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Shoah

Commémoration de l’Holocauste à l’ONU: Extraits des discours de MM. Wiesel et Shalom
30/01/2006

30/01/06
 
Extraits du Communiqué de presse de la 28ème session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies (AG/10330)
 
 
 
M. ELIE WIESEL, Survivant des camps de concentration nazis, prix Nobel de la paix, a déclaré que « l’Holocauste, commis par un régime extrêmement brutal, s’était déroulé en plein milieu de la civilisation européenne, dans le silence et l’indifférence. Le monde essaie aujourd’hui d’écouter et de se souvenir, mais il n’y a pas de mots pour décrire ce qui s’est passé », a dit Elie Wiesel.
 
« Le peuple juif, le seul qui ait survécu des temps anciens, a vu l’indicible. Le fanatisme biologique et le refus de la différence ont mené à des horreurs. Ces faits ont été pensés par des gens haut placés, des intellectuels, des scientifiques et des hauts fonctionnaires », a-t-il indiqué.
 
« Aujourd’hui, si l’Allemagne est devenue une vraie démocratie, on se demande cependant toujours comment ses élites ont pu concevoir un système et une pensée aussi inhumains. Quand l’holocauste a-t-il vraiment débuté ? » s’est interrogé Elie Wiesel. « Est-ce quand des Juifs [se sont vu refuser] l’immigration vers l’Amérique ? Ou bien, quand des pamphlets de plus en plus violents [à leur encontre] se sont mis à circuler dans divers pays d’Europe et en Russie ? Si toutes les victimes de l’Holocauste n’étaient pas juives, tous les Juifs étaient des victimes », a fait remarquer M. Wiesel.
 
« C’est la première fois, dans l’histoire du monde, que le simple fait d’exister était un crime », a-t-il poursuivi. Avant même de naître, un enfant juif était déjà condamné à la mort la plus atroce, [conformément au] système et [aux conceptions] nazis. Auschwitz et les autres camps de la mort ont été conçus comme des outils d’extermination, et non pas comme des prisons. Ce qui s’y est passé dépasse l’entendement et la raison. Si les autres nations étaient intervenues quand Hitler a commencé à envahir les États d’Europe centrale, si elles avaient bombardé les voies ferrées par lesquelles étaient transportés des millions d’enfants, de femmes et d’hommes juifs, l’histoire du monde [eût été différente] et l’horreur absolue [eût] été [stoppée] », a estimé Elie Wiesel.
 
« Quand la 3e Armée américaine a libéré Birkenau, ceux qui y étaient détenus [pour être] exterminés n’ont pas ressenti de joie, mais seulement de la douleur, parce qu’il était tard, trop tard ». Par ailleurs, a-t-il affirmé, « les génocides du Cambodge et du Rwanda n’auraient jamais dû avoir lieu, et ce qui se passe au Darfour, dans l’indifférence générale, ne devrait pas se produire. Le monde n’apprendra-t-il jamais de ce qui s’est passé à Auschwitz et dans les autres camps de la mort ? » [s’est-il interrogé].
 
 
 
M. SILVAN SHALOM, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères d’Israël, a appelé le monde à voir ce que les rescapés des camps de la mort ont pu créer après leur libération. « On ne peut que s’émerveiller devant la créativité de ceux qui ont échappé à la mort », a-t-il dit. « Ceci amène à se poser la question de savoir ce que tous ceux qui sont morts, c’est-à-dire des millions de personnes, auraient pu apporter au genre humain. Nous sommes toujours en deuil aujourd’hui », a dit M. Shalom. « Chaque fibre de notre peuple ressent leur absence. Chaque famille ressent cette peine, y compris la mienne », a dit le Ministre des affaires étrangères d’Israël, en indiquant que de nombreux membres de sa famille avaient péri dans l’holocauste.
 
« L’holocauste a incité le monde à rétablir le foyer du peuple juif, sur sa terre [d’antan], a-t-il indiqué. Dans sa Déclaration d’indépendance, Israël affirme :
 
"L’Holocauste, [au cours duquel] des millions de Juifs [furent massacrés] en Europe, a démontré l’urgence du rétablissement de l’État juif. Cet État devrait résoudre la question des Juifs, qui n’ont pas de foyer national, en ouvrant ses portes à tous les Juifs et en leur donnant un statut égal à celui des autres membres de la famille des nations".
 
« Depuis sa création », a précisé M. Shalom, « Israël a offert un refuge à tous les Juifs victimes de persécutions à travers le monde. En nous réunissant ici aujourd’hui, nous honorons les victimes de l’Holocauste et rendons hommage aux survivants, tout en remerciant leurs libérateurs. »
 
« La décennie qui s’est écoulée a vu naître des tentatives visant à nier l’Holocauste », s’est-il cependant inquiété. « Aussi incroyable que cela puisse paraître, il y a des gens qui voudraient effacer de l’histoire la mort de six millions de Juifs. Y a-t-il quelque chose de plus horrible que la destruction systématique d’un peuple; la destruction des livres saints des Juifs de Vienne, de Francfort, de Tunisie ou de Libye; le vol de leur dignité, de leurs cheveux, et de leurs dents, pour en faire du savon et réduire des êtres humains à de simples matricules ? Oui », a dit M. Shalom, « il peut y avoir quelque chose de bien pire : nier cette histoire et vouloir enlever aux victimes et à leurs enfants la légitimité de leur souffrance et de leur deuil. Nier l’holocauste, ce n’est pas seulement violer les victimes et abuser les survivants. C’est aussi priver le monde des leçons qu’il devrait retenir, et qui sont aussi importantes aujourd’hui qu’il y a 60 ans », a-t-il conclu.
 
 
© Site de l’ONU
 
Mis en ligne le 30 janvier 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org