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Ce que disait Kissinger d’Israël en 1975 !
05/01/2004

04/01/04

[De quoi faire peur rétrospectivement, et faire réfléchir ceux qui croient à un soutien américain inconditionnel d’Israël...]

Le secrétaire d’Etat américain Henri Kissinger avait rencontré à Paris en 1975 le ministre irakien des Affaires étrangères, membre du parti Baas, dans le but de normaliser les relations entre les Etats-Unis et l’Irak. Il s’agissait de la première rencontre du genre entre des officiels de si haut rang depuis la prise de pouvoir du parti Baas en 1965.

Tous les détails de la conversation entre les deux hommes n’ont pas encore été rendus publics, mais le compte-rendu de la rencontre du 17-12-75, un document classé top secret et déclassé depuis, a été publié par le journal A Sharq al Awast édité à Londres.

Selon les révélations du quotidien arabe, Kissinger aurait précisé à son homologue Saadon Hamadi, que l’Etat d’Israël ne serait pas éternellement l’ennemi du monde arabe et qu’il deviendrait d’ici 10-15 ans, un petit pays sur le modèle du Liban, qui n’exercerait plus aucune influence sur le monde arabe. L’aide américaine à Israël, précisait alors Kissinger, serait alors considérablement diminuée.

Le chef de la diplomatie américaine de l’époque indiquait encore à son interlocuteur que les Israéliens souhaitaient son départ, car ils considéraient que ses positions étaient «trop molles». Et d’ajouter que les Israéliens semaient le trouble parmi leurs voisins, parce qu’ «ils jalousaient les réussites du monde arabe» et espéraient être les seuls alliés de Washington dans la région. Or poursuivait Kissinger, «les Etats-Unis veulent de nouveaux alliés».

Dès les années 75, Kissinger convenait qu’il fallait reconnaître l’identité palestinienne d’une manière ou d’une autre. Et de préciser que Washington ne s’opposait pas au principe d’un Etat palestinien, même si le sujet n’était pas encore d’actualité. Quant aux réfugiés palestiniens, ils doivent, disait Kissinger, avoir le choix, soit de réintégrer leur patrie soit de rester dans les pays d’accueil.

L’un des conseillers irakiens présents à la rencontre posa alors la question suivante : «Comment l’Olp pourrait reconnaître l’Etat d’Israël si ce dernier refuse de reconnaître l’Olp ?»
La réponse de Kissinger fut sans appel : «Sauf votre respect, ce qu’Israël peut faire ou penser est bien moins important que ce que décideront les Etats-Unis.»

[Source : Aroutz 7]