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Israël (Société - mentalités)
Israël (diabolisation d')

Gaza: bavure israélienne ou dissimulation palestinienne de preuves ?
11/06/2006

Comment procéder à une enquête objective et contradictoire, quand l’autre partie refuse obstinément de coopérer, pratique la rétention de preuves et impose sa version des faits que nul ne pourra jamais vérifier en l’absence d’éléments de preuve indiscutables ? Telle est la situation surréaliste à laquelle est confronté l’Etat d’Israël, sommé de prouver sa bonne foi face au tribunal d’exception médiatique pour un prévenu condamné à l’avance. (Menahem Macina).
10/06/06
 
Voir : "La redoutable force de frappe médiatique des Palestiniens"
 
Ci-après, quelques éléments d’information glanés sur des sites israéliens, principalement sur ceux de Ynet et de Maariv en hébreu.
 
Traduction : Menahem Macina
 
 
Le chef d’état-major de Tsahal, Dan Haloutz, a donné l’ordre de cesser les bombardements sur le nord de Gaza – qui visent à dissuader les activistes palestiniens de tirer des roquettes Qassam –, et ce jusqu’à l’achèvement de l’enquête sur la mort des victimes civiles. L’armée a aussi proposé une assistance aux Palestiniens, suite à la frappe, en déclarant que des blessés pouvaient être acheminés vers des hôpitaux israéliens. Samedi matin, un enfant palestinien de 9 ans, gravement blessé dans l’explosion, a été transféré en Israël pour y recevoir des soins.
 
Le major-général Yoav Galant, commandant les forces de Tsahal pour la zone sud, a déclaré, vendredi soir, que l’armée analysait les circonstances de l’explosion. Outre l’hypothèse, très probable, d’un obus ayant dévié de sa trajectoire, l’armée envisage aussi la possibilité que l’accident ait été causé par un "accident de travail" [1].
 
"Nous n’avons pas l’intention de faire du mal à des citoyens innocents. Nous enquêtons sur l’incident pour tenter de clarifier ce qui s’est passé", a dit Galant, ajoutant que Tsahal sait quelles sont les zones où se trouvent des civils, et que les artilleurs militaires ont l’ordre de ne pas tirer dans leur direction.
 
Au cours d’une interview qu’il a accordée à la radio de Tsahal, le Colonel Aviv Kokhavi, Commandant de la division de Gaza, a souligné que l’enquête sur l’incident n’était pas encore terminée et que, pour l’instant, les précisions sur l’incident et l’endroit précis où il a eu lieu font défaut, car les Palestiniens refusent de les communiquer [2]. Et de préciser : "Je regrette de devoir le dire, mais cette famille palestinienne n’avait rien à faire dans un tel endroit. Il s’agit d’espaces à découvert d’où l’on tire des Qassam, et nous les bombardons pour protéger nos populations civiles." Et d’ajouter : "Si des Palestiniens pénètrent de force dans une zone militaire comme celle-ci, il est impossible de s’attendre à ce que cela se termine sans victimes."
 
Selon le Colonel Kokhavi, il y a deux explications possibles et une troisième, accessoire.
  • "L’une des possibilités est qu’il s’agit d’un de nos obus. Pour l’instant, nous sommes en mesure de dire, avec certitude, que 5 des six obus que nous avons tirés dans cette zone sont tombés là où nous le voulions. C’est pourquoi il est si important pour nous de connaître l’endroit et l’heure [de la tragédie de la plage de Gaza].
  • Une seconde possibilité est qu’il s’agit d’un obus tombé là depuis des semaines, ou des mois, que quelqu’un a trouvé et qu’il a manipulé [3].
  • La possibilité accessoire, à laquelle je ne veux pas attacher trop d’importance, repose sur quelques témoignages selon lesquels une fusée Qassam aurait été tirée à ce moment-là  et serait tombée à cet endroit.
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Notes de la Rédaction d’upjf.org
 
[1] L’expression désigne les blessures ou morts accidentelles survenues au cours de la fabrication d’engins explosifs artisanaux, ou de la manipulation, à des fins de récupération de leurs composants ou de leur charge explosive, d’obus restés intacts après leur chute.
 
[2] Dans les bribes de reportages récents consacrés à cet événement, on remarque la réitération de cette critique. Il importe de se souvenir que le même scénario se reproduit, presqu’à chaque incident de ce genre. Les Palestiniens soit refusent catégoriquement laisser les Israéliens procéder à des vérifications sur place, soit pratiquent la force d’inertie, en ne réagissant à aucune demande d’information, ou en éludant les questions posées. Dans ces conditions, il est impossible à Israël, de faire valoir sa bonne foi, voire de parvenir à la conclusion qu’il y a eu erreur de la part de Tsahal. Le cas le plus flagrant de non-collaboration palestinienne à une enquête sur les circonstances d’un grave incident ayant coûté la vie à un innocent palestinien, et qui, faute de vérifications contradictoires, a valu à Israël une condamnation quasi universelle est, bien entendu l’affaire al-Dura.
 
[3] On réitère ici la remarque émise dans notre précédent article sur le sujet : Sans vouloir anticiper sur les résultats de l’enquête de Tsahal, encore en cours, il semble étrange qu’aucun impact, et surtout aucun cratère - comme devrait en causer, sauf erreur, un obus à longue portée - ne soit visible sur la vidéo palestinienne mise en ligne par Ynet. Cette absence est d’autant plus remarquable que la caméra balaie littéralement le sol durant au moins une minute. On distingue des restes humains, mais pas le moindre cratère aux alentours.
 
 
© upjf.org avec Agences de Presse
 
Mis en ligne le 10 juin 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org