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Christianisme

Oppression des chrétiens en pays musulmans (’Civiltà Cattolica’)
02/11/2003

Ci-après deux textes, parus récemment dans l’officieuse (mais quasi officielle) revue catholique romaine La Civiltà Cattolica. Le journal électronique www.chieza (213.92.16.98/ESW_lista_chiesa/), hébergé par le magazine électronique L’Espresso Online (213.92.16.98/), donne de larges extraits d’un article sévère du jésuite Giuseppe De Rosa, retraçant mille ans d’histoire de conquêtes musulmane, de conversions forcées, et de brimades, voire de persécutions des chrétiens dans les pays musulmans. L’Espresso Online titre malicieusement : "L’Eglise et l’Islam : La Civilta rompt la trève".

[Voir, à ce sujet, la fine analyse de Pierre Lurçat "Islam : vers un changement d’attitude du Vatican ?".]

L’Abbé René-Alain Arbez - dont nos internautes connaissent l’implication ardente (et compétente) dans le dialogue entre Chrétiens et Juifs - a bien voulu traduire pour nous le premier texte (l’article du jésuite Guiuseppe Rosa), qui atteindra ainsi un plus vaste public. Qu’il en soit ici remercié.

Cette traduction est suivie d’une interview intitulée "Chrétiens en Egypte: L’humiliation continue", qui trace un sombre tableau des persécutions et vexations auxquelles sont soumises les communautés chrétiennes en Egypte.

[Nous cherchons un(e) volontaire pour traduire cette interview. Merci de vous signaler à m.macina@skynet.be - Amateurs, s’abstenir.]

[Merci à Pierre Lurçat d’avoir attiré notre attention sur ces textes importants.]


’Civiltà Cattolica’ dénonce l’oppression des chrétiens en pays musulmans

]Extraits sélectionnés et traduits de l’anglais par l’abbé Alain René Arbez (Genève), pour upjf.org

Version anglaise sur le site de L’Espresso: 213.92.16.98/ESW_articolo/0,2393,41931,00.html

La célèbre revue Civilta cattolica du 18 octobre dernier publie une analyse loyale de la condition des chrétiens en terres d’islam. Lorsque l’on sait que tous les articles de cette revue jésuite passent systématiquement par la censure du Vatican, on comprend que cette approche critique prend une signification particulière dans le contexte international actuel.
L’indispensable clé de lecture ’bat-yeorienne’ des rapports entre musulmans et non-musulmans a-t-elle enfin trouvé preneurs au sein des commissions romaines, détrônant enfin le mol islamiquement correct, jusqu’ici habituel aux milieux ecclésiastiques?
Les lecteurs seront certainement intéressés par les quelques extraits objectifs et décapants de cette récente prise de position, traduits de la version anglaise de
L’Espresso par mes soins.


Chrétiens en pays islamiques, par Giuseppe de Rosa


Comment vivent les chrétiens dans les pays majoritairement musulmans? Il faut d’abord mettre en évidence un fait étonnant: avant l’invasion islamique, il y avait, dans tous les pays d’Afrique du Nord (Egypte, Lybie, Tunisie, Algérie, Maroc), et en dépit des incursions des Vandales, des communautés chrétiennes rayonnantes, qui ont donné à l’Eglise universelle des personnalités hors du commun: Tertullien, Cyprien, évêque de Carthage, martyr en 258, Augustin, évêque d’Hippone, Fulgence, évêque de Ruspe. Mais après la conquête arabe, la chrétienté locale fut absorbée par l’islam, au point qu’aujourd’hui, elle n’a de présence significative qu’en Egypte, avec l’Eglise copte orthodoxe et autres minorités chrétiennes représentant 7 à 10% seulement de la population égyptienne.

La même situation prévaut au Proche-Orient (Liban, Syrie, Palestine, Jordanie, Mésopotamie), où vivaient de florissantes populations chrétiennes avant l’invasion de l’islam, et où, aujourd’hui, ne subsistent que de minuscules communautés chrétiennes, à l’exception du Liban, où les chrétiens constituent encore une part importante de la société.

Il en est de même, de nos jours, avec la Turquie, qui, dans les premiers siècles chrétiens, apporta une extraordinaire contribution dans le domaine de la liturgie, de la théologie et de la vie monastique. L’invasion des Turcs seldjoukides et la conquête de Constantinople par Mehmet II (1453) conduisirent à la fondation de l’empire ottoman et à la destruction de la chrétienté d’Anatolie. Aujourd’hui, le nombre total des chrétiens en Turquie avoisine les 100.000, parmi lesquels un petit nombre d’orthodoxes qui vivent autour du Phanar, siège du Patriarcat œcuménique de Constantinople, lequel a la primauté d’honneur dans tout le monde orthodoxe, et se trouve en communion avec huit patriarches et de nombreuses Eglises autocéphales, en Orient et en Occident, et qui compte environ 180 millions de fidèles.

En conclusion, nous devons constater, en termes historiques, que partout où l’islam s’est imposé par une force militaire, sans équivalent en rapidité et en efficacité, la chrétienté - pourtant extrêmement vivante et enracinée là depuis des siècles - a pratiquement disparu ou a été réduite à d’insignifiants îlots, perdus dans un océan islamique.

Comment cela a-t-il pu se produire? En fait, la réduction des chrétiens autochtones à une minuscule minorité n’a pas été nécessairement le fruit d’une violente persécution, mais a souvent été le résultat des conditions dans lesquelles on les a forcés à survivre, au sein d’états islamiques.


Le visage guerrier de l’islam: le djihad

Selon la loi islamique, le monde est divisé en trois parties: dar al harb (domaine de la guerre), dar al islam (domaine de l’islam), et dar al ahd (domaine de la trève).

Avec les nations appartenant au domaine de la guerre, la loi islamique ne reconnaît pas d’autres relations que celles de la "guerre sainte" (djihad), terme qui signifie "effort sur le chemin d’Allah" et a deux significations, l’une et l’autre assez essentielles pour ne pas être dissociées, comme si l’une n’existait pas sans l’autre.

Dans son premier sens, le djihad connote donc l’effort que le musulman doit accomplir pour être fidèle aux préceptes du Coran et ainsi manifester sa "soumission" (islam) à Allah. Dans son second sens, le djihad connote l’effort que le musulman doit entreprendre pour "combattre sur le chemin d’Allah", ce qui implique de lutter contre les infidèles et de répandre l’islam dans le monde entier.

Le djihad est une obligation de la plus haute importance, à tel point qu’il est souvent répertorié parmi les préceptes fondamentaux de l’islam comme "sixième" pilier.

L’obéissance au précepte de la guerre sainte explique pourquoi l’histoire de l’islam est une interminable entreprise guerrière pour conquérir les territoires infidèles. En particulier, toute l’histoire islamique est dominée par l’idée de la conquête des pays chrétiens de l’Europe occidentale et de l’Empire romain d’Orient, dont la capitale était Constantinople. Ainsi, durant plusieurs siècles, islam et chrétienté se sont affrontés dans de terribles combats, à la suite desquels eut lieu, d’une part, la conquête de Constantinople (1453), de la Bulgarie et de la Grèce, et d’autre part la défaite de Lépante (1571).

Mais l’esprit conquérant de l’islam ne s’est pas éteint après la défaite de Lépante. La progression islamique en Europe ne fut vraiment stoppée qu’en 1683, lorsque Vienne, assiégée par les Ottomans, fut libérée par les armées chrétiennes sous le commandement de Jean II Sobieski, roi de Pologne. En réalité, pendant environ mille ans, l’Europe a été sous la menace permanente de l’islam et a vu sa survie constamment menacée.

Effectivement, durant toute son histoire, l’islam a montré un visage belliqueux et un esprit de conquête à la gloire d’Allah, à l’égard des idolâtres qui n’ont pour choix que la conversion ou la mort. C’est le cas des "peuples du livre" (Juifs, Chrétiens, Sabéens) que les musulmans doivent "combattre jusqu’à ce que leurs membres paient le tribut et soient humiliés" (Coran 9.29).


Le régime de la Dhimma

Selon la loi islamique, les Juifs et les Chrétiens qui vivent dans un Etat musulman sont d’un rang social inférieur, en dépit de leur éventuelle appartenance aux mêmes race, langue et origine. La loi islamique ne reconnaît pas le concept de nation et de citoyenneté, mais uniquement la [i"oumma", l’unique communauté islamique. C’est la raison pour laquelle tout musulman, en tant que partie de la oumma, peut vivre dans tout pays islamique comme il le ferait dans son pays natal, étant sujet des mêmes lois, usager des mêmes coutumes et bénéficiaire de la même considération.

Mais les "peuples du Livre" (ahl al kitab) deviennent les "peuples sous protection" (ahl al dhimma). En échange de cette "protection", les peuples du Livre doivent payer un impôt (djizia) à l’Etat islamique.

Concernant la liberté de culte, les dhimmis se voient interdire toute manifestation religieuse extérieure, comme le fait de sonner les cloches, de faire des processions avec une croix,de solenniser les services funèbres, ou même de vendre des objets cultuels prohibés pour les musulmans. Ils ne peuvent construire de nouveaux lieux de culte, car cela signifierait occuper une terre islamique qui ne peut jamais être cédée à quiconque, étant devenue, de par la conquête islamique, territoire sacré d’Allah.

Dans la sourate 9.29, le Coran affirme que les "peuples du Livre", en plus du fait d’être contraints à payer les taxes, ont l’obligation de se vêtir d’une manière distinctive, et ne sont pas autorisés à porter des armes, ni à avoir une selle sur leur cheval. A plus forte raison, est-il impossible à des dhimmis de servir dans l’armée, d’être fonctionnaires de l’Etat, d’être témoins lors de procès impliquant des musulmans, de prendre pour épouses les filles de musulmans, d’avoir des domestiques musulmans et d’hériter de musulmans.

Les dispositions de la dhimma tombent lorsqu’il y a conversion à l’islam; mais, dans les premiers temps, les musulmans ne voyaient pas d’un bon oeil ces conversions à l’islam, car elles représentaient une sérieuse perte financière, le trésor islamique étant florissant pour autant que de nombreux dhimmis paient les taxes personnelles et territoriales.


Conséquence : érosion de la chrétienté

Il est évident que la condition de dhimmi, prolongée durant des siècles, a, lentement mais sûrement, conduit à l’extinction de la chrétienté dans de nombreux pays islamisés. La condition d’infériorité citoyenne, en empêchant les chrétiens d’obtenir des postes officiels - leur condition d’infériorité religieuse les condamnant à vivre en vase clos et leur interdisant tout développement -, a placé les chrétiens dans une position intenable qui les incitait à l’émigration ou à la conversion à l’islam.

Il y avait également le fait qu’un chrétien ne pouvait épouser une musulmane sans devenir lui-même musulman, en partie parce que les enfants devaient obligatoirement être éduqués dans cette religion. En revanche, les chrétiens devenus musulmans pouvaient divorcer très facilement alors que le christianisme refuse le divorce.

Plus grave encore, les chrétiens vivant en territoires islamisés étaient très divisés entre eux, parfois même ennemis, et appartenaient à des dénominations différentes (Eglises chalcédoniennes et non-chalcédoniennes), à des rites différents (syro-oriental, antiochien, maronite, copte, arménien, byzantin). L’assistance mutuelle était rendue pratiquement impossible.

Le régime de la dhimma a perduré plus de mille ans, même s’il n’a pas été appliqué, toujours et partout, dans les formes extrêmes dites du pacte d’Omar, selon lequel les chrétiens n’avaient pas le droit de construire de nouvelles églises, ni de réparer celles déjà existantes, même si elles risquaient de tomber en ruines (et, s’ils avaient l’autorisation de construire selon le bon vouloir du gouverneur musulman, elles ne devaient pas être de grandes dimensions: leur taille devait rester inférieure à celle des édifices religieux musulmans environnants); mais les plus grandes et les plus belles églises ont été transformées, de force, en mosquées. Cette transformation rendait donc impossible leur restitution aux chrétiens, puisqu’un lieu devenu mosquée ne peut plus être affecté à un autre usage.

La conséquence de ce régime de la dhimma fut l’érosion des communautés chrétiennes et la conversion à l’islam de nombreux chrétiens, pour des raisons économiques, sociales et politiques: pour trouver un emploi correct, pour jouir d’un meilleur statut social, pour participer à la vie administrative, politique et militaire et pour échapper à une condition de perpétuelle discrimination.

Dans les siècles récents, le système de la dhimma a connu quelques modifications, en partie à cause des idées de citoyenneté et d’égalité de tous les citoyens. Toutefois, en pratique, la conception traditionnelle est toujours en vigueur. Le chrétien, bon gré malgré, se retrouve ramené au statut de dhimmi, même si le terme n’apparaît plus comme tel dans les lois actuelles de nombreux pays à majorité musulmane.

Pour comprendre la condition présente de ces chrétiens, il faut faire référence à l’histoire des XIXe et XXe siècles. Dans l’empire ottoman du XIXe siècle, alors que le système des millet était omniprésent, des assouplissements de caractère libéral furent introduits.

De la seconde moitié du XIXe siècle à la fin de la Première Guerre Mondiale, un mouvement de réveil (nahda) eut lieu dans le monde arabe, sous l’influence de l’Occident, dans les domaines de la littérature, du langage et de la pensée. De nombreux intellectuels furent séduits par les idées libérales. Sur un autre front, les chrétiens créèrent des liens solides avec les puissances occidentales (France et Grande-Bretagne, en particulier) qui leur octroyèrent, après la défaite de l’empire ottoman, le protectorat sur ces pays ayant appartenu à ce dernier. Ce qui a permis aux chrétiens à la fois d’acquérir une plus grande liberté civile et religieuse, et de faire des progrès culturels.

C’est surtout dans la première moitié du XXe siècle qu’apparurent divers partis politiques de tendances nationaliste et socialiste, ainsi que laïques, tels que le Baath, le parti socialiste du Renouveau arabe, fondé à Damas, à la fin des années 30, par le professeur syrien Michel Aflak, grec-orthodoxe (converti à l’islam à la fin de sa vie, Note du Traducteur). En 1953, ce parti fusionna avec le parti populaire syrien, fondé en 1932 par Antoine Saada, un grec-orthodoxe du Liban. Cela veut dire que divers programmes politiques inspirés par les idées libérales et laïques de l’occident se développèrent dans différents pays islamiques.


L’apparition de l’Islam radical

Ces événements provoquèrent de fortes réactions dans le monde musulman, suscitant la crainte de voir les idées séculières et les coutumes "corrompues" de l’Occident - identifié avec le christianisme - altérer la pureté de l’islam et menacer son existence.

Cette réaction s’appuyait sur un fort ressentiment envers les puissances occidentales ayant cherché à imposer leur système à l’islam "la meilleure communauté jamais édifiée par Allah parmi les hommes" (Coran 3.110).

Ainsi s’est manifesté l’islam radical, présenté comme l’interprète des frustrations des masses musulmanes. Hassan el Banna, Sayyd Qutb, Abd el Kader Uda, en Egypte, avec les Frères musulmans : abu Al Mawdudi, au Pakistan, et l’ayatollah Khomeiny, en Iran, en sont les plus importants témoins, et leurs disciples ont essaimé partout, de Dakar à Kuala Lumpur…


La condition actuelle des chrétiens dans le monde islamique

L’islam radical, qui propose d’instaurer la sharia [Loi religieuse,NDLR] dans chaque Etat musulman, gagne du terrain dans de nombreux pays musulmans où sont présentes également des communautés chrétiennes. Il est évident que le régime de la sharia va rendre la vie des chrétiens extrêmement difficile, et que leur survie sera constamment menacée.

C’est bien là la cause de l’émigration massive des chrétiens des pays musulmans vers les pays occidentaux - Europe, Etats Unis, Canada et Australie. Il existe une estimation du nombre de chrétiens ayant émigré d’Egypte, Iraq, Jordanie, Syrie, Liban, Palestine, et d’Israël dans la dernière décennie: elle dépasse les trois millions, c’est à dire de 26.5 à 34 % du nombre global présumé des chrétiens vivant habituellement au Proche-Orient.

Il ne faudrait pas non plus sous-estimer de graves agressions contre les chrétiens, récemment perpétrées dans certains pays à majorité islamique. En Algérie, l’évêque d’Oran, Mgr Claverie, (1996) sept moines trappistes de Tibérine (1999) et six religieuses de diverses congrégations ont été brutalement assassinés par des islamistes, même si les meurtres ont été condamnés par un certain nombre d’autorités musulmanes. Au Pakistan, où vivent 3.800.000 chrétiens, parmi 156 millions de musulmans (96% de musulmans), des musulmans sont entrés, le 28 octobre 2001, dans l’église St Dominique à Bahawalpur et ont abattu 18 chrétiens. Le 6 mai 1998, l’évêque catholique, John Joseph, s’est tué en plein tribunal pour protester contre la loi du blasphème qui punit de mort toute offense envers Mahomet, même par simple allusion. Ainsi, dire que Jésus est Fils de Dieu est une offense envers Mahomet, qui a déclaré que Jésus n’est pas Fils de Dieu, mais son serviteur. Avec ce type de loi, les chrétiens sont en danger de mort permanent.

Au Nigéria, où 13 Etats ont introduit légalement la sharia, plusieurs milliers de chrétiens ont été victimes d’incidents. De sérieux conflits se sont produits au sud des Philippines et en Indonésie, où 212 millions d’habitants constituent la plus grande population musulmane du monde, au détriment des chrétiens de Java, du Timor oriental, et des Moluques. Mais la plus tragique situation – hélas ! oubliée par l’Occident - est celle du Soudan, où le nord est arabe et musulman et le sud, noir et chrétien, et en partie animiste. Depuis la période du président Nimeiri, la guerre civile fait rage entre le nord, qui a proclamé la sharia pour tenter de l’imposer partout, et le sud, qui aspire à préserver son identité chrétienne. Le nord fait usage de tout sa puissance militaire, financée par l’exportation de pétrole vers l’Occident, pour détruire les villages chrétiens; empêcher l’arrivée de l’aide humanitaire; tuer le bétail, qui est le seul moyen de subsistance pour la population; mener des raids contre les chrétiens, enlever des jeunes filles, qui sont ensuite vendues comme esclaves ou concubines à de riches soudanais. Selon le rapport 2001 d’Amnesty International, la guerre commencée en 1983 a fait plus de 2 millions de morts et 4 millions et demi de déportés. Dans la région du Nil supérieur, riche en pétrole, des dizaines de milliers de personnes ont été contraintes par la terreur à abandonner leurs maisons, après bombardements aériens, exécutions massives et usage de la torture.

Il faut enfin rappeler une situation de fait souvent oubliée: l’Arabie saoudite est le fournisseur de pétrole le plus important pour le monde occidental et certains ont intérêt à ne pas perturber les relations avec ce pays. En réalité, en Arabie saoudite, où règne le wahhabisme, non seulement il est impossible de construire une église ou d’aménager le moindre lieu de culte, mais tout acte de foi chrétienne est sévèrement interdit et réprimé par de rigoureuses sanctions. De ce fait, un million de chrétiens travaillant en Arabie saoudite sont violemment privés de toute pratique ou de tout signe extérieur lié à leur foi. Ils ne peuvent prendre part à la messe ni à un culte – avec le risque de perdre leur emploi - qu’à l’intérieur de périmètres appartenant à des compagnies étrangères. De plus, l’Arabie saoudite dépense des milliards de pétrodollars, non pas au bénéfice de ses citoyens pauvres ou de musulmans pauvres dans d’autres pays islamiques, mais pour construire des mosquées et des écoles coraniques en Europe, et payer des imams dans tous les pays occidentaux.

Rappelons que la mosquée romaine du Mont Antenne, construite sur un terrain offert par le gouvernement italien, a été principalement financée par l’Arabie saoudite et a été édifiée pour être la plus grande mosquée d’Europe, au cœur même de la chrétienté.

Giuseppe de Rosa s.j.

© La Civiltà Cattolica, pour la version originale, et upjf.org avec A.R. Arbez, pour la traduction française.


Mis en ligne le 02 novembre 2003 sur le site www.upjf.org

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The following is an interview published in the latest edition of "Il Regno," the biweekly of the Sacred Heart congregation of Bologna. The man interviewed is a Coptic Orthodox Christian, the director of a Cairo weekly. The picture he paints of the condition of Christians in Egypt – usually classified among the "moderate" Arab countries – fully confirms what was more generally described by La Civiltà Cattolica:


Christians in Egypt. The Humiliation Continues


An interview with Youssef Sidhom, director of “Watani”

CAIRO – Youssef Sidhom is the director of the weekly “Watani” (“My Homeland”). Founded in 1958 by his father, Antoun Sidhom, it has always published news and commentary on the Church and Christianity, themes completely overlooked by all the other Egyptian newspapers. Many believe it to be a newspaper of the Coptic Orthodox Church, but that’s not true. It is independent, and has no particular relationship with that Church, nor does it receive financial support from it. [...]

What are the main problems of the Christians in Egypt?

“The most striking problem is the extreme difficulty in receiving permission to build a church. Current legislation offers all of the incentives for the construction of mosques, but it poses almost insurmountable obstacles to the construction of churches. In 1934, the undersecretary for the minister of the interior, Muhammad al-‘Azabi, made ten conditions for giving permission for the construction of a church, and those conditions are still valid. Let’s cite a few of them: a church must not be built on farm land; it must not be close to a mosque or monument; if it is to be constructed in a zone in which Muslims also live, one must first obtain their permission; there must be a sufficient number of Christians in the area; there must not be other churches nearby; police permission must be obtained if there are bridges or canals of the Nile near or if there is a railroad; the signature of the president of the republic must be obtained. All these conditions cause insurmountable difficulties. In fact, more than ten years can go by while waiting for police permission, and in the meantime mosques are hurriedly erected in the vicinity of the area where the church was meant to be, and the project stumbles against another prohibition. Moreover, it is not specified how many Christians there must be for them to have the right to a church. If, for example, there are 1,500, the government can say that that’s not a sufficient number, when a hundred would be enough to fill one of our churches.”

But hasn’t President Mubarak facilitated the granting of these permissions by delegating the matter to the provincial prefects?

“Yes, he allowed the permits to be given by the provincial prefects, and a year later he ruled that they can also be given by the territory’s local authority. But this delegated authority only regards the permits to repair and restructure the churches. The permission to construct a new church is still the sole prerogative of the president of the republic. [...] This discrimination in the matter of the construction of churches leads Christians to the bitter conviction that the state considers them second-class citizens. For the state, a Christian is a kafir, an infidel, he doesn’t know the true religion or have the true faith, so it’s not worth it to listen to him. In Egypt we live with humiliating discrimination on religious grounds.” [...]

Does the discrimination regard only the construction of churches, or other aspects of social life for Christians in Egypt as well?

“It regards our entire life. There’s discrimination in state offices. According to the constitution, the president must be a Muslim. The Islamic religion is the foundation of Egyptian legislation. Today, no Christian can be prime minister, even though there have been Christian prime ministers in the past. Of the thirty-two ministers, only two are Christians: the finance minister and the minister of the environment. No city or village mayor can be a Christian. The high posts in the military, the police, and the presidential guard are filled only with Muslims. There are hundreds of persons in the diplomatic corps, but only two or three Christians. No Christian can attain high office in the tribunals. According to the law, two witnesses are necessary to justify a sentence, but if one of them is Christian, the judge may refuse his testimony because it comes from an infidel. The rectors of the universities must be Muslim. [...] In any office, the career of a Muslim who has just arrived will advance beyond that of a Christian who has been in his post for years. In the 2000 elections, the al-Watani party, which dominates politics in the country, listed only three Christians among 888 candidates. A Christian may not teach Arabic, because this material is linked to the teaching of the Islamic religion. Discrimination is at work even on our identity card, where the religion of one’s father is shown.”

And in case of divorce?

“The law provides that the children should remain with their mother. But if the father wants to divorce because he has become a Muslim, which happens frequently, the judge rules that the children should remain on the side that has the true faith, meaning the father. So children born to Christians grow up in a completely Muslim family.”

“Is changing religions permitted?”

“Anyone who becomes Muslim is welcomed with big parties. They change his identity card very quickly; he is helped in his job, with his house, etc. But if a Muslim wants to become Christian, they not only seek to dissuade him by any means, but his very life is in danger. I believe that every day there are Egyptians who change religions, but it’s impossible to know how many. Al-Ahzar would willingly publish the statistics, which would be a sign of victory and glory, but the Church could never make a choice like this, because it would bring about many tragedies. In any case, there is a ruling by the tribunal that establishes that if an Egyptian is born non-Muslim, becomes Muslim, and then wants to return to his original faith, he may do it. But a Muslim by birth may never change religions, on pain of exclusion from his inheritance and from the society to which he belongs – with danger to his own safety.”

(Interview by Camillo Ballin and Francesco Strazzari)
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The complete text of the interview is in the September 15, 2003 edition of “Il Regno”

Mis en ligne le 02 novembre 2003 sur le site www.upjf.org