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Islam

Le primat de la loi islamique dans le projet de constitution irakienne est une nouvelle affligeante
23/08/2005

"La lecture effective des sources de l’islam - Coran, Sunnah et Fiqh - ne laisse absolument aucun doute sur l’incompatibilité radicale de l’islam et de la modernité (c’est-à-dire : les droits de l’homme, la démocratie, le règne de la loi)."
Communiqué de l’Institut Hayek, 21 août 2005 
 
Dépêche Reuters de ce jour :
 
[Extraits] [1]

BAGDAD (Reuters)  - Les Etats-Unis semblent céder du terrain face aux Irakiens sur la question stratégique du rôle de la religion dans la définition du droit, marquant un tournant dans les âpres discussions visant à donner une nouvelle constitution au pays.

Selon des négociateurs, le texte qui doit être présenté avant lundi fait de l’islam "la principale source" de la loi irakienne, comme le réclament les islamistes chiites, et non "une" source susceptible d’être contrebalancée par les droits de l’homme et les principes démocratiques.

Un représentant sunnite, Saleh al Moutlak, a ajouté qu’un accord avait été trouvé sur une disposition interdisant au parlement d’adopter une loi "contraire aux principes islamiques". Une cour constitutionnelle sera chargée de trancher les litiges à ce sujet, a précisé un dirigeant islamiste chiite.

Les sources contactées par Reuters n’ont pas clairement indiqué quelles concessions avaient consenties les représentants religieux, mais il semble que le rôle accru donné à l’islam pourrait s’accompagner d’une renonciation au fédéralisme… [2]


Commentaire :

La renonciation éventuelle au fédéralisme dans le projet de constitution irakienne est une mauvaise nouvelle; le primat éventuel de la loi islamique est une nouvelle exécrable.

La lecture effective des sources de l’islam - Coran, Sunnah et Fiqh - ne laisse absolument aucun doute sur l’incompatibilité radicale de l’islam et de la modernité (c’est-à-dire : les droits de l’homme, la démocratie, le règne de la loi). L’islam est un projet global, à la fois religieux, politique, intellectuel, moral et culturel, qui ne conçoit en aucune façon la séparation du sacré et du temporel. Problème structurel majeur. Que l’on se penche sur le contenu de ces normes - dont les plus récentes (Fiqh) ont mille ans ! - et l’on conclura qu’il est ridicule de prétendre que cette masse de commandements concrets puisse régir effectivement quelque société que ce soit et à plus forte raison une société moderne.

Celui qui affirme la compatibilité de l’islam et de la modernité ment, ou ne sait pas de quoi il parle.

Le problème est qu’en concédant l’éventuelle compatibilité de cet écheveau de normes concrètes et fossilisées avec la modernité, on entre dans un vortex de contrevérités, du type : l’islam n’a rien à voir avec le terrorisme, toutes les religions ont connu ce problème, toutes les religions peuvent mener à la guerre, et autres considérations générales qui passent complètement à côté du sujet. Les chrétiens ont réglé cette question il y a mille ans et leurs textes - rendre à César ce qui est à César - leur en laissaient le loisir (textes qui d’ailleurs ne sont que le reflet de la parole de Dieu, et non la parole de Dieu elle-même comme le Coran); le seul Etat juif est non seulement une démocratie, mais encore un régime qui a su rester démocratique à travers les guerres et crises de toutes sortes.

Aucun Etat arabe n’a jamais été une démocratie, aucun Etat arabe n’a jamais respecté les droits les plus fondamentaux de la femme, aucun Etat arabe n’a jamais su développer une économie libre et prospère. Aucun. Jamais.

La théorie de l’équivalence des religions est irrationnelle et obscurantiste.

Il est temps que les intellectuels s’entendent sur ce constat pour passer à l’étape suivante : appeler l’islam à se réformer. Ce doit être une exigence.


***

Note de l’Institut Hayek:
 
La plupart des journalistes, spécialistes et experts, européens, américains, libanais, etc. qui s’interrogent gravement sur la question de la compatibilité de l’islam et de la modernité n’a malheureusement pas pris la peine d’étudier les sources de l’islam, pourtant faciles à lire et d’accès tout aussi aisé, notamment (en texte intégral !) sur le site Internet du département orientaliste de plusieurs universités américaines. Pour ceux qui veulent aller vite, on lira simplement ce lumineux petit ouvrage : Jean Flori, Guerre sainte, Jihad, Croisade, Paris, Seuil, juin 2002, 327 p.
 
© Institut Hayek
 
 
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Notes de la Rédaction d’upjf.org
 
[1] On peut lire le texte complet de cette dépêche sur le site www.boursier.com : "Irak: le débat constitutionnel avance sur la question de l’islam".

[2] Rappelons ici cette dépêche de la Presse canadienne, du  26 juillet 2005 :
 
L’islam sera désigné comme la principale source de la nouvelle Constitution irakienne, selon un projet publié mardi. Aucune loi contredisant "les lois de l’islam" ne pourra donc être adoptée, ce qui pourrait amoindrir les droits de la femme et s’éloignerait de ce que les Etats-Unis avaient imaginé pour l’Irak.

"L’islam est la religion officielle de l’Etat et la principale source de la législation. Aucune loi qui contrevienne à ses règles ne peut être promulguée", lit-on dans le projet de Constitution publié par le journal "Al-Sabah" contrôlé par le gouvernement.

Pendant l’occupation de l’Irak par les Etats-Unis, d’avril 2003 au 28 juin 2004, les autorités américaines avaient empêché les principaux hommes politiques chiites et certains sunnites de faire de l’islam la principale source de la Constitution provisoire, entrée en application en mars 2004. L’islam n’était considéré que comme "une source".

Mais le texte de la nouvelle Loi fondamentale peut encore changer avant d’être soumis au Parlement d’ici au 15 août.
 
Voir aussi, dans le quotidien arabe El Watan du 21 août 2005:  "Constitution iraqienne : le projet qui ravive les tensions".
 
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Mis en ligne le 21 août 2005, par M. Macina, sur le site upjf.org