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Judaïsme

Nous avons prié pour la mort de Sharon, Jean-Marie Allafort
03/08/2005

La cérémonie dite « Pulsa dinura » (expression araméenne qui veut dire « flagellation de feu ») est une prière de malédiction par laquelle les participants demandent à l’ange destructeur de faire mourir celui que l’on considère comme un ennemi d’Israël.
 
 
28 juillet 05
 
Reproduit du site Un écho d’Israël.
 
Jeudi 21 juillet, c’était la pleine lune. Une quinzaine d’hommes religieux de plus de 40 ans se sont réunis en pleine nuit dans le vieux cimetière de Rosh Pina, dans le nord d’Israël, autour du tombeau de Shlomo Ben Yossef, un héros du mouvement Bétar, qui fut exécuté par les Britanniques pour avoir commis, en 1938, un attentat contre un bus arabe en représailles aux meurtres de Juifs en Galilée.

Ils ne sont pas venus pour réciter des prières pour le repos du défunt mais pour jeter une malédiction sur le Premier ministre israélien Ariel Sharon. La cérémonie dite « Pulsa dinura » (expression araméenne qui veut dire « flagellation de feu ») est une prière de malédiction par laquelle les participants demandent à l’ange destructeur de faire mourir celui que l’on considère comme un ennemi d’Israël.

La « Pulsa dinura » est la malédiction suprême qu’un groupe de Juifs (au minimum 10) peut proférer contre un autre Juif. Cette prière trouve son origine dans des textes mystiques des premiers siècles de l’ère chrétienne et est liée à l’histoire d’un ange supérieur dénommé Métatron qui, assis sur un trône, avait été cause de trouble pour les hommes, qui avaient cru que Dieu n’était pas la seule autorité, mais qu’il y avait deux autorités dans le monde céleste. La punition infligée par Dieu à cet ange fut le «Pulsa dinura», c’est-à-dire qu’il reçut des coups de lanières de feu. Depuis lors, l’expression est entrée dans le langage comme synonyme de malédiction divine.
 
Suivant la croyance des Kabbalistes qui pratiquent cette cérémonie de malédiction, les anges sont les seuls qui peuvent faire mourir la personne maudite. Il y a dix ans, quelques personnes du même groupe avaient célébré le même funeste rituel contre le Premier ministre de l’époque, Itshak Rabin, qui fut assassiné 31 jours plus tard.
 
L’un des participants à la malédiction, Yossef Dayan, a déclaré à la presse qu’il «est préférable que Dieu, plutôt qu’un mortel, tue Ariel Sharon, car ses gardes du corps sont trop forts.» A la question de savoir s’ils pouvaient maudire un homme dont la judéité n’était par certaine (la mère d’Ariel Sharon s’est convertie au judaïsme après sa naissance), Dayan a répondu : «nous avons pensé à cela, mais, aux yeux du monde et des habitants d’Israël, Sharon est considéré comme juif et il est donc permis de proférer contre lui cette malédiction.»
 
Hier soir, mercredi 27 juillet, la deuxième chaîne de télévision israélienne a décidé de diffuser la cérémonie telle qu’elle a été filmée par l’un des participants. Les protestations tant de l’organisation de gauche, La paix maintenant, que de certains militants de la droite, qui désiraient que l’on ne montre pas ces images, n’ont fait que jeter de l’huile sur le feu. La gauche considère que ces images sont une incitation à la haine et qu’il ne faut pas les diffuser ; la droite, quant à elle, pense que ces quelques religieux ne sont qu’une poignée d’extrémistes qui desservent la cause des opposants au désengagement.

Le conseil des localités de Gaza, Judée et Samarie a condamné sans la moindre réserve ceux qui ont émis cette malédiction contre Sharon, comme d’ailleurs toute la classe politique israélienne.
 
Si le film ne présente pas, de fait, un intérêt documentaire, et s’il est possible de s’interroger sur les motivations des responsables de l’émission, qui ont décidé de montrer au public cette pseudo-prière venant du Moyen-Âge, il n’en reste pas moins que les discussions des invités sur le plateau ont créé l’événement. Yossef Dayan, qui usurpe le titre de rabbin, est en fait un marginal extrémiste, dangereux, dont la haine calme et sereine pouvait se lire dans ses yeux. Dayan avait déjà participé à la même malédiction prononcée contre Rabin. A la question de savoir s’il s’était réjoui à l’annonce de la mort du Premier ministre assassiné, il a répondu sans hésiter : «J’ai dansé après la mort de Rabin».

L’ancien responsable du Shin Beit, Karmi Guillon, a comparé ces extrémistes juifs aux terroristes du Hamas.

Cette malédiction est bien une incitation à la haine et au meurtre. Mais ne mélangeons pas tout et évitons les amalgames : cette poignée de dérangés ne doit pas être confondue avec les opposants du retrait de la Bande de Gaza et du nord de la Samarie, dont les revendications et le combat politique demeurent légitimes tant qu’ils restent dans le cadre de la loi et de la démocratie. Le député du parti religieux national, Itshak Lévi, invité lui aussi sur le plateau de la seconde chaîne de télévision a raison : le judaïsme ne connaît que la bénédiction et ne souhaite que la vie et le bonheur : «Toute la journée je ne fais que bénir et souhaiter le bien d’autrui. Le judaïsme ne se réjouit jamais de la mort quelqu’un.»
 
Jean-Marie Allafort
 
© www.un-echo-israel.net
 
Mis en ligne le 29 juillet 2005, par M. Macina, sur le site upjf.org