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Christianisme

Histoire: L’entourage de Jean Paul II était infesté d’espions soviétiques
24/05/2006

Titre original : "Vatican : la révélation d’un véritable réseau d’espions polonais autour de Jean-Paul II risque d’assombrir la visite de son successeur en Pologne".
 
24/05/06
 
Sur le site de l’ESISC.
 
 
C’est jeudi 25 mai que l’avion du pape Benoît XVI doit atterrir sur le sol polonais. Mais ce qui s’annonçait comme un voyage heureux et «sentimental» - pour reprendre les termes du Times - sur les terres de son prédécesseur risque d’être terni par la révélation récente émanant du Polish Institute of National Memory (IPN), un organisme dont le statut a été approuvé en décembre 1998 par le Parlement démocratique de Varsovie, et qui a pour but de rétablir la vérité historique sur l’oppression nazie et communiste de la Pologne de 1939 à 1989.
 
Selon cet institut de recherche, les services de renseignement polonais, sous l’ère communiste, auraient réussi à tisser un impressionnant réseau d’espionnage dans l’entourage de Jean-Paul II. Ce réseau était essentiellement constitué de prêtres, moines et, peut-être, d’évêques, dont la mission consistait à espionner le Pape et ses proches pour le compte du bloc soviétique. Une partie de ces informations ont été rendues publiques vers le mois d’avril 2005 par l’IPN - qui réalise là un véritable travail de mémoire -, mais elles prennent une « couleur » différente aujourd’hui, alors que le Pape se rend en Pologne et que le Vatican est déjà en conflit avec une radio polonaise catholique, Radio Maryja, accusée d’embrasser des thèses nationalistes et xénophobes. Andrzej Grajewski, chercheur de cet institut public indépendant, estime que plus de 10% du clergé était, d’une manière ou d’une autre, à la solde des services polonais.
 
Dans une interview publiée en septembre 2005 par le mensuel italien 30 Giorni (30 jours), Jan Zaryn, professeur d’université, membre de l’IPN et auteur de treize livres et de plus de cent articles scientifiques, presque tous consacrés à l’histoire de l’Église en Pologne, déclarait :
« Entre 1944 et 1989, plus de quatre-vingt-dix pour cent de la population était catholique, et entre 1947 et 1990, la police secrète a cherché des renseignements sur l’Église catholique et sur les évêques polonais. C’est la raison pour laquelle la documentation dont dispose l’IPN à propos de la politique du régime communiste polonais contre l’Église catholique est très vaste, véritablement énorme. […] La police secrète a enquêté sur tous les monastères polonais, dominicains, jésuites, franciscains, mais surtout sur les dominicains et les jésuites, parce qu’ils étaient les plus actifs auprès des jeunes. À partir de 1962, les fonctionnaires de la police secrète appartenant au VIe département du ministère de l’Intérieur ont "personnalisé" leurs informations. Jusqu’en 1990, chaque prêtre – mais aussi chaque élève du séminaire – a été l’objet d’un fascicule de renseignements détaillés (ce dernier était appelé Teok; pour les évêques le code était Teob, pour les paroisses Teop). On trouve aussi dans cette documentation, provenant d’autres départements, comme le IIIe, qui s’occupait des dissidents politiques, un grand nombre d’informations sur les prêtres. »

© ESISC
 
Mis en ligne le 24 mai 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org