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Christianisme

Vatican et Islam. Les relations entre le Vatican et Israël s’enveniment, J.L. Allen Jr
02/08/2005

Dans sa rubrique, "The Word of Rome", le National Catholic Reporter publie un rapport extensif de son correspondant au Vatican. Nous en avons extrait et traduit les deux premières parties consacrées aux relations entre le Vatican et l’Islam et à la crise actuelle entre Israël et le Saint-Siège.
 
29 juillet 2005
 
Original anglais "The Vatican and Islam; Vatican-Israeli relations boil over"
 
 
Traduction française : Menahem Macina
 
 
Le jeudi 27 juillet était le 100ème jour de l’entrée en fonction du Pape Benoît XVI. Durant cette période, nous avons eu des indications sur quelques-uns des sujets d’inquiétude du Pape – le combat contre la « dictature du relativisme », l’impulsion vers l’unité chrétienne, un remaniement de la bureaucratie ecclésiale, et le développement mondial, spécialement en Afrique.
 
Toutefois, aucun dirigeant mondial ne peut se permettre le luxe d’établir son ordre du jour dans le vide. La structure de la papauté est tissée non seulement de ce qu’un pape se propose d’accomplir, mais de la manière dont des événements imprévisibles le poussent dans des directions particulières.
 
L’un des événements dont la manifestation est d’une stupéfiante régularité est le terrorisme, particulièrement le terrorisme d’inspiration islamique radicale. Ce qui implique que la relation avec l’Islam est vouée à être un élément déterminant du leadership papal, sous Benoît XVI.
 
Le caractère délicat de cette relation a déjà été mis en évidence.
 
Après les explosions terroristes de Londres, le 7 juillet, un projet de télégramme de condoléances, préparé pour le Pape par la Secrétairerie d’Etat, qualifiait les attentats d’« antichrétiens », ce qui aurait pu être considéré comme une référence à un choc de "civilisations" entre l’Islam et l’Occident. Cette formulation fut supprimée avant l’envoi du télégramme, pas assez rapidement, toutefois, puisque des médias italiens eurent le temps de faire état de la précédente version.
 
Après son allocution de l’Angelus du dimanche 24 juillet, à Val d’Aoste, Benoît XVI fut pressé de questions par des journalistes, à propos de l’Islam.
 
- L’Islam peut-il être considéré comme une religion de paix ?
 
« Je ne le définirais pas en termes généraux », répondit le Pape. « Il contient certainement des éléments favorables à la paix, comme d’autres éléments. On doit toujours chercher à trouver les meilleurs éléments qui aident. »
 
- Ces attentats terroristes peuvent-ils être considérés comme anti-chrétiens ?
 
« Non », répondit le Pape. « Habituellement, la motivation semble être beaucoup plus générale, et non précisément dirigée contre la chrétienté. »
 
* * *
 
A cette lumière, il vaut la peine de passer en revue ce qui est connu des positions du Pape Benoît XVI à l’égard de l’Islam. Toutefois, un caveat est de mise : il n’y a pas toujours d’adéquation directe entre les vues personnelles d’une personne, et les politiques qu’elle mène lorsqu’elle est au pouvoir. Il reste à voir dans quelle mesure l’histoire personnelle de Joseph Ratzinger façonne les choix concrets auxquels sera confronté Benoît XVI.
 
A titre personnel, Ratzinger a eu, au fil des ans, des contacts fructueux avec des Musulmans. Par exemple, quand l’Ayatollah iranien, Kashani, membre du puissant Conseil des Gardiens [de la Révolution ?], décida de rédiger un ouvrage consacré à une comparaison entre des thèmes eschatologiques musulmans et chrétiens, Ratzinger s’entretint avec lui, à Rome, et les deux hommes échangères des idées théologiques.
 
En 1999, Ratzinger participa, avec le Prince Hassan de Jordanie, le Métropolite Orthodoxe Damaskinos, le Prince Sadruddin Aga Khan (ancien haut fonctionnaire aux Nations Unies et Musulman ismaélien [1], mort en 2003), et l’ancien Grand Rabbin de France, Samuel Sirat, à l’inauguration de la Fondation pour la Recherche et le Dialogue Interreligieux et Interculturel, à Genève. La fondation est consacrée à la promotion des relations entre Juifs, Chrétiens et Musulmans.
 
Ratzinger a également pris part à un dialogue entre Chrétiens et Musulmans, patronné par le Patriarche Orthodoxe de Constantinople, dans les années 1980.
 
Dans son allocution aux représentants des autres religions, au lendemain de sa messe d’intronisation du 24 avril 2005, le Pape Benoît XVI a tenu à mentionner les Musulmans, en ces termes :
 
« Je suis particulièrement reconnaissant pour la présence, parmi nous, de membres de la communauté musulmane, et j’exprime mon appréciation du développement du dialogue entre Musulmans et Chrétiens, tant au niveau local qu’au niveau international. Je vous assure que l’Eglise désire continuer à établir des ponts d’amitié avec les fidèles de toutes les religions, afin de rechercher le bien véritable de toutes les personnes et des sociétés, dans leur totalité. »
 
Les commentaires les plus étendus de Ratzinger sur l’Islam ont paru dans l’ouvrage intitulé "Le sel de la terre" (1997), un entretien, qui a pris les dimensions d’un livre, avec le journaliste allemand, Peter Seewald. Il vaut la peine de citer ces commentaires dans leur intégralité :
 
« Je pense que nous devons d’abord reconnaître que l’Islam n’est pas quelque chose d’uniforme. En fait, il n’y a pas d’autorité unique pour tous les Musulmans, et, pour cette raison, le dialogue avec l’Islam est toujours un dialogue avec certains groupes. Personne ne peut parler au nom de l’Islam dans son entièreté ; il n’a, pour ainsi dire, pas ce qui est ordinairement considéré comme une orthodoxie. Et, si l’on fait abstraction du schisme entre les Sunnites et les Shi’ites, il existe aussi diverses variétés [d’Islam]. Il y a un Islam noble, personnifié, par exemple, par le roi du Maroc, et il y a aussi l’Islam extrémiste, terroriste, qui ne doit pas être identifié avec l’Islam dans son ensemble, sous peine de commettre une injustice.
 
Un point important, cependant, est […] que l’influence réciproque de la société, de la politique et de la religion a une structure entièrement différente dans l’ensemble de l’Islam. Le débat occidental concernant la possibilité de facultés de théologie islamique, ou à propos de la conception de l’Islam en tant qu’entité juridique, présuppose que toutes les religions ont fondamentalement la même structure, qu’elles s’adaptent toutes à un système démocratique, avec ses prescriptions et les possibilités offertes par ces prescriptions. En soi, cependant, cela vient nécessairement en contradiction avec l’essence de l’Islam, qui ne connaît tout simplement pas de séparation entre les sphères politique et religieuse, comme ce fut le cas, dès les débuts du christianisme. Le Coran est une loi religieuse totalisante, qui règle l’entièreté de la vie politique et sociale et insiste sur le fait que toute la structure de l’existence est islamique. La Charia façonne la société du début à la fin. En ce sens, elle peut bénéficier d’autant de libertés partielles que le permet notre constitution, mais ce ne peut être son but final que de dire : Eh bien, maintenant, nous constituons un groupe qui a des droits, nous sommes là aujourd’hui, au même titre que les catholiques et les protestants. Dans une telle situation, [l’Islam] n’atteindrait pas à un statut cohérent avec sa nature intime ; il serait dans une situation d’aliénation par rapport à lui-même.
 
L’Islam a une manière absolue d’organiser l’existence, qui est totalement différente de la nôtre. On y trouve une subordination très marquée de la femme vis-à-vis de l’homme, et un système pénal très intriqué. Il s’agit, en fait d’une loi qui régit tous les domaines de la vie, et qui s’oppose à nos idées modernes en matière de société. Il faut avoir une compréhension claire de ce que [l’Islam] n’est pas un simple culte que l’on peut inclure dans le libre royaume d’une société pluraliste. Quand on expose la situation en ces termes, comme c’est souvent le cas aujourd’hui, l’Islam est défini selon le modèle chrétien et n’est pas considéré tel qu’en lui-même. De ce point de vue, le problème du dialogue avec l’Islam est naturellement plus compliqué que, par exemple, un dialogue interne entre chrétiens.
 
Le renforcement de l’Islam dans le monde est un phénomène aux multiples facettes. D’une part, des facteurs financiers y sont pour quelque chose. La puissance financière à laquelle sont parvenus les pays arabes leur permet de construire partout de grandes mosquées pour garantir la présence d’institutions culturelles musulmanes et beaucoup d’autres choses similaires. Mais ce n’est certainement qu’un facteur. L’autre est une identité renforcée, une nouvelle perception de soi.
 
Jusqu’aux années 1960, dans le contexte culturel du XIXe siècle et du début du XXe, la supériorité industrielle, culturelle, politique et militaire des nations chrétiennes était si grande que l’Islam était réellement relégué à un rang secondaire. Le christianisme – en tout cas, les civilisations ayant des fondements chrétiens – pouvaient se présenter comme la puissance victorieuse de l’histoire du monde. Mais ensuite, éclata la grande crise morale du monde occidental, qui se trouve être le monde chrétien. Face aux contradictions morales profondes et au désarroi interne de l’Occident – qui se trouvait soudain confronté à la nouvelle puissance économique des pays arabes -, l’âme musulmane s’est réveillée. Nous sommes quelqu’un, nous aussi ; nous savons qui nous sommes ; notre religion tient bon ; alors que vous n’en avez plus.
 
Tel est effectivement le sentiment du monde musulman, aujourd’hui : les pays occidentaux ne sont plus capables de prêcher un message de moralité, et n’ont qu’un savoir-faire à offrir au monde. La religion chrétienne a abdiqué ; elle n’existe plus en tant que religion ; les chrétiens n’ont plus ni moralité ni foi ; tout ce qui subsiste, ce sont quelques restes de certaines idées modernes de progrès culturel ; nous avons la religion qui a fait ses preuves.
 
Les Musulmans ont donc maintenant conscience qu’en réalité, l’Islam est finalement resté la religion la plus vigoureuse, et qu’ils ont quelque chose à dire au monde, et même qu’ils sont la force religieuse essentielle de l’avenir. Auparavant, la Charia et toutes ces choses avaient, en un sens, déjà disparu de la scène ; à présent, il y a une nouvelle fierté. Aussi, un nouvel élan, un nouveau désir intense de vivre l’Islam s’est éveillé. C’est une grande puissance : Nous avons un message moral qui subsiste sans interruption depuis l’époque des prophètes, et nous voulons dire au monde comment le vivre, attendu que les chrétiens ne le pourront certainement pas. Nous devons naturellement admettre cette puissance interne de l’Islam, qui fascine même les milieux universitaires. »
 
A l’évidence, le pape admire le sérieux religieux et moral de l’Islam. Dans un débat avec l’intellectuel italien, Ernesto Galli della Loggia, le 25 octobre 2004, Ratzinger rejetait l’argument selon lequel un entretien public sur les racines chrétiennes de l’Europe offense les immigrants musulmans.
 
« Ce n’est pas cela qui les offense », dit Ratzinger. « C’est le manque de respect pour Dieu et pour la religion qui les offense. Ce manque de respect est une sorte d’arrogance. C’est lui qui provoque les fondamentalismes. »
 
Cependant, dans ses écrits sur l’eschatologie, Ratzinger a accusé certains courants musulmans de prôner une sorte de théologie de la libération par rapport à Israël – c’est-à-dire la croyance que leur libération [du pouvoir] d’Israël se réalisera par une résistance armée approuvée par Dieu. En définitive, Ratzinger a contrarié certains Musulmans en raison de son opposition à la candidature d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne.
 
Dans une interview parue, en 2004, dans Le Figaro, Ratzinger a affirmé que la Turquie avait toujours été « en contraste permanent avec l’Europe », et qu’elle ferait mieux de tenir un rôle dirigeant dans un réseau d’Etats islamiques.
 
« Au cours de l’histoire, La Turquie a toujours constitué un continent différent », a dit Ratzinger, évoquant l’empire ottoman. « Rendre les deux continents identiques serait une erreur. Cela signifierait une perte de richesse, la disparition de la culture au profit de l’économie. »
 
* * *
 
Que devons-nous penser de cela ?
 
D’abord, le Pape Benoît XVI est conscient de la diversité au sein de l’Islam.
 
Deuxièmement, Benoît XVI n’est certainement pas aveugle aux tendances à la théocratie et à l’« arabisation » à l’intérieur de l’Islam, et il ne les considère pas comme des distorsions, mais comme faisant partie de sa nature interne. »
 
Troisièmement, Benoît voit également, dans l’Islam une admirable, voire enviable perception de soi, alliée à la clarté dans les domaines métaphysique et moral. Dans sa guerre contre la « dictature du relativisme », les Musulmans peuvent être de puissants alliés.
 
Quatrièmement, le point de conflagration dans les relations entre catholiques et Musulmans, sous Benoît, sera probablement l’Europe, et spécialement la mesure avec laquelle l’Europe exprimera et défendra son identité chrétienne, comme une question de conviction culturelle et de droit civil.
 
Dans ce contexte, la rencontre de Benoît avec les Musulmans européens à Cologne, le 20 août 2005, devrait être importante, en ce qu’elle donnera au Pape l’occasion de dessiner les contours de la manière dont il voit les choses.   
 
***
 
Cette semaine a vu se produire une crise inattendue dans les relations entre le Vatican et Israël, à la suite de l’allocution du Pape, lors de l’Angelus du 24 juillet, dans laquelle Benoît a exprimé sa sympathie pour les victimes des récents actes terroristes en Grande-Bretagne, Turquie, Irak et Egypte, sans mentionner celles de l’explosion-suicide de Netanya, le 14 juillet.
 
Mark Regev, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères, a affirmé que l’omission du nom d’Israël « criait jusqu’au ciel », et qu’elle pourrait être interprétée comme un blanc-seing donné à des actes de terreur contre des Juifs ». Regev a également affirmé que le « silence assourdissant » du pape « … risquait de renforcer les éléments extrémistes qui s’opposent à la paix, et d’affaiblir les modérés ».
 
Le ministère israélien des Affaires étrangères a convoqué officiellement le nonce du Pape, l’Archevêque Pietro Sambi, lundi 25 juillet, pour un éclaircissement.
 
A 17h 21, ce même soir, le porte-parole du Vatican, Joaquin Navarro-Valls, a émis une déclaration d’une ligne, qui disait : « Le nonce a déjà répondu aux autorités israéliennes ».
 
A 18h 24, suivait une autre annonce, signalant cette fois une déclaration plus longue.
 
En voici le texte :
 
« Concernant les réactions des Israéliens au fait qu’à l’Angélus du 24 juillet, le Saint-Père n’a pas cité Israël conjointement à d’autres pays (frappés par le terrorisme), il convient de noter que les termes de Benoît XVI faisaient clairement référence aux attentats de ’ces jours-ci’. Il est surprenant que l’intention du Pape ait été déformée pour un prétexte de cette sorte, alors que sont bien connues les nombreuses interventions de l’Eglise, du Magistère des Souverains Pontifes, et, plus récemment, de Benoît XVI, pour condamner toutes les formes de terrorisme, d’où qu’il vienne et quelles qu’en soient les cibles. Il est clair que le grave attentat perpétré la semaine dernière à Netanya, auquel ont trait les remarques des Israéliens, entre dans [le cadre de] la condamnation générale et sans réserve du terrorisme. »
 
En insistant sur le fait que Benoît a parlé d’actes commis « ces jours-ci », Navarro-Valls attirait l’attention sur la nature de l’allocution de l’Angelus. Du fait que c’est une pratique hebdomadaire, le Pape a l’habitude de se référer à des événements qui ont eu lieu durant la semaine écoulée. Le 24 juillet [date de l’allocution papale], l’attentat de Netanya remontait à 10 jours [2].
 
A l’évidence insatisfait, un haut fonctionnaire du Ministère des Affaires étrangères a accordé une interview au Jerusalem Post, le 28 juillet [3]. Il y affirmait que Jean-Paul II n’avait pas non plus dénoncé le terrorisme contre Israël.
 
Ce qui déclencha une réponse acerbe de Navarro-Valls, qui, le 28 juillet, à 16h 16, rendit publique une déclaration à laquelle était annexée une note contenant plusieurs citations de Jean-Paul II, dans lesquelles ce dernier dénonçait le terrorisme contre Israël. Des traductions en anglais de la déclaration et de la note peuvent être consultées sous le lien Declaration and notes [4].
 
Dans la déclaration, Navarro-Valls affirme que la revendication selon laquelle les Israéliens auraient, à plusieurs reprises demandé à Jean-Paul II de parler clairement, était une invention, et que les déclarations du Pape à ce sujet étaient « nombreuses et publiques ».
 
La déclaration disait : « Il n’a pas toujours été possible d’émettre une condamnation immédiate à chaque attentat contre Israël, et ceci pour diverses raisons, entre autres, du fait que ces attentats contre Israël, à l’époque, étaient immédiatement suivis de réactions israéliennes qui n’étaient pas toujours compatibles avec les normes internationales. En conséquence, il eût été impossible de condamner les premiers et de garder le silence sur les dernières. »
 
Finalement, Navarro suggérait sans ambages que les Israéliens avaient dépassé les bornes, comme en témoigne ce passage de sa déclaration :
 
« Tout comme le gouvernement israélien, ainsi qu’on peut le comprendre, ne se laisse dicter par personne ce qu’il doit dire, de la même manière, le Saint-Siège ne peut se permettre de recevoir des instructions et des directives d’une autre autorité, en ce qui concerne l’orientation et le contenu de ses déclarations. »
 
***
 
Certains ont cherché à expliquer la rudesse de la réaction israélienne. Un commentateur a suggéré que cette salve était un prétexte pour saborder une rencontre entre des négociateurs d’Israël et du Vatican, prévue pour lundi, afin de discuter d’une convention sur le statut financier et juridique des institutions de l’Eglise en Israël. Ces négociations traînent depuis 11 ans.
 
D’autres ont suggéré qu’il était plus probable que la cause sous-jacente était la sensibilité juive traditionnelle aux prétendus "silences" de la papauté en matière d’antisémitisme, et non les négociations spécifiques en cours.
 
Quoi qu’il en soit, des sources ont dit à NCR que les négociations entre les Israéliens et le Saint-Siège sont actuellement suspendues, entre autres raisons parce qu’elles butent sur la question de savoir quelle valeur aurait la convention au regard de la loi israélienne. Sur le fond, les Israéliens veulent que la convention soit soumise au processus législatif ordinaire, de sorte que si, dans un an, la Knesset décide de réévaluer le système fiscal du pays, les institutions d’Eglise y seront soumises. Les négociateurs du Vatican insistent sur le fait que le point essentiel d’un accord bilatéral est que ses termes ne puissent pas être modifiés unilatéralement par une des parties.
 
L’optimisme qui présidait à l’opinion qu’un agrément pourrait être finalisé rapidement, semble avoir diminué, en raison de cette controverse ainsi que du nouveau coup diplomatique.
 
John L. Allen Jr *
 
© National Catholic Reporter (NCR) pour l’original anglais, et upjf et M. Macina pour la version française.
 
 
* John L. Allen Jr. est le correspondant à Rome de NCR.
 
 
Notes du traducteur :
 
[1] Courant de l’Islam Shi’ite, voir Vikipedia
[2] Mais, comme nous l’avons fait remarquer précédemment, les attentats d’Istanbul et Ankara, évoqués dans le même discours du Pape, ont eu lieu le 24 juin, soit un mois auparavant !
[3] Valls fait allusion à l’article de Herb Keinon, "Israel protests Papal silence on terror".
[4] Ces textes sont en cours de traduction par nos soins.
 
[Merci à N. Sayag de nous avoir signalé cet article.]
 
Mis en ligne le 1er août 2005, par M. Macina, sur le site upjf.org