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Les journalistes et les Palestiniens, par Fiamma Nirenstein

Nous avons cru utile de remettre ce texte en tête de liste, malgré son ancienneté, tant il corrobore adéquatement celui que le Jerusalem Post vient de publier et dont nous avons mis en ligne une traduction française : "Le parti pris pro-palestinien n’est plus du journalisme".

Contemporary Magazine, janvier 2001

Original anglais : "The Journalists and the Palestinians".

Traduction française: Menahem Macina.

Ces temps-ci, l’information en provenance d’Israël est fortement influencée par l’imagination politique des journalistes, des chroniqueurs et des cameramen, qui, des quatre coins de la terre, se sont massés sur les lieux pour "couvrir" ce dernier feuilleton de la violence dans le conflit ininterrompu du Moyen-Orient. Ils s’efforcent - c’est ce qu’on attend d’eux - de situer ces conflits dans un schéma conventionnel, en gros: celui de David (les Palestiniens) contre Goliath (les Israéliens). C’est uniquement lorsqu’ils ne parviennent pas à respecter ce paradigme, qu’eux-mêmes, leur Rédaction, ainsi que leurs lecteurs ou leurs téléspectateurs tombent dans la confusion.

Et ce n’est pas étonnant. Imaginez un journaliste épuisé, de retour à son bureau, ou dans une salle de presse à Jérusalem, à la fin d’une dure journée: de quelle manière va-t-il commencer à décrire ce qu’il a vu? Les événements qu’il doit s’efforcer de relater sont, en vérité, terriblement compliqués, et, quand il s’agit d’exprimer une perspective informée, il se sent lui-même tout à fait novice. Quant à la subtile interaction entre ce qui, dans le tourbillon des événements, est cause et ce qui est effet, entre les normes des civilisations occidentales et orientales, entre la démocratie et la dictature, entre le monde judéo-chrétien et le monde de l’Islam - tout se perd dans la confusion des confrontations armées quotidiennes et des poses de bombes terroristes, si étrangères aux rythmes ordinaires des sociétés normales.

Et ainsi, comme les brumes matinales qui enveloppent la ville de Jérusalem, la réalité de la situation se dissout souvent dans le brouillard des impulsions psychologiques et des idées fixes de ceux qui l’observent. D’un emplacement élevé comme la banlieue de Gilo, où il se trouve que je vis, la géographie locale disparaît en fait parfois dans la brume, et Jérusalem elle-même peut sembler transformée en lac blanc. Mes voisins et moi sommes tout simplement exposés aux impacts des projectiles tirés dans notre direction à partir du village arabe voisin de Beit Jalla, et témoins des représailles furieuses des hélicoptères Apache d’Israël.

Et comment voit-on les choses de Jérusalem-Est? Dans la ville arabe, dès le petit matin et plus tard, les médias internationaux respirent la brume parfumée de quelque chose d’incroyablement romantique et archaïque, mélangé au parfum d’une fureur juvénile. Dans le brouillard, la Jérusalem des Juifs doit dessiner, dans les imaginations, la forme floue d’une puissante machine, massive et pesant de toute sa force et de son argent sur un monde plus faible et nouvellement né. Le brouillard offre une opportunité, un écran, sur lequel les correspondants étrangers projettent les conceptions qu’ils ont amenées avec eux: leurs réflexions critiques sur le capitalisme, le consumérisme, la globalisation, voire sur eux-mêmes et leurs sociétés.

La Colonie Américaine, un vieil hôtel délicieux de Jérusalem-Est, sert de résidence à presque tous les journalistes internationaux venus ici en mission temporaire. La pierre ancienne, couverte de vigne vierge, concourt au charme de l’hôtel: il en est de même des narrations de son passé, qui évoquent les récits de voyageurs, les retrouvailles miraculeuses après des naufrages en mer, et les fuites in extremis vers des régions lointaines. Mais par dessus tout, son charme provient de la discrétion et de la tranquillité de la petite rue isolée où il se trouve, et qui est un modèle de réserve dans l’expression, au milieu des passions vertigineuses d’alentour.

Non loin de là, court Salah-al-Din, l’artère centrale de communication de la Jérusalem arabe, où il n’y a que magasins, bruits, embouteillages. C’est ici qu’ont lieu certaines confrontations du vendredi, après les prières du matin dans les mosquées. Vers le soir, le restaurant de la Colonie Américaine est bondé de journalistes couverts de poussière et fatigués, qui viennent juste de rentrer, avec leurs téléphones cellulaires et leurs ordinateurs portables, de Gaza ou de Ramallah, zones de tir. La plupart d’entre eux ont entre trente-cinq et cinquante ans, et sont assez avancés en âge pour apprécier un moment de relaxation. Dans cet environnement confraternel, on sent l’extraordinaire puissance informelle des médias - iconoclastes, ostentatoires, moqueurs, virtuellement tous d’accord.

Les équipes d’auxiliaires de presse sont en grande partie arabes, les journalistes locaux sont Palestiniens, et souvent aussi les cameramen. Les serveurs et le personnel de l’hôtel sont également Palestiniens, de même que les invités habituels auxquels on se heurte dans les salles, anciens de la première intifada des années 80 - la vraie. Les chefs de ce soulèvement considèrent la Colonie Américaine comme leur territoire de chasse, un lieu pour fixer des rendez-vous, réaliser des interviewes, et faire des confidences drôles à des journalistes étrangers. Une connaissance me relate avec amusement avoir surpris un correspondant en train de remercier son informateur palestinien qui lui fournissait les heures précises des confrontations "spontanées" du lendemain.

Avec son allure rassurante, au raffinement arabe, le clapotis de la fontaine du paradisiaque petit jardin de l’hôtel, où le déjeuner est servi parmi le jasmin et les roses, ses tuiles arméniennes blanches et bleues, ses touches orientales adaptées au goût occidental, l’hospitalité de son personnel drapé de courtoisie et de dignité, la Colonie Américaine est beaucoup plus qu’une hôtellerie: c’est une image paradigmatique de la sympathie que nourrit la presse internationale envers la cause palestinienne et, inversement, de son animosité complexe à l’égard d’Israël. Un brin vaniteux, beaucoup, parmi les invités en ce lieu, remuent encore, dans leur mémoire, l’image bronzée de leurs vingt ans, keffieh arabe autour du cou, sur les campus des universités américaines ou européennes: jeunes rebelles, jeunes héros, jeunes contestataires de n’importe quelle puissance hégémonique. Pour eux, les tendances pro-palestiniennes sont aussi naturelles, aussi distinguées, et aussi correctes que la célèbre collation du samedi matin, à la Colonie Américaine.

La culture de la presse est presque entièrement gauchiste. Il s’agit de gens qui sentent la faiblesse des valeurs démocratiques, de leurs propres valeurs; ils se délectent du frisson que l’on éprouve à prendre quelque distance par rapport à une civilisation menaçante, laquelle les chouchoute tout en ayant du dédain pour le système qu’ils représentent. Deux fois par jour, le muezzin lance son appel du minaret, tout proche du mur de l’hôtel. Assis près de la piscine, on se sent très près de Ramallah, qui n’est qu’à quelques kilomètres, et où les jeunes, envoyés en tête des manifestations, jettent des pierres à des soldats israéliens qui ont leur âge, ou à peine davantage. L’humanité émouvante des enfants s’imprime dans la conscience de tout un chacun, alors que les habitants juifs de la localité voisine de Psagot, arrosés de balles, durant la nuit, par le Tanzim d’Arafat à Ramallah, apparaissent comme autant d’obstacles stupides sur la route de la paix et de la justice.

En outre, par définition, les "colons", comme ceux de Psagot, ne peuvent jamais être des "victimes", tout comme l’armée israélienne, par définition, ne "riposte" jamais aux attaques, mais "tire" sur des enfants qui manifestent. Les émissions de la BBC ou de CNN commencent ainsi: "Cette nuit, les hélicoptères israéliens ont attaqué Beit Jalla". Ce n’est qu’ensuite qu’ils ajoutent: "auparavant, des tirs provenant de maisons du village palestinien avaient frappé le quartier de Gilo". Dans certains compte-rendus, il est devenu courant d’appeler Gilo même - où 45.000 juifs tentent d’esquiver les balles, une "colonie" - c’est-à-dire, une autre intrusion coloniale, un autre obstacle à la paix et à la justice.

Entre-temps, à l’abri de la Colonie Américaine, les porte-parole palestiniens ressassent leurs thèmes familiers de victimisation et de triomphe, en brandissant les hautes valeurs morales de la liberté, de la justice, et de l’autodétermination. Qui oserait les remettre en question? Venant d’une société autoritaire, ils sont eux-mêmes, comme par magie, investis d’autorité. Les journalistes européens ou américains posent des questions respectueuses aux représentants de l’Autorité Palestinienne et notent leurs réponses, exactement comme s’ils avaient, à tout moment, la possibilité d’examiner ces déclarations, ou de les confronter à des sources palestiniennes alternatives. Et comme ce n’est pas possible, la seule information, en définitive, est le nombre, toujours croissant, de morts et de blessés. Et cela également est impossible à vérifier.

Même l’épisode mondialement célèbre du petit garçon tué par des tirs croisés à Gaza, et dont la mort, saisie par la caméra, a été diffusée sans répit pour prouver la barbarie des Juifs, n’a fait l’objet d’aucune investigation de la part de la presse mondiale. Bien que l’armée israélienne ait finalement établi que la balle fatale pouvait très bien ne pas provenir d’un point de contrôle israélien, mais de l’un des sept endroits d’où les Palestiniens tiraient, il y a peu de chance que cela soit de nature à contrecarrer l’idée que l’enfant est un martyr, un shahid assassiné par les Juifs. Dès le début, la cause exacte de sa mort n’a jamais été jugée digne d’investigation, de peur qu’elle n’affecte l’axiome selon lequel Israël "agresse un peuple non armé" et perpètre "un massacre quotidien d’enfants".

L’exemple le plus flagrant de ce syndrome, dans les faits, a été celui de Ricardo Cristiano, journaliste de la RAI, la chaîne nationale officielle italienne. Le 12 Octobre [2000], deux réservistes israéliens en route pour Ramallah, furent arrêtés, battus, lynchés et horriblement mutilés par la police palestinienne et une populace civile. Les forces de l’Autorité Palestinienne, qui se trouvaient sur les lieux, se lancèrent immédiatement à la poursuite des photographes et confisquèrent la pellicule et la vidéo de l’événement, pour empêcher sa diffusion - mais ils n’eurent pas le temps d’éviter que l’équipe d’une chaîne de TV privée italienne ne parvienne à envoyer à Rome une vidéo de l’atrocité, qui fut aussitôt diffusée dans le monde entier. Sur quoi, Cristiano publia une lettre d’excuses dans le journal officiel palestinien, Al-Hayat Al-Jadida [voir: www.mfa.gov.il/mfa/go.asp?MFAH0i2p0#letter ].

Il y expliquait que la RAI et lui n’étaient pas fautifs; il accusait de ce méfait ses collègues de Mediaset, dont le propriétaire est le Chef de l’opposition de droite italienne, Silvio Berlusconi [élu depuis Premier Ministre. NDLR de CJE]; il réaffirmait son engagement de "respecter" les "règles" fixées par l’Autorité Palestinienne - règles qui interdisent vraisemblablement les reportages défavorables à l’Autorité Palestinienne; et il promettait de ne négliger aucun effort pour empêcher que de telles images soient diffusées à l’avenir.
[voir à ce sujet: http://www.chretiens-et-juifs.org/article.php?voir[]=186&voir[]=9686]
Il est difficile d’imaginer une déclaration d’allégeance plus explicite, ni une violation plus scandaleuse de l’intégrité journalistique. Cependant, à une ou deux exceptions honorables près, la réaction fut étouffée, tant en Italie qu’ailleurs. Cristiano rentra à Rome, et ni les directeurs de la RAI, ni ses propriétaires - c’est-à-dire, le gouvernement italien - n’ont semblé éprouver le besoin de fournir davantage d’explications. Quant à la communauté des journalistes en Israël, tout ce qu’ils firent fut de se hâter de blâmer l’Autorité Palestinienne et le gouvernement israélien de ce qu’ils créaient des difficultés au fonctionnement de la presse, sans parler d’un correspondant hollandais qui saisit cette occasion pour accuser - chose absurde, l’armée israélienne, de tirer sur les journalistes.

Mais que peut-on attendre d’autre d’une profession qui ne semble même pas savoir qu’elle a fait un pacte avec la censure palestinienne? Chaque jour, les "règles" que Cristiano s’est engagé à "respecter" trouvent un écho positif dans les coeurs de ceux qui, de toute manière, ne peuvent même pas filmer, ni diffuser des images des tirs effectués par le Tanzim ou la police palestinienne, postés dans les derniers rangs de la foule des manifestants, derrière les enfants jeteurs de pierres en première ligne. Car de telles images violeraient l’accord tacite d’après lequel les Palestiniens doivent toujours être présentés comme les victimes, et les Israéliens, comme les agresseurs.

Fondamentalement, la position des médias est simple. Les raisons qui la sous-tendent, par contre, sont complexes. Et tragiquement, la position d’Israël envers lui-même n’y est pas pour peu de chose. C’est un pays dont les élites sont envahies par un insupportable sentiment de culpabilité, déchirées par le révisionnisme historique, affamées de la sympathie du monde, blessées par trop de guerres. Les plaies d’Israël ne sont nulle part plus visibles que dans sa propre presse.

Tout récemment, le supplément de fin de semaine du Ha’aretz, l’équivalent du New York Times, publiait trois articles majeurs. Le premier, totalement caricatural et dévastateur, prenait pour cible Ehud Ya’ari, commentateur de télévision expérimenté, spécialisé dans les questions diplomatiques et militaires, et dont le moins qu’on puisse en dire est qu’il ne raffole pas de Yasser Arafat. Dans l’article, cet observateur, généralement sensé et bien informé, était accusé de nourrir une antipathie pathologique qui lui ôtait le droit de traiter des affaires palestiniennes en tant que commentateur professionnel.

Le deuxième article était consacré à des interviewes de mères palestiniennes; mais au lieu de leur demander pourquoi elles envoyaient leurs enfants en bas âge à la mort - ou du moins pourquoi elles ne les empêchaient pas d’y aller - l’auteur tirait, de leur témoignage d’abnégation désintéressée, une leçon profonde et déchirante à laquelle les femmes israéliennes en particulier devraient prêter attention.

Dans le troisième article, des pilotes qui avaient pris part à l’attaque d’hélicoptères contre les postes généraux de la police palestinienne, après le lynchage des soldats israéliens à Ramallah, étaient invités à faire part de leurs sentiments; ils ont dûment exprimé leur remords pour toutes les blessures qui pouvaient avoir été causées à des civils. (Comme la plupart des citoyens des pays démocratiques modernes, les Israéliens ont une véritable horreur de la guerre et de tuer au combat.)

Même l’armée semble manquer de conviction pour se justifier, renforçant ainsi l’impression qu’Israël est en tort et sur la défensive. Au cours d’un point de presse, un général de haut rang a écarté la possibilité que quoi que ce soit d’efficace puisse être fait pour décourager l’agression arabe. Le problème, selon lui, est technique: des civils palestiniens sont mêlés aux hommes en armes et, jusqu’ici, l’armée n’a rien pu faire pour venir à bout de cette tactique particulière de combat. A aucun moment il n’a affirmé, au profit des journalistes rassemblés, que (indépendamment de ces questions pratiques), Israël avait le droit d’absolu de se protéger de la violence exercée contre ses citoyens et ses soldats. En revanche, les porte-parole palestiniens comme Hanan Ashrawi, ou Ziad abu Ziad et Saeb Erekat, ne manquent jamais une occasion de préciser, dès le début de leurs interventions: c’est notre terre, et uniquement la nôtre, et les Juifs qui l’occupent utilisent la force armée contre un peuple sans armes.

A ce propos, ce qui précède peut aider à expliquer - sans toutefois l’excuser -, l’habitude croissante, qu’a la presse, de considérer la totalité d’Israël comme un territoire contesté, sans parler de son manque total d’intérêt pour les efforts douloureux, et finalement inutiles, d’Israël, au cours des dernières années, pour faire des concessions territoriales à Arafat et à l’OLP. Par exemple, le fait qu’aux dernières négociations de Camp David, Barak ait offert 92 pour cent de la Cisjordanie, une partie considérable de Jérusalem, et une formule pour le contrôle international du Mont du Temple, semble avoir peu contribué à modifier l’impression que "l’occupation", par Israël, de terres qui sont arabes de longue date, n’est pas le résultat fortuit de circonstances historiques particulières, mais un trait inné et caractéristique de l’Etat juif, qui, en sa totalité, est établi sur "un territoire palestinien conquis".

Dans cette version de l’histoire, telle qu’on la voit de l’hôtel de la Colonie Américaine, est occultée la réalité qui est que Jérusalem est la capitale bien établie de l’Etat d’Israël, et que l’hébreu, et non l’arabe ou l’anglais, est la langue dominante dans ses rues. Comme aiment le dire les Palestiniens, c’est seulement "dans la tradition juive" - comprenez: dans l’imagination des Juifs - que le Mont du Temple est l’emplacement où étaient situés le premier et le second Temples. C’est par de telles tromperies sémantiques rampantes, tout comme [celles qui figurent] dans les manuels qu’étudient les enfants palestiniens, que la légitimité historique de la présence juive à Jérusalem et Israël lui-même deviennent matière à contestation. Il est difficile de croire que les efforts d’Israël pour justifier ses actes devant l’opinion mondiale - si nécessaires qu’ils soient, et si faibles et apologétiques qu’ils aient pu être - puissent changer le fond de l’affaire, en tout cas pas à court terme. Et il n’est pas seulement question d’une profession, la presse mondiale, dont les positions sont presque toutes uniformes. La vérité est qu’Israël, en tant qu’Etat juif, est également l’objet d’une forme contemporaine d’antisémitisme, qui, pour être masqué, voire inconscient, n’en est pas moins réel. (La négation arabe de l’Holocauste, plus violente et vulgaire que n’importe quoi de similaire en Occident, est rarement - si ce n’est jamais - évoquée dans les principaux médias.)

Et il y a autre chose encore: une observation en profondeur des régimes arabes, et tout d’abord et avant tout, de celui des Palestiniens eux-mêmes, serait tout bonnement par trop dérangeante. Car ce que l’on risque d’y trouver, ce sont des mesures disproportionnées de fanatisme religieux et/ou politique, de la brutalité, de la corruption, des mensonges, de la manipulation, et un culte, soigneusement entretenu, du sentiment d’être victime, qui permet de trouver des raisons à toute cruauté. Dans les rues et aux points de contrôle, au milieu des jeunes et ardents jeteurs de pierres, qui affrontent la force armée de "l’agresseur israélien", il est possible qu’un journaliste oublie d’aussi discordantes réalités.

À la Colonie Américaine, cela va sans dire, on ne leur permet jamais de jeter le trouble.


© Fiamma Nirenstein *, Contemporary Magazine, 2001.


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* Fiamma Nirenstein, journaliste italienne, correspondante, en Israël, du quotidien La Stampa, et de l’hebdomadaire Panorama, est l’auteur de "Israël: la paix en guerre". Le présent article a été traduit de l’italien [en anglais] par Rachel Donadio.



Article remis en tête de liste le 21/01/05