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Un mépris souverain pour la vie (Amnesty International)
07/04/2006

05/04/06
 
Sur le site d’Amnesty International (AI).
 
 
Fin juillet 2005, AI publiait un rapport accablant sur les exactions commises « de sang froid » (c’est une façon de parler) par les divers groupes armés qui combattent en Irak l’occupation de la Force multinationale (FMN). Ce rapport est passé largement inaperçu dans une opinion occidentale vaquant à ses vacances estivales et davantage habituée à voir les Etats-Unis incriminés ; ce rapport est pourtant édifiant. Ainsi, les civils irakiens paient le prix fort de la lutte à mort engagée entre, d’une part, les troupes de la FMN dirigée par les États-Unis et les forces de sécurité irakiennes, et, d’autre part, les groupes armés opposés aux nouvelles autorités gouvernementales irakiennes et à la présence de troupes étrangères en Irak. Les groupes armés ont provoqué la mort de plusieurs milliers de personnes. Selon une estimation fiable - et « malheureusement » minimale -, ce ne sont pas moins de 6 000 civils qui ont été tués et 16 000 autres blessés, après avoir été directement et aveuglément pris pour cibles par les groupes entre mars 2003 et mars 2005.
Habituellement, les groupes armés prennent pour cible tout civil irakien qu’ils définissent comme traître ou collaborateur : interprètes, chauffeurs et autres civils employés par la FMN, ainsi que des fonctionnaires, des responsables gouvernementaux, des juges et des journalistes. Les étrangers, parmi lesquels des employés d’ONG humanitaires, des journalistes indépendants, des entrepreneurs et des chauffeurs, parce que non-Irakiens ou non-Arabes, sont souvent considérés par les groupes armés comme des partisans de la FMN et « ciblés » en conséquence. Par ailleurs, plusieurs centaines de personnes, irakiennes ou étrangères, ont été prises en otages ; nombre d’entre elles ont été exécutées, certaines par balles et d’autres par décapitation. Beaucoup de victimes ont été torturées avant d’être exécutées. Des militantes des droits des femmes ainsi que les Nations unies, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et d’autres organisations humanitaires internationales, ont également été pris pour cibles.

Sur le « front intérieur », stricto sensu, les groupes armés, plus que manifestement d’obédience sunnite, s’en prennent à des membres de communautés religieuses et ethniques, plus précisément aux Arabes de confession chiite et aux Kurdes. Les institutions politiques et religieuses de ces communautés, notamment des mosquées chiites et le siège de partis politiques, sont régulièrement la cible d’attentats à l’explosif qui entraînent des pertes très élevées dans la population civile. Destinées, depuis la mi-2004, à entraîner la société multiethnique et multiconfessionnelle irakienne dans une guerre civile sans merci, ces attaques ont, en tout cas, fait franchir à l’Irak un pas de plus dans l’horreur, suite à la destruction, à l’explosif, de la Mosquée Al-Askari, l’un des monuments chiites les plus respectés et sans doute l’un des monuments islamiques les plus anciens au monde. Lorsqu’ils n’ont pas été visés directement, plusieurs centaines de civils ont péri à la suite d’attentats à la voiture piégée ou d’attentats-suicide contre des convois militaires et des bases de la FMN et des forces irakiennes.
 
Pour Amnesty International, quelle que soit la cause invoquée et quelles que soient les circonstances [atténuantes] que certains, en Europe, voudraient leur trouver, les attaques visant, directement ou sans discernement, des civils, les prises d’otages, la torture et les mauvais traitements, sont des crimes contre le droit. Aux termes du droit international humanitaire, les individus et les groupes qui participent à ces actions, ou les commanditent se rendent tout simplement coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Ni plus ni moins, car les droits humains ne se distinguent pas.
 
© Amnesty International
 
Mis en ligne le 05 avril 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org