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Christianisme

L’Eglise catholique et les Juifs, A. Arbez
03/08/2003

Rappel de quelques éléments fondamentaux,
par Alain René Arbez, prêtre délégué aux relations avec le judaïsme, Genève (Suisse).



Lors du jubilé de l’an 2000, temps de "purification de la mémoire" voulu par Jean-Paul II, les évêques suisses ont saisi l’occasion de rappeler quelques aspects incontournables des relations entre catholiques et juifs.

En 1992, ils avaient déjà attiré l’attention des chrétiens sur les réels dangers de l’antisémitisme qui se manifeste de nouveau sous diverses formes, des plus outrancières aux plus banalisées.

On se doit de tirer les leçons du passé: à l’époque du national-socialisme, des voix trop peu nombreuses s’étaient élevées en Suisse pour dénoncer les discriminations conduisant à l’extermination systématique. Mais en 1935, Mgr Aloïs Scheiwiler, évêque de St Gall, déclarait:
"Nous devons constamment protester contre la persécution des peuples, en particulier celle des Juifs, et ceci non seulement par esprit humanitaire ou par amour du prochain, mais surtout en vertu des liens étroits et racines communes entre judaïsme et christianisme".

Aujourd’hui, à la lumière du passé, les évêques estiment qu’il faut dénoncer de nouveau cet antijudaïsme renaissant:

"La responsabilité chrétienne et l’expérience historique nous amènent à mettre en garde contre des jugements non fondés, contre toute forme de polémique ouverte ou cachée, quelle qu’elle soit, à l’encontre du peuple hébreu".

"Nous prions instamment tous ceux qui sont chargés de la prédication, de l’enseignement de la religion et de l’histoire, de ne donner matière à aucune réaction démagogique antijuive et de s’abstenir de toute accusation."

"Plus personne n’oserait affirmer aujourd’hui que les Juifs ont été punis parce qu’ils ont crucifié le Christ il y a 2000 ans! En fait, Jésus fut condamné par la plus haute autorité administrative païenne et romaine de la province de Judée, seule compétente pour toute condamnation à mort."

Jésus lui-même, Marie, Joseph et tous les apôtres ont dans la foi juive leurs racines, leur environnement religieux, et ils vivaient de cette foi.

C’est pour cette raison que les Evangiles et autres écrits du Nouveau Testament ne peuvent se comprendre sans l’Ancien Testament.

Nous croyons que l’Eglise est liée fraternellement par grâce au Peuple de l’Alliance et que par le Christ elle est incorporée à cette Alliance.

L’alliance de Dieu dans le sang de Jésus Christ a comme prémices l’alliance de Dieu avec Israël.

Lorsque l’Eglise parle de l’alliance de Dieu avec elle, elle parle en même temps de l’alliance de Dieu avec Israël! Sans la première alliance avec Israël, il n’y aurait pas de nouvelle alliance; celle-là n’est pas abolie par celle-ci, au contraire.

Alliance et élection appartiennent au noyau central de la foi et de la conscience du peuple juif.

L’élection d’Israël et les promesses qu’elle entraîne sont le fondement pour la foi chrétienne de l’alliance divine en Jésus Christ qui représente le Dieu d’Israël ici-bas.

Israël demeure, comme l’exprime l’apôtre Paul, racine dont l’Eglise est issue et qu’elle ne peut renier.

Nous appelons les fidèles à maintenir dans toute sa vitalité ce lien intime entre Israël et l’Eglise, et à l’exprimer aussi dans la liturgie par une attention approfondie aux lectures de l’Ancien Testament.

Considérer le peuple juif comme un peuple de Dieu qui nous est apparenté et uni."

…/…

Au nom de la Conférence des Evêques suisses, Mgr Amédée GRAB, le 14.04.2000

© upjf.org


Mis en ligne le 03/08 2003 sur le site www.upjf.org