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Menahem Macina

La maladie de Parkinson n’inhibe ni lucidité ni courage, M. Macina
12/02/2005

11 février 2005

Qu’on me pardonne cette entrée en matière malicieuse. Mgr Vingt-Trois, qui vient de succéder au Cardinal Lustiger à la tête du diocèse de Paris, ne se prénomme pas Jean - comme le célèbre pape, dont ce chiffre connotait le rang de succession dans la série des Jean qui prirent ce nom en accédant au magistère suprême de l’Eglise -, mais André, et Vingt-Trois est son vrai nom de famille. Mais – et c’est le but de ma plaisanterie amicale -, cette assonance, génératrice d’une réminiscence de la figure du "Bon Pape" Jean XXIII, l’ami des Juifs, est à l’honneur du nouvel archevêque. Je la lui dédie en reconnaissance de la sage réponse qu’il a donnée à la question qu’on lui posait à propos de la santé de Jean-Paul II et sur le fait de savoir si ce pape à la santé délabrée allait continuer à diriger l’Eglise. Menahem Macina.



Mgr André Vingt-Trois, nouvel archevêque de Paris



Selon une dépêche de l’AFP (1), " Questionné sur la santé du pape et [sur] son intention [celle du pape !] de poursuivre sa tâche, Mgr Vingt-Trois a rappelé qu’en 1942, l’archevêque de Toulouse, Mgr Jules Saliège «était hémiplégique, [que] personne ne comprenait ce qu’il disait. Mais ça ne l’a pas empêché d’accomplir (un) acte de courage en faisant lire publiquement un texte dans lequel il avait écrit : ’les Juifs sont nos frères comme tant d’autres. Un chrétien ne peut l’oublier !’»".


Petit rappel historique (2)

"Durant l’été 1942, l’avocat communiste Charles Lederman engagea une démarche en direction de l’Eglise de France. Il rencontra, à Lyon, le père de Lubac qui le recommanda à Monseigneur Saliège, archevêque de Toulouse. L’entrevue eut lieu à la mi-août. Il informa le prélat de la situation des juifs de France, des suites de la rafle du Vel’d’Hiv’, des déportations et de leur destination dont on commençait à avoir connaissance, comme des massacres commis en Europe de l’Est. Après avoir écouté son hôte, Monseigneur Saliège interrogea : «Pouvez-vous me donner votre parole que ce que vous me dites est exact ?». Charles Lederman donna sa parole. Le prélat, dont la santé était très affaiblie et sur lequel s’exerçaient déjà de fortes pressions de Vichy, lui déclara alors: «Dimanche prochain, une lettre sera lue dans les églises de mon diocèse».

Voici un extrait de cette lettre :

«Que des enfants, des femmes, des hommes, des pères et des mères soient traités comme un vil troupeau, que les membres d’une même famille soient séparés les uns des autres et embarqués pour une destination inconnue, il était réservé à notre temps de voir ce triste spectacle […] Dans notre Diocèse, des scènes d’épouvante ont eu lieu dans les camps de Noé et de Récébédou. Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes. Les étrangers sont des hommes, les étrangères sont des femmes. Tout n’est pas permis contre eux, contre ces hommes, contre ces femmes, contre ces pères et mères de famille. Ils sont nos frères comme tant d’autres. Un chrétien ne peut l’oublier !»".

Menahem Macina

© upjf.org


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Notes

(1) Dépêche AFP du 11 février 2005, parue dans La Croix du même jour.

(2) Voir Mgr Saliège et la déportation des Juifs (1942).

Mis en ligne le 12 février 2005 sur le site www.upjf.org.