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Judaïsme

Le mont du temple ’pour les Juifs’, Michel Remaud
10/10/2004

Extrait de "Un écho d’Israël"
www.afiq.net/echo/article.php3?id_article=435

Dans le journal Le Monde du 28 septembre 2004, à propos de l’anniversaire du déclenchement de la seconde Intifada, on lit cette formule : « l’esplanade des Mosquées - le mont du Temple pour les juifs. »

Comment comprendre ce « pour les Juifs ? »

Faut-il entendre que ce lieu serait objectivement l’esplanade des mosquées, mais que les juifs, au nom de quelque tradition plus ou moins légendaire, y verraient le lieu où se serait jadis élevé un temple israélite ? C’est là la position officielle islamo-palestinienne.

Ou doit-on comprendre qu’il y aurait bien eu un temple à cet endroit, mais que cette localisation n’aurait d’importance que pour les juifs ?

Dans cette seconde hypothèse, on oublie (on ne saurait penser à tout) tous ceux qui ne sont ni juifs, ni musulmans. Pour les quelques centaines de millions d’entre eux qui sont chrétiens, la Bible juive, dans son intégralité, appartient à leur tradition religieuse. Pour un chrétien comme pour un juif, ce lieu est le site du temple de Salomon. Et même pour ceux des chrétiens dont la culture biblique est faible, il s’agit bien du temple où Jésus a été présenté, a interrogé les docteurs, a enseigné, d’où il a chassé les vendeurs...[1]

Autant de souvenirs évangéliques évoqués sur le site par les pèlerins, quand ils y ont accès. Il leur arrive même d’y prier - à condition que les gardiens musulmans aient le dos tourné et qu’on ne les voie pas sortir de leur poche leur Bible ou leur Nouveau Testament.

Il y a deux ans, un auteur catholique a écrit que « parler à l’heure actuelle de l’esplanade du temple plutôt que de l’esplanade de la mosquée, c’est bien plus que rappeler le lieu biblique central du judaïsme, cela signifie tenter d’ignorer la réalité d’une histoire séculaire en Palestine. »

C’est aussi refuser d’arracher quelques pages d’Évangile.

Abbé Michel Remaud *

© Un écho d’Israël


* L’abbé Remaud est directeur de l’Institut français Albert-Decourtray d’études juives, à Jérusalem.

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1 Dans la même ligne, mais de manière plus irrévérencieuse, j’avais, il y quelques années, osé glisser fielleusement, au cours d’une mienne causerie devant un public catholique : « Comme chacun sait, Jésus avait coutume de se promener et même de prêcher sur l’esplanade des mosquées…» A la grande stupeur de l’auditoire, il faut le préciser. J’ai la naïveté de croire que cet électrochoc rhétorique a atteint son but : faire prendre conscience de l’incongruité du silence des chrétiens, face à cette démonstration par l’absurde du négationisme grossier d’Arafat et de ses épigones, qui ne cessent de ressasser qu’il n’y a jamais eu de lieux saints juifs, ni même de présence juive en Terre Sainte, en général et à Jérusalem, en particulier. [Note de Menahem Macina].

Mis en ligne le 10 octobre 2004 sur le site www.upjf.org.