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Christianisme

Controverse entre Israël et le Vatican: des clercs jettent de l’huile sur le feu
02/08/2005

Le custode de Terre Sainte accuse Israël d’avoir fabriqué une crise avec Rome pour repousser la finalisation de l’accord juridico-financier entre Israël et le Vatican. Israël devra s’excuser auprès du pape.

Rome, 1er août 2005 (Apic) Rome.
 
Loin de s’apaiser, la tension entre Israël et le Vatican prend de l’ampleur. Tel Aviv n’a sans doute pas entièrement mesuré les effets de ses critiques contre le pape. Le custode de Terre Sainte accuse aujourd’hui Israël d’avoir inventé de toutes pièces la "crise" entre Israël et le Saint-Siège. Israël, assure-t-il "ne respecte" pas les pactes signés avec le Saint-Siège sous l’égide de Jean Paul II. D’où sa réaction, pour fabriquer une crise et s’offrir un prétexte.
 
Pour le custode de Terre Sainte, les accusations portées contre le pape par le gouvernement israélien ont été inventées. Tout cela parce qu’il n’est pas prêt à conclure l’accord juridico-financier avec le Saint-Siège. Israël a ainsi annulé le rendez-vous entre les deux parties, prévu le 25 juillet à Jérusalem, rapporte le père David Jaeger sur les ondes de Radio Vatican.

Le 25 juillet, le gouvernement israélien a reproché à Benoît XVI de ne pas avoir mentionné son pays parmi ceux récemment touchés par le terrorisme, dans la condamnation faite lors de l’Angélus de la veille, le 26 juillet. Dans la foulée, un membre du ministère des Affaires étrangères israélien, Nimrod Barkan, a critiqué le Saint-Siège pour son silence permanent sur les attentats en Terre Sainte. Ces critiques ont suscité une très vive réaction du Vatican, son porte-parole réfutant toutes ces accusations visant aussi Jean Paul II.

Selon le custode de Terre-Sainte, Israël a "inventé de toute pièce" cette crise. Pour lui, Israël "ne respecte" pas les pactes signés avec le Saint-Siège sous l’égide de Jean Paul II. A ce sujet, il ajoute qu’il est devenu "extrêmement difficile" de fixer des rendez-vous pour les négociations du dernier volet des accords entre les deux Etats. Le dernier rendez-vous, au cours duquel le gouvernement israélien devait apporter "un document exposant par écrit sa position actuelle", était fixé au 19 juillet. Peu de temps avant cette date, le gouvernement a fait savoir qu’il ne voulait pas se rendre au rendez-vous. Malgré tout, il a accepté in extremis d’en fixer un nouveau pour le 25 juillet - lui aussi annulé par le gouvernement -, relate le père Jaeger.


Israël devra s’excuser auprès du pape

"On voit que les fonctionnaires qui auraient dû exposer le document n’étaient pas même prêts pour cette date", déclare-t-il. "Ne pouvant trouver aucun prétexte pour annuler ce rendez-vous, ils ont inventé cette excuse, qui est absurde", sans parler qu’elle est d’une violence sans précédent contre le pape. "Ils ont ensuite annulé le rendez-vous, refusant d’en fixer un autre", poursuit le custode de Terre Sainte.

Désormais, pour résoudre la crise, il faudrait, selon lui, que les Israéliens s’excusent auprès du pape et que leur gouvernement s’engage à respecter les accords internationaux.


La "méthode" israélienne

"Nous sommes sur le point d’arriver à la conclusion de l’accord en utilisant une nouvelle formule juridique, pour éliminer les derniers obstacles", avait confié Oded Ben-Hur, l’ambassadeur d’Israël près le Saint-Siège, le 14 juillet 2005.

Le Saint-Siège a reconnu l’Etat d’Israël le 30 décembre 1993. Une convention diplomatique entre les deux Etats a été signée le 15 juin 1994, et a été complétée, en 1997, par un accord sur la personnalité juridique de l’Eglise catholique et des organismes ecclésiastiques. Depuis le mois de juillet 2004, le Vatican et l’Etat d’Israël ont repris des négociations, interrompues depuis 10 ans, en vue de la conclusion d’un accord juridico-financier en ce qui concerne la propriété ecclésiastique, les exonérations fiscales sur le revenu des activités commerciales des communautés chrétiennes et le statut juridique de l’Eglise catholique. De ces trois points, c’est le dernier qui n’est pas encore pleinement résolu.
 
(apic/imedia/ar/pr)
 
[Texte aimablement signalé par l’abbé Alain-René Arbez.]
 
© APIC
 
Mis en ligne le 02 août 2005, par M. Macina, sur le site upjf.org