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Shoah

Un pape allemand à Auschwitz, Michel Remaud
29/05/2006

On sait à quel point les Juifs focalisent sur les gestes et les paroles des papes relatifs à la mémoire de la Shoah. Ceux de Benoît XVI ont évidemment été passés au crible et ont fait, comme il fallait s’y attendre, l’objet d’appréciations et de diverses et souvent contradictoires, l’abbé Michel Remaud, dont l’empathie avec le peuple juif est bien connue, fait ici brièvement le point, à ce propos. (Menahem Macina).
29/05/06
 
Sur le site de "Un écho d’Israël".
 
 


Le pape a tenu à franchir seul et à pied, comme les déportés,
la célèbre grille du camp de concentration d’Aushwitz-Birkenau
surmontée de l’inscription : "Arbeit macht frei" - e travail rend libre (cliché SIPA)

 
La presse israélienne rend longuement compte, ce soir, de la visite de Benoît XVI à Auschwitz et Auschwitz-Birkenau. La longueur des comptes-rendus manifeste par elle-même l’importance reconnue à l’événement.
 
Les sites Internet de Yediot Aharonot et de Maariv mettent en évidence la portée symbolique de la visite d’un pape allemand en un lieu qui reste le symbole de la "solution finale", citant des extraits du discours de Benoît XVI : « Dieu, pourquoi as-tu gardé le silence ? Pourquoi as-tu permis de telles horreurs ? ».
 
Yediot aharonot souligne pourtant la déception de la communauté juive de ce que la voiture du pape ne se soit pas arrêtée, faute de temps, devant la stèle commémorant le soulèvement du ghetto de Varsovie, que Benoît XVI s’est contenté de saluer.
 
Maariv souligne que Benoît XVI avait insisté pour se rendre à Auschwitz et qu’il avait fait modifier le programme prévu, afin de pénétrer à pied dans le camp en passant sous la fameuse inscription en lettres de fer : « Le travail rend libre » ; à pied, comme les victimes, et non en voiture comme les bourreaux.
 
Le même journal rappelle que le futur pape avait été enrôlé, contre son gré, dans les jeunesses hitlériennes, comme tous les jeunes de son âge, et qu’il avait ensuite déserté, ce qui lui avait valu d’être emprisonné.
 
C’est le spectacle de la brutalité avec laquelle les nazis traitaient les prisonniers slaves qui, selon Maariv, a décidé le jeune Joseph Ratzingzer à devenir prêtre.
 
Michel Remaud
 
© Un écho d’Israël
 
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Remarque de la Rédaction d’upjf.org
 
Michel Remaud renvoie à juste titre à un article paru dans Le Monde du 28 mai, sous le titre "Le pape Benoît XVI dénonce la Shoah à Auschwitz mais provoque un léger malaise". On peut y lire ces considérations qui révèlent l’ampleur du non dit douloureux entre les Juifs et les chrétiens à propos des responsabilités chrétiennes dans la genèse de la Shoah :
 
"[Benoît XVI] a voulu d’abord délivrer sa propre vision de l’Holocauste, une vision religieuse où des nazis, hostiles à la religion chrétienne, ont cherché à éliminer les juifs, peuple témoin de Dieu, parce qu’ils voulaient ’tuer Dieu’.  Cette conception reste un sujet de controverse entre l’Eglise catholique et les responsables juifs, qui, au contraire, estiment que l’antisémitisme génocidaire du régime nazi a pu se développer sur le terreau de l’antijudaïsme chrétien."
 
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Mis en ligne le 29 mai 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org