. Au plus fort de la révolte arabe, la poésie populaire hébraïque met ainsi de moins en moins l’accent sur le "travail rédempteur" (lequel est censé "rendre la Palestine aux Juifs’) et de plus en plus sur la défense. Dans "Le Chant des brigades" (Zemer ha-Plougot), Nathan Alterman témoigne du passage d’un ethos à l’autre :
"Attends-nous, ma patrie, dans tes chemins de montagne,
Attends-nous dans tes vastes champs de blé.
Jadis vos jeunes nous avaient apporté la paix avec la charrue,
Aujourd’hui, ils vous l’apportent avec des fusils."» (p. 834).
 
 
La période suivante est trop connue et documentée pour qu’on s’y attarde ici. Contentons-nous d’en énumérer les étapes majeures. La création de l’Etat d’Israël. L’attaque de plusieurs pays arabes de la région pour tuer le jeune Etat dans l’œuf. La quête israélienne frénétique d’armements. La défaite des troupes arabes, pourtant bien supérieures en nombre. Devenu un Etat moderne, Israël instituera la conscription - qui fait de presque tous les citoyens israéliens aptes à servir sous les drapeaux, une réserve aisément mobilisable - et se dotera d’une armée professionnelle de haut niveau, équipée des technologies les plus sophistiquées. Mais l’Etat juif vit sans cesse les armes à la main. Deux guerres arabes ultérieures (1967 et 1973) – gagnées, non sans pertes douloureuses -, et un terrorisme incessant, rappellent en permanence à ce peuple que les Arabes refusent radicalement de reconnaître l’existence de leur Etat, en général, et de leur installation sur une terre qu’ils considèrent comme arabe, en particulier. Même refus farouche de la part des Palestiniens, bien que leurs dirigeants s’en défendent et imputent à Israël la responsabilité du terrorisme, considéré par eux comme la réponse désespérée d’un peuple opprimé et sans armée à l’occupation dont il est l’objet.
 
*   *
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Accepter de reconnaître la violence refoulée qui nous habite
 
Ce long excursus a paru indispensable pour mettre en perspective l’événement déstabilisant pour l’image que nous avons de notre peuple, qu’a constitué l’assassinat, par un terroriste juif, de quatre civils palestiniens innocents, mais aussi pour éviter deux interprétations de l’événement, qui, si opposées qu’elles soient, se rejoignent par leur caractère réducteur.
 
La première consiste à se lamenter et à maudire "ces colons et ces religieux qui sont la source de tous nos malheurs par leur intransigeance et leur fanatisme".
 
La seconde consiste à réputer l’événement exceptionnel et non représentatif, et à affirmer qu’il ne faut pas lui accorder plus d’importance qu’il n’en a en réalité. Elle génère des réponses dans le style : "C’est arrivé et c’est dommage. Mais cela ne se reproduira pas. L’incident ne traduit pas une tendance. C’est l’acte d’un fou, d’un fanatique égaré. Cela ne concerne en rien l’identité juive, en général, ni la société israélienne, en particulier."
 
Ces deux interprétations sont aussi pernicieuses l’une que l’autre et ont la même conséquence dommageable : celle d’esquiver une analyse loyale de la situation, pouvant aller jusqu’à la reconnaissance de ce que notre peuple est atteint d’une pathologie morale humiliante, que nous avons tendance à refouler pour éviter des remises en question déchirantes.
 
Qu’on me comprenne bien. Israël est loin d’avoir l’apanage de cette pathologie. Toutes les sociétés, d’un bout à l’autre de la planète, sont traversées par des courants de violence, de haine et de fanatisme. Le recours à la force et au terrorisme pour l’emporter sur l’adversaire politique, idéologique, ou religieux, est presque toujours privilégié par rapport au dialogue et à la médiation.
 
La violence israélienne dont je parle ici fait partie de celles qui résultent d’une situation de détresse ou de frustration aiguës. On ne peut vivre dans un océan d’hostilité, voire de haine, exposé quotidiennement à la mort violente ou à la mutilation, citoyen d’un Etat discrédité humainement et politiquement, de manière injuste et partisane, dans le monde entier, sans développer, à son corps défendant, des tendances à l’autojustification agressive – si ce n’est paranoïde – et au recours à la force pour faire prévaloir la justesse de sa cause.
 
C’est ainsi que la société israélienne – avec des exceptions aussi notables que glorieuses – a développé, au fil des récentes décennies, une espèce de détermination sourde et résignée à résister au monde entier, s’il le faut, pour que justice soit rendue à la cause de la portion importante du peuple juif qui a choisi de vivre sur cette terre, dont on s’efforce de lui disputer jusqu’à la moindre parcelle.
 
Si l’on admet ce recadrage de l’événement dramatique qui a motivé la rédaction de ces réflexions, on considérera le cas de l’assassinat, froid et déterminé, de quatre civils palestiniens, par un juif des implantations, comme un symptôme de la pathologie dont est atteinte, à son corps défendant, une grande partie de la société israélienne, en raison des souffrances et des frustrations incessantes auxquelles elle est soumise, spécialement depuis le déclenchement, il y a 4 ans, de la seconde Intifada, ou révolte palestinienne.
 
C’est pourquoi, au lieu de ramener l’événement aux dimensions d’une aberration fortuite, je propose de remonter de ce symptôme à la ’maladie’ elle-même, et d’opérer sur nous-mêmes un travail de réévaluation tant de la situation à laquelle nous sommes affrontés, que de la manière dont nous y réagissons.
 
Le désespoir engendre souvent la haine et presque toujours la violence. Nous, Juifs, ne sommes pas supérieurs, en cette matière, à nos contemporains. A l’instar d’un furoncle, l’émergence récente d’actes terroristes israéliens n’est que l’expulsion vers l’extérieur du pus vicié secrété par un empoisonnement interne, qu’il est urgent de localiser et de traiter énergiquement avant qu’il ne compromette le bon fonctionnement, voire l’existence de tout l’organisme. Et, pour filer la métaphore, on conviendra qu’il ne sert à rien de soigner le furoncle, sans investiguer l’origine de l’infection. De même, se limiter à condamner le perpétrateur juif du récent attentat reviendrait à s’attaquer à l’effet, sans remonter à sa cause, à se débarrasser de l’abcès pour recouvrer l’intégrité de notre image extérieure en refermant au plus vite la plaie qui l’a défigurée, sans se soucier de ce qu’un tel ’traitement’ ne fait que refouler l’infection interne, qui, à l’instar de la lave d’un volcan faussement endormi – pour revenir à la métaphore utilisée plus haut -, se fraiera, un jour ou l’autre, un chemin encore plus violent vers la sortie.
 
Prenons garde que le conflit qui nous oppose à un peuple qui, lui aussi, lutte pour son indépendance - même si c’est souvent avec cruauté et mauvaise foi -, ne nous rende aveugles à l’injustice des moyens employés pour nous faire justice, et ne nous amène – ce qu’à D. ne plaise ! -, à poser, comme le terroriste juif dont nous parlons ici, des actes fatals, qui priveront notre combat existentiel de sa légitimité politique et morale. 
 
 
Entre histoire et eschatologie : la dissonance d’Israël dans le concert des nations
 
C’est le sionisme qui a façonné, directement ou indirectement, l’existence juive en Israël. Malheureusement, il a contribué, à son corps défendant, à l’émergence d’un nationalisme arabe, puis palestinien, au moins aussi déterminé que le nôtre. Au fil du temps, les rapports entre les deux peuples se sont détériorés au point qu’un état de guerre ouverte est désormais instauré. Dans "le bruit et la fureur" de la polémique séculaire à propos de la justice respective de ces deux revendications nationales antagonistes de la même terre, il semble que dans l’ensemble de la société israélienne, majoritairement laïque, on ait minimisé la dimension spirituelle et religieuse de cette lutte, que, précisément, les religieux ont privilégiée, au point qu’elle s’est transformée en mystique de combat.
 
En ce qui me concerne, tout au moins – et peu importe, pour l’objet de cet article, que j’aie tort ou raison -, je n’aurais jamais pris fait et cause pour la souveraineté nationale d’un Etat juif, si je n’étais intimement persuadé qu’il constitue, comme le formule la Prière pour l’État d’Israël, qui figure dans presque tous les recueils de prière, "re’shit tsmihat ge’ulatenu" - les prémices de l’émergence de notre rédemption (3). Le fait que ce rêve multiséculaire ait trouvé sa réalisation géopolitique sur une partie de ce qui fut jadis la Terre d’Israël, et que l’Etat d’Israël ait été créé avec l’accord des Nations unies, ne garantit en rien le maintien de son existence.
 
Le précédent du changement radical d’attitude de la puissance mandataire britannique sur la Palestine, d’abord extrêmement favorable à l’établissement d’un Foyer national juif sur une partie de l’antique patrie de notre peuple – qui coïncidait alors avec ses intérêts politiques - devrait nous servir de leçon. On sait, en effet, que la realpolitik du gouvernement de Sa Majesté l’a amené à jouer un double jeu funeste, consistant à faire croire aux deux parties en conflit qu’il soutenait leur cause, tout en trahissant allègrement les promesses faites aux uns et aux autres, et ce dans le but d’asseoir sa mainmise économique et stratégique sur la région.
 
Un examen attentif de la situation d’Israël et de l’attitude des nations à son égard révèle aux plus aveugles qu’un renversement analogue d’alliances pourrait bien se produire. (Pour certains observateurs qualifiés, la chose est déjà faite.) Il consisterait à sauver la face en justifiant le renoncement international à soutenir l’intégrité de la souveraineté israélienne sur tout ou partie du pays, voire la légitimité même de l’existence politique de l’Etat juif, si ce n’est de la présence de sa population sur cette terre.
 
Malgré les assurances, réitérées à satiété par les diplomaties et les Chefs d’Etats, d’un soutien, réputé indéfectible, à l’existence d’Israël, j’aurais tendance à ne leur faire que médiocrement confiance. Munich est encore dans les mémoires de tous les hommes et femmes cultivés et sincères. A l’échelon des enjeux géopolitiques planétaires gigantesques de l’heure, Israël risque, un jour, de ne pas peser plus lourd que la Tchécoslovaquie, en son temps, si son sacrifice sur l’autel des besoins pétroliers ou de toute autre nature, apparaît comme indispensable à la "sauvegarde de la paix" - entendez : la tranquillité des nations. On connaît la parabole churchillienne du pacifiste imbécile et apeuré, qui sacrifie la vie des autres à l’appétit insatiable du "crocodile", dont il espère ainsi se concilier les faveurs, dans le but dérisoire d’"être mangé le dernier". Elle s’applique parfaitement au destin possible d’Israël, si la lâcheté et la poursuite des intérêts cyniques des nations continuent à suivre l’orientation anti-israélienne qu’elle a prise depuis au moins deux décennies.
 
Pour quiconque croit à la réalité et à l’accomplissement futur inéluctable des annonces et descriptions apocalyptiques, faites par les prophètes d’Israël, des événements du "Temps de la Fin" (pour employer la terminologie du Livre de Daniel) – et c’est certainement le cas des religieux nationalistes israéliens, en général, et des résidents des implantations, en particulier -, les actes des terroristes juifs, et spécialement celui d’avant-hier à Shilo, s’inscrivent dans une certaine logique, qui n’a, bien sûr, rien à voir avec celle des démocraties, en ce compris la démocratie israélienne. Ces actes sont, toutefois, en contradiction flagrante avec deux injonctions vénérables : l’une biblique (Dn 11, 14) – "les violents parmi ceux de ton peuple se lèveront pour accomplir la vision, mais ils trébucheront" -, l’autre, rabbinique – "lo lidhoq et haqets" - ne pas précipiter la fin.
 
Ceci étant dit, qu’il constitue "les prémices de l’émergence de la rédemption", ou ne soit que la concrétisation politique de l’aspiration millénaire du peuple juif à recouvrer son identité nationale sur son sol ancestral, l’Etat d’Israël est un Etat de droit, une nation parmi d’autres nations, et, comme tel, inséré dans la trame des événements internationaux et de leurs vicissitudes politiques, économiques et géostratégiques.
 
Comme tel, il doit jouer le jeu politique national et international auquel sont soumis tous les peuples, ce qui ne va pas sans réalisme, voire sans cynisme, ni sans usage de la force, tant à l’encontre de ses propres citoyens qui prétendent lui imposer des choix qui ne sont pas entérinés par les gouvernements en place, qu’à l’encontre de ses ennemis irréductibles, qui en veulent à son existence.
 
Entre un angélisme irréaliste, qui prétend exiger d’Israël qu’il soit "la lumière des nations", et le pragmatisme sans vergogne de certains de ses citoyens qui entendent imposer de force leurs visées nationalistes – religieuses ou non -, au mépris suicidaire du contexte  géopolitique régional et international dans lequel Israël est, par la force des choses, inséré, et dont il doit tenir compte, il n’existe pas, pour l’heure, d’alternative à l’exercice de la démocratie, qui reste, si imparfaite qu’elle soit, la seule manière possible de gérer les relations internationales d’un Etat aussi contesté et menacé que l’est Israël.
 
Et ce n’est pas le moindre des paradoxes de ce peuple paradoxal que de faire accepter sa différence dissonante dans le concert des peuples, auxquels son existence est liée, pour le meilleur et pour le pire.
 
Nous venons d’être témoins du comportement remarquable des forces israéliennes de sécurité et de police, dans l’accomplissement, difficile et traumatisante, de la tâche ingrate qui leur a été confiée d’appliquer la dure loi, votée par la Knesset avec l’approbation de la majorité de la population israélienne, ordonnant l’évacuation, par la force si nécessaire, de citoyens installés légalement, certains depuis des décennies, dans les implantations de la bande de Gaza et en Cisjordanie du nord, le plus souvent avec l’encouragement et la bénédiction des gouvernements d’Israël – en ce compris ceux de la gauche travailliste.  Cette obéissance admirable, souvent arrosée des larmes amères de celles et ceux qui ont dû subir les insultes, voire les coups, de leurs sœurs et frères désespérés, qu’ils venaient, sur ordre de leur gouvernement, arracher à leurs foyers, me paraît constituer le meilleur antidote au poison de la haine et de la violence terroriste, qui coule dans les veines de certains membres de notre peuple.
 
C’est cette image admirable qu’il faut superposer à celle – affligeante – du terroriste juif, pour que nous ne perdions pas cœur.
 
Ici, la haine et le désir forcené de se faire justice aux dépens de l’image d’Israël et de sa sécurité ; là, l’accomplissement scrupuleux – si déchirant qu’il soit - d’un ordre émanant d’une autorité politique tout aussi déchirée, mais contrainte par la réalité amère d’une situation géopolitique inédite.
 
En ce qui me concerne, le choix est clair et je l’ai déjà fait, quitte à concentrer sur ma modeste personne la hargne de celles et ceux de mon peuple qui ne pardonnent pas à Ariel Sharon, au Parlement d’Israël, à son armée et à sa police d’avoir appliqué, à la terre, la décision, dont on sait qu’elle était largement entérinée par l’opinion publique israélienne.
 
C’est pourquoi, contrairement à celles et ceux qui ont dit ou écrit le contraire,
même après le crime d’un des membres de mon peuple,
 
je n’ai pas honte d’être Juif.
 
Menahem Macina
 
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Notes
 
(1) La majeure partie des textes cités par Bensoussan, à propos de cette thématique, sont empruntés au chapitre XV, intitulé "Usages de la force", de l’anthologie réalisée par Denis Charbit, Sionismes. Textes fondamentaux, Albin Michel, Paris, 1998, pp. 570-600.
(2) Allusion à la répression britannique des attentats juifs, à l’époque du Mandat en Palestine. Elles allaient de l’enfermement des terroristes juifs dans les prisons de Jérusalem, Jaffa et Acre, jusqu’à la pendaison, en cas d’assassinat, généralement pratiqués par ceux qui se qualifiaient eux-mêmes de "Sicaires", par allusion aux nationalistes juifs irréductibles de la fin de la période du Second Temple, qui par haine de l’occupant honni, exécutaient des soldats romains isolés en leur portant un coup mortel avec le poignard qu’ils portaient dissimulé dans les plis de leur vêtement.
(3) "Notre Père qui es dans les cieux, Rocher d’Israël et son Rédempteur, bénis l’État d’Israël, début de l’émergence de notre rédemption [re’shit tsmihat ge’ulatenu]. Mets-le à l’abri sous les ailes de Ton amour. Étends sur lui la tente de Ta paix ; envoie Ta lumière et Ta vérité à ses dirigeants, à ses ministres et à ses conseillers, et assiste-les de Ton bon conseil. Affermis les mains des défenseurs de notre terre sainte et accorde-leur, ô notre Dieu, le salut et la couronne de la victoire. Établis la paix sur la terre, et emplis ses habitants d’une joie éternelle. Et prends soin de nos frères, toute la maison d’Israël, dans tous les pays où ils sont dispersés. Fais-les vite marcher, la tête haute [voir Lv 26,13] vers Sion, Ta ville, et vers Jérusalem, le lieu où réside Ton nom, comme il est écrit dans la Torah de Moïse, Ton serviteur : «Quand tu serais banni à l’extrémité des cieux, de là-bas, l’Eternel ton Dieu te rassemblera, et de là-bas, Il viendra te prendre pour te ramener au pays dont tes pères ont hérité, afin que tu en hérites, et que tu y sois heureux, et que tu t’y multiplies plus que tes pères.» [Dt 30,4-5]. Dispose notre cœur à aimer et révérer ton nom, et à observer tous les préceptes de Ta Torah. Manifeste-Toi dans la gloire de Ta majesté à tous les habitants de Ton monde. Et que tout ce qui respire proclame : L’Eternel, le Dieu d’Israël est roi; « et Sa royauté s’étend sur tout » [Ps 193,19]. Amen ! ". J’ai détaillé cette mystique et la féroce opposition à laquelle elle s’est heurtée de la part de certains intellectuels juifs religieux israéliens aussi considérables que, par exemple, Yehoshua Leibovitz, z"l, dans mon article intitulé “Chrétiens et Juifs : Pour aller plus loin”, paru dans la revue catholique internationale Théologiques 11/1-2 (2003), p. 285-320.
 
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© Menahem Macina et upjf.org
 
Mis en ligne le 19 août 2005, par M. Macina, sur le site upjf.org