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Shoah

Commémoration de l’Holocauste à l’Assemblée générale : « Comment pourrais-je oublier ?»
30/01/2006

« Comment pourrais-je oublier les atrocités commises dans les camps », s’est interrogé un rescapé du camp d’Auschwitz devant l’Assemblée générale qui célèbre aujourd’hui la première Journée mondiale en mémoire des victimes de la Shoah, au cours de laquelle l’ambassadeur israélien a « sonné l’alarme » face aux déclarations qui appellent à la destruction de l’Etat d’Israël et nient l’Holocauste.

27 janvier 2006

Extrait du Centre de nouvelles de l’ONU.

• Retransmission de la cérémonie [1 heure 51 mins]

« Je suis ici devant vous en tant qu’Israélien, en tant que Juif et en tant que citoyen du monde. Je suis ici en tant que représentant de l’Etat d’Israël, né des cendres de l’Holocauste », a déclaré, aujourd’hui, à l’Assemblée générale, Dan Gillerman, ambassadeur d’Israël, lors des cérémonies de la première « Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l’Holocauste ».

« En ce jour de commémoration, je vous engage à imaginer […] les crânes brisés, la chair brûlée, l’angoisse dans les regards. Contemplez un seul enfant et multipliez cela par 1,5 millions », a affirmé l’ambassadeur d’Isaël. »

« Aujourd’hui, alors que nous nous tournons vers le passé, que nous embrassons le présent et que nous regardons vers l’avenir […] il nous faut nous souvenir du sacrifice des victimes, saluer le courage des survivants, dont un grand nombre est ici dans cette salle, à mesure que leur nombre s’amenuise et que l’Holocauste passe [du statut de] souvenir à [celui d’]événement historique », a-t-il poursuivi.

« Nous [poussons un cri d’]alarme [en direction du] monde entier - un monde dans lequel un Etat-membre de cette Organisation appelle à rayer Israël de la carte de la planète», a-t-il dit, en référence aux récentes déclarations du président de la République islamique d’Iran. » (Voir notre dépêche sur le Secrétaire général et notre dépêche sur le Conseil de sécurité en date du 9 décembre 2005).

« Un monde dans lequel un régime maléfique nie l’Holocauste et prépare le prochain. Un monde qui est resté [sans réaction] il y a 65 ans, et qui a, depuis, été témoin [des massacres] du Rwanda et du Cambodge », a [poursuivi] Dan Gillerman.

« En ce jour, je voudrais aussi exprimer mes [profonds] regrets […] que l’Etat d’Israël n’ait pas existé en 1938 et en 1943, car [si cela avait été le cas], ce terrible événement ne [se] serait jamais [produit] », a-t-il estimé.

« En ce jour et [du haut] de ce[tte tribune], je vous promets que, tant qu’existera l’Etat d’Israël, aucun Juif ne devra porter l’étoile jaune, ou un numéro tatoué. Et je promets que l’Etat d’Israël existera toujours […] afin que ces horreurs ne se reproduisent jamais », a conclu l’ambassadeur israélien.

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« "[Souviens]-toi", disait souvent mon père [durant] l’Holocauste. Aujourd’hui, plus de soixante ans plus tard, il m’apparaît que ces mots étaient superflus. Car, comment pourrais-je oublier ? Comment pourrais-je oublier, même un instant, les expériences [horribles] des camps de concentration », a déclaré, pour sa part, Roman Kent, président du Rassemblement américain des survivants de l’Holocauste, et rescapé du camp d’extermination d’Auschwitz.

« Le simple souvenir des atrocités commises à l’entrée d’Auschwitz est suffisant pour me tenir éveillé chaque nuit jusqu’à la fin de mes jours. La brutalité et la bestialité quotidiennes sont gravées à jamais dans mon esprit. Le regard de jouissance et d’amusement des meurtriers alors qu’ils torturaient des hommes, des femmes et des enfants innocents, est au-delà de toute description […] », a affirmé Roman Kent.

« Comment pourrais-je oublier cette image de squelettes vivants […], l’odeur permanente de chair brûlée, les pleurs déchirants des enfants arrachés à leurs parents […] », a-t-il insisté.

« Nous, survivants, [nous nous sommes trouvés] face à la mort […]. Malgré tout, le désespoir n’a pas [eu] le dernier mot. … nous avons créé de la vie dans un monde de ténèbres ». « Nous ne pouvons pas oublier les millions de morts, car, si nous oubliions, la conscience de l’humanité serait enterrée aux côtés des victimes », a déclaré Roman Kent.

« Aujourd’hui, cette séance de commémoration au sein des Nations Unies est l’occasion [idéale] de lancer un message à tous les dirigeants. Nous devons tous nous souvenir », a-t-il poursuivi.

« Car si nous gardons le souvenir, l’Holocauste, [ainsi que] des atrocités comme le Darfour, le Biafra et le Kosovo n’auront pas leur place sur terre ». « Mais ce n’est pas suffisant […] il faut enseigner aux enfants la tolérance et la compréhension, à la maison comme à l’école », a continué le rescapé d’Auschwitz.

« Pour nous, survivants, cette commémoration est un triomphe en sourdine. C’est un acte de justice imparfait, car il a fallu soixante ans pour que les crimes commis lors de l’Holocauste soient reconnus en tant que tels par les Nations Unies », a-t-il encore affirmé.


Voir notre dépêche d’aujourd’hui à propos du message du Secrétaire général.

Voir la page spéciale consacrée aux cérémonies.


© 
Centre de nouvelles de l’ONU

Mis en ligne le 30 janvier 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org