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Menahem Macina

"Il y 39 ans, Israël attaquait l’Egypte...", Menahem Macina
04/06/2006

04/06/06
 
 
Euronews est, à n’en pas douter, une chaîne d’informations en continu, qui ne manque pas d’utilité. A ce titre, j’en suis un utilisateur assidu. D’autant qu’à écouter les chaînes françaises, privées ou nationales, on a parfois l’impression que l’actualité se résume, entre autres, à quelques faits divers plus ou moins crapuleux, aux reportages sur des accidents locaux, à l’exposition des turpitudes et des malversations d’hommes politiques, aux menus potins franchouillards, à la couverture de manifestations populaires et, bien entendu, au sport. Et quand les journaux télévisés font de plus ou moins brèves incursions dans le champ de mines de l’actualité internationale, c’est généralement pour nous montrer des scènes de carnages causés par des attentats en Iraq, sans toujours nous épargner les "appréciations politiques" du correspondant, ou de la correspondante de service, qui nous ressassent l’inévitable antienne de "l’enlisement américain en Iraq", allant parfois jusqu’à laisser entendre, plus ou moins explicitement, que la France avait eu bien raison de s’opposer à cette guerre ’illégale’.
 
A ce tableau - sévère, j’en conviens - du contenu de l’information audiovisuelle française, souvent provincial, anecdotique et, parfois même, à la limite du chauvinisme, il convient d’ajouter la prédilection malsaine dont font preuve certaines chaînes et surtout la nationale France 2, pour la critique d’Israël, ou - ce qui revient au même, mais est plus "politiquement correct" - pour la cause palestinienne. La moindre manifestation interdite dispersée par la police israélienne peut faire les gros titres, les jours de vaches maigres médiatiques. Ont, bien sûr, la vedette, les blessures et les décès de Palestiniens - surtout lorsque les victimes sont des "enfants" (catégorie générique fort distendue, qui englobe également les 16-18 ans, sans doute parce que mineurs). A ces occasions, il est rare que nous soient épargnés les mantras sur "l’occupation" par Israël, à laquelle sont soumis les Palestiniens, sur le comportement "brutal et cynique" de la ’soldatesque’ de "l’Etat hébreu", et sur les "humiliations continuelles dont est victime la population autochtone".
 
Aujourd’hui, toutefois, ce n’est pas à ces chaînes que je m’en prendrai, mais à Euronews.
 
Déjà, il y a 3 ans, j’avais épinglé cette chaîne pour avoir diffusé, sans mise en perspective, une brève séquence (palestinienne, bien sûr !), afférente à un affrontement entre Tsahal et des terroristes palestiniens, à Naplouse. Ma bile avait été excitée par l’affirmation suivante de l’un des journalistes d’Euronews : "Les militaires israéliens n’ont pas hésité à tuer les militants jusque dans l’hôpital de Naplouse", reprenant ainsi l’essentiel d’une dépêche erronée de Reuters (1).
 
 
Voici donc la dernière d’Euronews.
 
Ce matin, tout en déjeunant, j’écoute distraitement son journal de 9h, quand la phrase qui suit me fait sursauter :
 
"Il y aura bientôt 39 ans, Israël attaquait l’Egypte…"
 
La suite est sans intérêt. En tout état de cause, il ne s’agissait pas d’une diatribe anti-israélienne, mais seulement du rappel incident de l’anniversaire tout proche (6 juin) de l’événement majeur que fut ce que les Israéliens appellent la Guerre des Six-Jours. On sait, en effet, que, suite à la victoire foudroyante d’Israël contre les armées coalisées de l’Egypte et de la Jordanie, ce conflit modifia, profondément et pour longtemps, l’échiquier politique et géostratégique de cette portion du Moyen-Orient, avec les conséquences connues de tous, sur lesquelles il n’y a pas lieu de s’attarder ici.
 
Or donc, que retiendra l’auditeur de ce "scoop" d’Euronews. S’il est bien informé, et a fortiori s’il fait partie du petit reste (qui va en s’amenuisant inexorablement) des hommes et des femmes honnêtes qui sont plutôt favorables à Israël, il rectifiera mentalement sans problème, dans le style : Certes, les Israéliens ont attaqué les premiers, mais c’était à titre préventif et parce qu’ils se savaient menacés.
 
Il va de soi que telle n’est pas la version des inconditionnels de la cause arabo-palestinienne. Eux n’ont pas d’état d’âme et accusent Israël d’avoir inventé les menaces arabes de l’époque, à seule fin de déclencher une guerre d’agression visant à conquérir par les armes la plus grande partie de la ’Palestine’.
 
Reste l’immense masse amorphe de celles et ceux qui n’ont pas d’opinion, si ce n’est celle de leur quotidien de référence, et qui ’avalent’ sans broncher leur(s) bolée(s) quotidienne(s) de ce qu’on ose à peine nommer "information". Ils ne sont pas particulièrement anti-Israéliens, quoiqu’ils soient souvent agacés par ce peuple "qui ne fait jamais rien comme les autres et se croit tout permis". Peu versés dans la géopolitique (surtout celle, immensément complexe, du Moyen-Orient), ils sont très perméables à la critique de ce pays et leur conscience ne dispose pas de suffisamment d’anticorps intellectuels et moraux pour résister à l’invasion pathogène de la propagande intense et maligne des ennemis, arabes et occidentaux, de l’Etat juif.
 
A l’évidence, il ne faudra pas longtemps pour que la contrevérité, selon laquelle, en 1967, ce sont les Israéliens qui ont attaqué les Egyptiens (sans raison valable, cela va de soi !), devienne pour eux le paradigme de la vérité concernant l’un des points les plus chauds du conflit, qui fait rage depuis plusieurs décennies autour de ce que les Palestiniens considèrent comme des "territoires occupés", tandis que les Israéliens les réputent "disputés", ou "contestés" (2).
 
C’est ainsi, que, d’année en année et de proche en proche, insidieusement d’abord, puis ouvertement, enfin, agressivement et insolemment, le discours diabolisateur d’Israël fait de plus en plus d’adeptes…
 
C’est pourquoi certain(e)s d’entre nous – qualifié(e)s de paranoïaques et de prophètes de malheur par ceux qui ne veulent pas la paix mais qu’on leur foute la paix – croient entendre la rumeur des "nations en tumulte" (cf. Psaume 2), voire le bruit du pogrome qui se rapproche…
 
Si ce devait être le cas, celles et ceux de notre peuple, qui ne veulent pas se laisser pogromiser comme des brebis d’abattoir, mais sont bien déterminés à mourir les armes à la main, comme les derniers insurgés juifs du Ghetto de Varsovie, feraient bien de préparer, dès maintenant, la résistance.
 
Et comment ? Me demanderez-vous, peut-être.
  • Eh bien, tant que c’est encore possible, en attaquant de front, armés de la vérité des faits, les billevesées et les mensonges patents des négateurs de l’évidence et des calomniateurs de l’honnêteté historique.
  • En opposant des preuves documentaires contrôlables aux affirmations extravagantes et mensongères.
  • En faisant autant de bruit pour proclamer la vérité des faits, malgré le vacarme démentiel et belliqueux de ceux qui veulent la réduire au silence et même l’assassiner.
Ce n’est ni le lieu, ni le moment d’entrer plus avant dans cette stratégie, qui, comme la marche se prouve en marchant, démontrera son bien fondé et son efficacité par les arguments convaincants et documentés, développés dans les analyses professionnelles qu’elle réalisera et diffusera.
 
Petit exemple appliqué et de circonstance.
 
Au journaliste pervers ou ignare (à vous d’en juger) qui susurre à l’oreille des auditeurs d’Euronews que les Israéliens sont les fauteurs de la guerre de 1967, j’ai choisi d’opposer non pas une diatribe issue de nos sites militants - qui se heurterait à une fin de non-recevoir, parce que sioniste -, mais un texte polémique, en ligne sur un site pro-palestinien (3).
 
Comme on le verra, il n’est pas suspect de philo-israélisme. Et pourtant, pris au piège de l’enchaînement des faits qu’il relate – non sans un parti pris hostile à Israël, qui apparaîtra à quiconque lira l’entièreté de l’article sur le site en question -, son auteur est bien obligé de parler de l’"encerclement" d’Israël par les armées arabes. Cet étranglement stratégique débuta en mai 1967 et atteignit son apogée dans les premiers jours de juin de la même année. Les guillemets dont le rédacteur de l’article entoure le mot "encerclement" - dérangeant parce qu’il justifie l’attaque-éclair israélienne contre l’Egypte - témoignent éloquemment de son embarras face au fait que telle était bien la vérité.
 
Ce n’est là qu’un échantillon – certes, très modeste – du genre d’actions que nous pouvons entreprendre pour faire échec, dans la mesure du possible, aux attaques venimeuses dont est l’objet notre Etat.
 
Je dis bien "notre" Etat. Car, que cela plaise ou non aux détracteurs, juifs et non juifs, de cette conception, c’est bien ainsi que l’avait appelé le visionnaire Théodore Herzl, dans son livre, au titre presque universellement mal traduit - Der Judenstaat -, qui ne signifie pas l’Etat juif, mais l’Etat des Juifs.
 
A celles et ceux de notre peuple, qui vivent en Israël, nous pouvons dire ces mots, que le prophète Zacharie attribue à Dieu en faveur de Son peuple (Za 2, 12 )
 
"Qui vous touche, touche à la prunelle de son oeil" (4).
 
 
Menahem Macina
 
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Notes
 
(1) Voir M. Macina, "Rectifiez, rectifiez! Il en restera toujours quelque chose !".
 
(2) Voir l’article séminal de Dore Gold : "Des territoires ’occupés’ aux territoires ’disputés’".
 
(3) Il s’agit de Palestinet. L’article, que nous reproduisons partiellement, ci-après, est tiré d’un ouvrage qui a bénéficié, en son temps, d’une très large diffusion et qui n’est guère objectif à l’égard d’Israël : Les 100 Portes du Proche-Orient. L’extrait mis en ligne par Palestinet est intitulé "Guerre de 1967".
…Les hostilités se déclenchent… au terme d’une réelle et inquiétante montée des tensions, où chacun redoute les intentions de l’autre. Le climat est plutôt calme lorsqu’en 1963, Israël décide de détourner unilatéralement les eaux du Jourdain. Riposte arabe, en janvier 1964 : le sommet du Caire entreprend, lui aussi, de détourner deux ou trois affluents du Jourdain ; parallèlement, il donne jour à l’Organisation de Libération de la Palestine [OLP], qui se constituera effectivement, en mai, à Jérusalem, sous la présidence d’Ahmed Choukeyri.
 
Janvier 1965 : le Fath envoie ses premiers commandos armés en Israël, via les lignes jordaniennes, mais avec l’aide syrienne.
Israël réagit par des raids de représailles, contre les chantiers arabes de détournement du Jourdain, et contre les pays d’origine des infiltrations des hommes de Yasser Arafat. L’état-major prépare surtout - selon l’Égypte et la Syrie qui s’en inquiètent publiquement en avril - une opération d’envergure contre les pays arabes.
L’inquiétude s’accroît le 15 mai 1967, avec le défilé militaire israélien à Jérusalem, contraire aux armistices. Alors Le Caire place, le 17, ses troupes en état d’alerte et, le 18, réclame le retrait des observateurs des Nations unies de Charm Al Cheik et de Gaza, dont les troupes égyptiennes prennent possession le 21.
Le lendemain, le golfe d’Akaba est fermé aux bateaux israéliens ou transportant des matériaux stratégiques pour Israël. À Jérusalem, où Menahem Begin entre, pour la première fois, au gouvernement, on considère comme un casus belli le ralliement au pacte militaire égypto-syrien de la Jordanie (le 31 mai) et de l’Irak (le 4 juin).

L’"encerclement" ainsi parachevé entraîne, dès le lendemain, une attaque fulgurante : une fois l’aviation arabe anéantie (en une matinée), les troupes israéliennes s’emparent, en six jours, du Sinaï égyptien, de la Cisjordanie jordanienne et - au prix d’un refus, deux jours durant, du cessez-le-feu décrété par l’ONU et accepté par les belligérants arabes - du plateau syrien du Golan.
Au bout de cinq mois de tractations, les Nations unies, avec la résolution 242… du Conseil de sécurité, affirment la nécessité d’un retrait d’Israël des territoires arabes qu’il occupe, en échange de : la cessation de l’état de belligérance, la reconnaissance de tous les États de la région, la libre navigation sur le canal de Suez et dans le golfe d’Akaba ainsi que la création de zones démilitarisées.
(4) Texte intégral du verset : "Car ainsi parle L’Eternel Sabaot, après que la Gloire m’eut envoyé, à propos des nations qui vous dépouillèrent : Qui vous touche, touche à la prunelle de son oeil." Selon certains interprètes juifs anciens – sans doute soucieux d’écarter un anthropomorphisme inadmissible s’agissant de Dieu - la prunelle, dont il est question dans ce passage, n’est pas celle de Dieu, mais celle de quiconque fait tort à Son peuple. Mais d’autres objectent que c’est Zacharie qui parle et prononce cet oracle, et donc, le pronom personnel à la troisième personne réfère à Dieu.
 
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© upjf.org
 
Mis en ligne le 04 juin 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org