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Menahem Macina

C’est à la vie de notre peuple qu’ils en veulent, M. Macina
10/05/2006

Les tirs de roquettes sur la ville d’Ashkelon sont incessants et les plaintes de la population, qui s’estime mal protégée, se multiplient. Le chef d’Etat-major de Tsahal, a répondu indirectement à leur crainte. Pour ma part, je me demande, à cette occasion, si cet irrédentisme palestinien n’est que la énième édition des péripéties douloureuses qui jalonnent l’existence du peuple juif depuis près de deux mille ans, et celle d’Israël depuis sa création, ou s’il faut y voir un signe de l’approche des temps messianiques. (Menahem Macina).
10/05/06
 
 
S’exprimant devant des étudiants d’un établissement d’enseignement supérieur d’Ashkelon, mardi, le Chef d’état-Major, Dan Halutz, leur a demandé d’être patients :
 
« Je ne peux vous donner un délai précis concernant la solution du problème [des attaques de Qassam) », a-t-il déclaré. « La mise en œuvre de mesures efficaces exige que nous franchissions des lignes que nous ne voulons pas franchir. Nous ne voulons pas tirer sur les concentrations de population [de Gaza]. Malheureusement, eux [les terroristes palestiniens] profitent du fait que nous ne sommes pas un état terroriste et ne le serons jamais. Toutefois, nous avons la possibilité, si nécessaire, de procéder à une opération terrestre. »
 
La tactique des éléments palestiniens jusqu’au-boutistes est claire et n’est pas nouvelle. Elle est un élément de la guerre de harcèlement qu’ils mènent depuis le début de la première Intifada.
 
La doctrine qui est à la base de cette guérilla repose sur celle de la guerre asymétrique (1). Ne pouvant vaincre Tsahal par des moyens militaires traditionnels, les Palestiniens irrédentistes recourent au harcèlement de l’ennemi par tous les moyens, permis et interdits, en ce inclus les actions terroristes, de manière à épuiser, ou, à tout le moins, décourager l’adversaire.
 
La barrière de protection ayant réduit drastiquement les infiltrations de commandos de terreur, le recours aux tirs de roquettes s’est rapidement imposé comme un substitut des attaques terroristes, d’autant plus efficace, qu’il affecte les apparences d’opérations militaires, et exonère ceux qui les mènent de l’accusation de terrorisme.
 
Les Occidentaux, en particulier (mais pas les Américains), inclinent à justifier ces actions par empathie avec le "faible". « Ils se défendent comme ils peuvent contre l’occupation israélienne », entend-on dire fréquemment.
 
Ce n’est pas le lieu ici de répondre à cet argument controuvé (je l’ai fait ailleurs et le ferai encore). Ce qui est certain, c’est qu’il n’existe aucune parade efficace contre ces engins qui, même s’ils sont souvent peu efficaces, en raison de leur imprécision, restent un danger et une menace, d’autant qu’ils ciblent majoritairement les populations civiles israéliennes. On sait, en outre, que les performances de ces engins artisanaux s’améliorent constamment. Par ailleurs, des rumeurs persistantes – et apparemment crédibles – font état de ce que, depuis le retrait israélien de la Bande de Gaza, les Palestiniens constituent des stocks de missiles plus sophistiqués, de type Katioucha, dont la précision et la capacité létale sont autrement plus puissantes que celles des Qassam.
 
La conviction sous-jacente à ce développement est qu’à plus ou moins long terme, les Israéliens seront incapables de résister au danger et à la tension perpétuelle engendrés par ces attaques venues du ciel, et pour l’instant imparables. Le rêve des ennemis jurés d’Israël étant que l’armée finisse par perdre son sang-froid et réplique aux attaques contre ses populations par des attaques contre les populations palestiniennes. Ainsi, Israël (et lui seul, comme d’habitude), serait stigmatisé comme étant un Etat "génocidaire" et coupable de "crimes de guerre".
 
N’oublions pas, en effet, que le véritable conflit qui fait rage, n’est pas celui qui se déroule sur le terrain, mais celui qui vise à rallier l’opinion publique mondiale à la cause palestinienne, par médias et lobbying politique interposés.
 
Dans un article antérieur (2), je posais la question suivante : « Le ’palestinisme’ - ou parti pris anti-israélien - est-il un accident de l’histoire ou un signe des temps ? ». Et je l’illustrais en mettant en exergue trois citations, qui n’ont rien perdu de leur actualité :

"De nombreux membres des médias européens ne se considèrent pas uniquement comme des journalistes, mais comme des Croisés idéologiques. Ils n’exercent pas l’activité de journaliste pour faire du journalisme. Ils veulent faire le bien dans le monde. Ils ont des objectifs." (3).

"L’intégration des énoncés de la propagande antisioniste définit un système de valeurs, considéré comme éminemment respectable. Cette propagande ayant accrédité l’idée que le sionisme cumule toutes les tares morales (racisme, colonialisme, fascisme, etc.), il en résulte que le sujet qui fait profession de critiquer Israël bénéficie, avant tout débat sur la qualité de ses vues, d’une vertu et d’un capital de sympathie qui le placent au-dessus de tout soupçon, tant à ses propres yeux qu’à ceux des autres." (4).

"On n’a jamais autant parlé de paix qu’à notre époque de conflits brutaux. Comme dans la fable « Les animaux malades de la peste », de La Fontaine, le Haro ! universel est poussé par presque toutes les nations du monde contre le seul Israël, réputé le plus criminel des Etats. Et quand on lui reproche d’être un obstacle à la paix mondiale et qu’on lui crie : «Faites la paix», écoutez bien le message subliminal qui affleure sous cet appel politiquement correct… Oui, vous avez bien entendu, c’est : «FOUTEZ-NOUS la paix. Faites ce qu’exigent de vous vos ennemis. Ne vous imaginez surtout pas que nous sommes prêts à pâtir de votre entêtement. Nous vous obligerons à vous plier aux exigences arabes, par la force si nécessaire ! »" (5).
 
Force est de reconnaître que, face à ce "palestinisme", Israël a perdu une bataille – celle de l’opinion. Il reste à espérer qu’il ne perde pas la guerre de survie à laquelle il est confronté depuis la création de son Etat.
 
Nos Sages ont parlé des événements extrêmement douloureux qui se produiront à l’approche de la manifestation du Messie. Reprenant l’image de l’enfantement utilisée par les prophètes d’Israël, il ont appelé ces tribulations "douleurs de l’enfantement du Messie" (hevlei hammashiah). A l’instar de nombre de mes coreligionnaires, et au risque de passer pour un exalté ou un prophète de malheur, je suis de plus en plus convaincu que cette résurgence de la haine quasi universelle envers notre peuple, qui se déchaîne désormais sur l’Etat des Juifs, reconstitué près de 2000 ans après les catastrophes de 70 et de 135 de notre ère et au lendemain du crime de la Shoah, participe de cet enfantement douloureux des temps messianiques.
 
Menahem Macina
 
© upjf.org
 
 
Notes
 
(1) Voir, sur notre site, l’article de Olavo de Carvalho : "L’arme de la ’guerre asymétrique’".
(2) "Ce ’palestinisme’ qui fait peur aux Juifs".
(3) Alon Ben-David, ancien correspondant militaire de la Direction de la radio-télévision israélienne, à United Press International. Le texte original - "A large part of the European media regards itself as not just reporters but as ideological crusaders. They are in the business of journalism not just for the business. They want to do good in the world. They have agendas" - figure dans un article de mai 2002, intitulé "Europeans, Jenin and bad journalism ", en ligne sur le site Facts of Israel.com.
(4) Georges-Elia Sarfati, L’antisionisme. Israël/Palestine aux miroirs d’Occident, Berg International, Paris, 2002, p. 101.
(5) Menahem Macina, « Foutez-nous la paix et délivrez-nous du bien ! », Pamphlet inédit.
 
 
Mis en ligne le 10 mai 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org