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A propos de Katrina : "Pas de honte à avoir", Jack Kelly
21/09/2005

La réaction fédérale à l’ouragan Katrina n’a pas été celle que l’on a décrite. La force de la réponse cinglante de Jack Kelly aux grandes g…. journalistiques et politiques qui n’ont cessé de critiquer les autorités, réside dans ses allusions sarcastiques à la mentalité science-fiction de beaucoup d’Américains, persuadés que tout est possible, comme au cinéma. L’épisode illustre, à l’américaine, la justesse du dicton : "la critique est facile, l’art est difficile". (Menahem Macina).

Dimanche 11 septembre 2005

Original anglais: "No shame".

Toledo Post-Gazette, 11 septembre 2005
 
Traduction partielle par Koira.
 
Jason van Steenwyk est membre de la Garde Nationale. Il a été mobilisé six fois pour des cyclones. Il note que "L’État fédéral a presque complètement tenu ses délais de prévision, mais le volume d’aide apporté entre les 72-96 heures, a été sans précédent. 
La réponse fédérale, cette fois-ci, a été plus rapide que pour Hugo, plus rapide que pour Andrew, plus rapide que pour Iniki, plus rapide que pour Francine et Jeanne."
 
Par exemple, il avait fallu cinq jours aux troupes fédérales pour arriver en force sur les lieux, à Homestead, en Floride, après que Andrew ait frappé en 1992. 
Après Katrina, en revanche, c’est au bout de trois jours qu’on a constaté la présence de la Garde Nationale dans la région touchée. 
 
Les journalistes [on pourrait ajouter "les universitaires"], prolixes en opinions mais pauvres en connaissance, n’ont aucune idée de ce qu’il faut mettre en oeuvre pour transporter des centaines de tonnes de secours dans une région grande comme l’Angleterre où les lignes électriques sont hors service, où l’on ne trouve plus d’essence, où les ponts sont endommagés et les routes et les aérodromes couverts de débris, et l’on dirait bien qu’ils ne se soucient guère de l’apprendre. 
Aussi diffament-ils comme étant un "scandale national" l’opération de secours la plus monumentale et la plus réussie de toute l’histoire. 

J’écris cet éditorial une semaine et un jour après la rupture de la digue principale qui protégeait la Nouvelle-Orléans. Au cours de cette semaine : 
  • Plus de 32 000 personnes ont été secourues, un grand nombre à partir des toits, à l’aide des hélicoptères des garde-côtes. 
  • Le Corps du génie a presque complètement réparé les brèches et commencé à pomper l’eau en-dehors de la Nouvelle-Orléans. 
  • Le gîte, le couvert et les soins médicaux ont été fournis à plus de 180 000 réfugiés. 
Les journalistes [et les universitaires] déplorent qu’il ait fallu une semaine pour faire tout cela. Sur son blog Moltenthought, un ancien officier de la logistique de l’Air Force a quelques conseils à transmettre au Quatrième pouvoir :
 
"Nous n’avons pas encore la technique des téléporteurs [1] et des réplicateurs [2] que vous avez vus sur ’Star Trek’, entre deux parties de fumette, pendant vos études de communication bidon […], à l’époque où les adultes qui dirigent les secours faisaient leurs études d’ingénieur. 
L’armée des États-Unis peut balayer les Taliban et la Garde Républicaine irakienne plus vite et plus efficacement [que vous ne l’aviez prédit] qu’elle ne peut apporter 3 millions de repas Swanson [3] à une ville sous les eaux, en traversant une région grande comme la Grande-Bretagne, qui n’a plus d’électricité, plus de ports ni d’aéroports en état de marche, et dont le réseau routier est dévasté et impraticable. 
 
On ne peut pas accélérer les efforts de secours et de remise en état en installant, à l’avance, des moyens (dans les zones touchées), parce que ces moyens sont compromis par la tempête même qui, alors, détruisait la région.
Vous pourrez bien crier et en appeler à l’indignation morale, ça ne changera rien aux faits précités."
"On ne peut pas faire apparaître l’armée comme ça, rien qu’en claquant des doigts", écrit van Steenwyk.
 
La Garde Nationale doit recevoir ses ordres de mobilisation, se présenter à l’armurerie, recevoir son équipement, ses ordres et former ses convois vers la zone du sinistre.
 
La Garde Nationale de Pennsylvanie et la Marine basée à Norfolk ne peuvent pas se trouver immédiatement sur les lieux. 
 
L’aide, il faut la planifier. Outre le pré-positionnement des secours à proximité des zones risquant d’être touchées (ce qui a été fait avec une efficacité parfaite), on ne peut pas faire cette planification avant que la tempête ait frappé et que l’on puisse faire une évaluation des dégâts. 
 
Il faut procéder à une reconnaissance préalable des itinéraires pour déterminer si les routes sont ouvertes, et si les ponts, le long de cet itinéraire, peuvent supporter le poids de camions lourdement chargés. 

En outre, on ne peut envoyer vers une zone sinistrée les troupes fédérales et la Garde Nationale des autres Etats que si leur présence a été requise par les gouverneurs des Etats touchés. 
 
L’argument majeur des tenants de la "lenteur" fédérale est qu’il a fallu quatre jours pour évacuer la plupart des réfugiés du Super-dôme de Louisiane. 
 
La digue s’est rompue mardi matin [6 septembre]. Il a fallu réunir des autocars et les mener de Houston à la Nouvelle-Orléans à travers des routes jonchées de décombres. Les premiers sont arrivés mercredi soir. 

En ce qui me concerne, cela me semble plutôt rapide…
 
Jack Kelly
 
© Toledo Post-Gazette
 
 
Notes de la Rédaction d’upjf.org
 
[1] Allusion à une théorie physique qui s’apparente plus à la science-fiction qu’à la science tout court ; elle a été exploitée avec succès à la télévision dans la célèbre série "Star Trek". Sur la théorie, voir "Physique quantique : La téléportation".
[2] Concept de science fiction. L’idée sur laquelle elle repose est la suivante : "Si vous possédez l’information concernant une tasse de thé (ou un steak ou n’importe quoi d’autre), si vous connaissez tous les atomes en présence (leurs relations entre eux et leurs états stationnaires), si vous disposez de toutes ces informations et des matières premières, vous pouvez fabriquer tout ce que vous voulez. Sur le plan biologique, les cellules souches sont un peu l’équivalent." (Définition empruntée à une page intitulée "La recherche sur les cellules souches : Jusqu’où peut-on aller ?"). Là encore, la série Star Trek, déjà évoquée, a usé et abusé du procédé, en y recourant surtout pour délocaliser et faire réapparaître ailleurs un être humain.
[3] Plateau-repas de qualité, qu’ont coutume de commander les Américains pour consommer devant la télévision, le must étant le Swanson, du nom du créateur du concept. Voir "Objet Culturicain : le platotévé !"
 
 
Mis en ligne le 21 septembre 2005, par M. Macina, sur le site upjf.org