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Menahem Macina

Après la prétendue frappe armée d’Israël, voici la vraie frappe, médiatique, d’Enderlin, M. Macina

15/06/06
 
Billet d’humeur
 
On se souvient des dégâts médiatiques, immenses et irréversibles, causés à l’image d’Israël par le reportage de Charles Enderlin, l’inénarrable correspondant de France 2 en Israël, sur le mitraillage – réel ou mis en scène – de l’enfant Al-Dura, au début de la seconde Intifada.
 
Suite aux remises en question dont ce document vidéo et la crédibilité du journaliste ont été l’objet dans la presse, Enderlin est devenu prudent. Ce qui ne l’empêche pas de produire, de temps à autre, des reportages, dont le moins qu’on puisse en dire est qu’ils ne manquent pas une occasion de mettre en exergue des faits – réels, ou revus et corrigés – montrant Israël sous un jour défavorable (1).
 
Et voilà qu’il récidive, lors du JT 20 h de France 2, le 13 juin. Dans son reportage sur la situation explosive dans les territoires palestiniens, spécialement à Gaza, Enderlin en vient au libelle, encore brûlant, du carnage du 9 juin sur la plage de Gaza. Après avoir rediffusé les inévitables images de la fillette se roulant de désespoir près du cadavre de son père, sur le sable de la plage, suite à la prétendue frappe militaire israélienne, Enderlin y va de sa frappe médiatique à lui, objective, en apparence, mais subtilement conçue pour orienter l’attention de l’auditeur en direction de l’habituel suspect : Israël. Voici le commentaire de la partie de son reportage afférente à cet événement :
« Ce soir, l’armée israélienne rejette toute responsabilité dans cette tragédie. Selon les résultats d’une enquête interne, l’explosion ne serait pas due à un obus, mais à une charge ou une mine déposée par le Hamas. »
Et Enderlin de poursuivre, en illustrant son propos d’une brève séquence, où l’on peut voir un homme brandissant un morceau d’engin explosif, de la tribune où il intervenait au cours d’une conférence de presse :
« A Gaza, l’expert d’une ONG américaine, a affirmé, au contraire, qu’il s’agissait bien d’un obus israélien de 155 mm, il a même montré un shrapnel qu’il aurait trouvé sur place. » (2)
 
Et voici la dernière phrase de ce chef-d’œuvre :
« En l’absence d’une enquête en bonne et due forme et indépendante (3), ce sera aux opinions publiques de trancher entre ces deux versions. »
Oui, vous avez bien lu : selon Enderlin, l’instance ultime à laquelle incombe la redoutable charge de déterminer la vérité des faits, c’est l’opinion publique !
 
Outre que l’on voit mal comment cette opinion publique se matérialise et par le truchement de quel organe crédible et représentatif elle se manifestera, ou encore comment on pourra lui demander des comptes, voire remettre en cause son verdict, une telle instance, apparaît, jusqu’à plus ample informé, comme un tribunal du peuple ectoplasmique, et donc sans représentants.
 
A moins que… comment n’y avais-je pas pensé plus tôt ?...
 
A moins que les opinions publiques, dont parle le would-be Pulitzer de France 2, soient, en fait, des journalistes-Torquemada, dont les libelles inquisitionnels, diffusés et ressassés sur les ondes du monde entier, deviendront, dans un avenir plus ou moins prochain, les articles de foi de la doctrine droit-de-l’hommiste philopalestinienne, préfabriquée et proclamée urbi et orbi, du haut de la chaire de vérité médiatique, pour des public décervelés qui ne veulent pas la paix, mais qu’on leur foute la paix.
 
Il suffira de jeter en pâture à ce public - digne de celui des jeux cruels du cirque romain - un peuple israélien bouc-émissarisé, dont les citoyens, seront alors traités comme les oeufs de l’omelette qu’entrevoyait un grand penseur juif, en ces termes (4):
 
Rendre l’humanité juste, heureuse, créatrice et harmonieuse à tout jamais:
quel prix ne serait-on pas prêt à payer pour cela?
Pour faire une telle omelette, il n’existe certainement pas de limite
au nombre d’œufs que l’on peut casser."
 
 
Menahem Macina
 
Notes
 
(1) Voir, entre autres : "L’insincère et les serres" : énième plaidoyer pro-palestinien de Charles Enderlin"; "Enderlin, dénigreur de son peuple : 1. Reportage sur l’échec d’une immigration" ; "Enderlin, dénigreur de son peuple : 2. Reportage sur la pauvreté en Israël".
(2) Notez bien qu’il nous est demandé de croire sur parole ce témoin - forcément au-dessus de tout soupçon, puisqu’il fait partie d’une ONG de défense des droits de l’homme. Qui pourra prouver ou infirmer l’affirmation selon laquelle le fragment d’engin qu’il brandit a bien été ramassé sur la plage de Gaza ? Et mieux vaut ne rien dire de sa provenance. Qui pourra le dater et en retracer l’origine ? Même le fait de l’avoir trouvé sur la plage, s’il pouvait être établi avec certitude, ne nous dirait pas s’il provient effectivement d’un engin israélien, ni, si c’est le cas, quand est tombé cet engin. Etc., etc.
(3) Pour celles et ceux qui n’auraient pas compris, cette remarque incidente – bien dans le style retors du journaliste -, dit l’essentiel : Ne vous fiez surtout pas aux résultats de l’enquête de Tsahal. En effet, outre qu’elle n’a pas été faite "en bonne et due forme" (c’est quoi, au fait, "en bonne et due forme", dans ce cas de figure ?), elle n’est pas "indépendante" – comprenez, Tsahal l’a faite unilatéralement. Le "spécialiste incontesté du Moyen-Orient" - comme l’a qualifié le dithyrambe d’un flagorneur ignorant -, a "omis" de préciser que Tsahal n’avait pas le choix, puisque ses propositions d’enquête conjointe avec l’Autorité Palestinienne se sont heurtées à un refus, et que la commission d’enquête israélienne n’a eu aucun accès à quelque pièce à conviction que ce soit, ni même aux lieux du drame.
(4) Extrait de : Isaiah Berlin, Le bois tordu de l’humanité. Romantisme, nationalisme et totalitarisme. Bibliothèque Albin Michel, Paris, 1992, p. 26. A ce propos, je me permets de renvoyer à l’un de mes billets d’humeur, intitulé "Le prix de l’omelette", d’abord mis en ligne sur le site de CJE, en avril 2000, et reproduit sur upjf.org, en 2004.
 
 
Mis en ligne le 15 juin 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org