Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Christianisme

Jean Paul II : "Ne jamais oublier la Shoah !"
23/02/2005

27/01/05

www.christicity.com/breve.php3?id_breve=154

Le Cardinal Jean-Marie Lustiger, Archevêque de Paris a lu un Message de Jean Paul II au cours de la cérémonie commémorative de la libération du camp d'extermination nazi d'Auschwitz-Birkenau (Pologne), à laquelle ont pris part aujourd'hui trente chefs d'état ou de gouvernement.

Pour Jean Paul II, Auschwitz est "le résultat tragique d'une haine programmée" et, "en ces jours, il faut se souvenir des millions de personnes qui, sans aucune faute de leur part, ont supporté des souffrances inhumaines et ont été anéanties dans les chambres à gaz et dans les fours crématoires".

Puis le Pape évoque sa visite à Auschwitz en 1979 et son arrêt en prière " devant les pierres consacrées aux victimes. Elles portaient des inscriptions en plusieurs langues... Je me suis alors arrêté un peu plus longuement devant la pierre portant l'inscription en langue hébraïque, disant : 'Ce peuple tire son origine d'Abraham, qui est notre Père dans la Foi, comme l'a dit Paul de Tarse. Ce peuple, qui a reçu de Dieu le commandement de Tu ne Tueras pas, a éprouvé en lui-même, à un degré spécial, ce que signifie tuer. Devant cette pierre, il n'est permis à personne de passer avec indifférence' ".

"Je répète aujourd'hui - poursuit le Saint-Père - qu'il n'est permis à personne de passer avec indifférence devant la tragédie de la Shoah. Cette tentative de destruction systématique de tout le peuple juif reste comme une ombre sur l'Europe et sur le monde entier ; c'est un crime qui marque pour toujours l'histoire de l'humanité. Cela sonne, au moins pour aujourd'hui et aussi pour l'avenir, comme un avertissement : on ne doit pas céder devant les idéologies qui justifient la possibilité de violer la dignité humaine en se fondant sur les différences de race, de couleur de peau, de langue ou de religion. Je renouvelle cet appel à tous, et particulièrement à ceux qui, au nom de la religion, ont recours aux abus de pouvoir et au terrorisme".

"Ces réflexions m'ont accompagné tout spécialement lorsque, durant le Grand Jubilé de l'An 2000, l'Eglise a célébré une liturgie pénitentielle solennelle à Saint-Pierre et aussi lorsque je me suis rendu en pèlerinage aux Lieux Saints et que je suis monté à Jérusalem, au Yad Vashem, le Mémorial de la Shoah".

Le Pape évoque alors les pierres en langue russe qui témoignent de ce que le peuple russe a subi les plus fortes pertes de toute la Seconde Guerre mondiale, "sans oublier les gitans qui, selon les intentions de Hitler, étaient, eux aussi, destinés à l'extermination totale".

"Je me suis enfin arrêté devant la pierre avec l'inscription en langue polonaise", poursuit Jean Paul II. "J'ai déclaré alors que l'expérience d'Auschwitz constituait encore une 'étape des luttes séculaires de cette nation, de ma nation, pour défendre ses droits fondamentaux parmi les peuples d'Europe. C'était encore un autre cri pour le droit d'avoir sa propre place sur la carte de l'Europe. Encore un compte douloureux avec la conscience de l'humanité'. L'affirmation de cette vérité était seulement un appel à la justice de l'histoire pour la nation qui avait affronté tant de sacrifices pour la libération du continent européen de la néfaste idéologie nazie et qui avait été vendue comme esclave à une autre idéologie destructrice, le communisme soviétique".

J'ai prié aussi à Auschwitz et je prie encore, a ajouté le Pape, "pour obtenir, par l'intercession des victimes, le don de la paix pour le monde", et pour "la dignité de la personne humaine, les droits de tout homme de rechercher librement la vérité, l'observance des normes de la moralité".

On ne peut manquer "de rappeler qu'il y eut aussi, au milieu de cette indescriptible accumulation du mal, des manifestations héroïques d'adhésion au bien. Il y eut, sans aucun doute, quantité de personnes qui acceptèrent... d'être soumises à la souffrance, et qui firent preuve d'amour non seulement envers leurs compagnons prisonniers, mais aussi envers leurs bourreaux. Certains le firent pour l'amour de Dieu et de l'homme, d'autres au nom des plus hautes valeurs spirituelles. Grâce à leur attitude, est devenue évidente une vérité qui apparaît souvent dans la Bible : même si l'homme est capable d'accomplir le mal, parfois un mal considérable, le mal n'aura pas le dernier mot".

Le sens profond de cet anniversaire, conclut Jean Paul II, est [que] dans l'abîme même de la souffrance, l'amour peut être vainqueur. Le témoignage de cet amour, attesté à Auschwitz, ne peut tomber dans l'oubli. Il doit sans cesse réveiller les consciences, éteindre les conflits, exhorter à la paix. Tel paraît être le sens le plus profond de la célébration de cet anniversaire.

Si, en effet, nous faisons mémoire du drame des victimes, nous ne le faisons pas pour rouvrir des blessures douloureuses, ni pour réveiller des sentiments de haine ou des projets de vengeance, mais nous le faisons pour... rendre hommage à ces personnes, pour mettre en lumière la vérité historique, et, par-dessus tout, pour que tous se rendent compte que ces terribles événements doivent être, pour les hommes d'aujourd'hui, un appel à la responsabilité, pour construire notre histoire. Que ne se reproduise jamais plus, en aucun lieu de la terre, ce qu'ont subi les hommes et les femmes que nous pleurons depuis soixante ans ! ".

Source : VIS

© christicity.com

Mis en ligne le 23 février 2005 sur le site www.upjf.org.