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Israël (Société - mentalités)
Israël (diabolisation d')

Des Juifs en état de siège, un appel à l’action, Ch. Jacobs et S. Klarman
20/06/2006

16 juin 2006
 
Texte original anglais : "Jews Are Under Siege: A Call For Action", sur le site du David Project Center for Jewish Leadership.
 
 
Traduction française : Menahem Macina
 
 
Un flot d’événements stupéfiants est en train d’opérer un bouleversement radical dans la conscience juive. De plus en plus, des Juifs sentent que notre situation a considérablement changé, et en pire.
 
Parmi ces événements : les menaces nucléaires de l’Iran et la négation de l’Holocauste, la victoire électorale du Hamas, la torture et le meurtre de Ilan Halimi, à Paris, par une bande de musulmans, la "découverte", par un doyen de faculté américaine, que les Juifs conspirent réellement pour prendre le contrôle du Congrès et de la politique étrangère américaine, au bénéfice d’Israël et au détriment des intérêts américains, ainsi que le boycott universitaire britannique.
 
Pour beaucoup, tout ceci démontre qu’un nouvel assaut est en cours contre les Juifs dans le monde. L’hostilité est fondée sur une haine d’Israël, intense et unique en son genre, et un profond ressentiment envers ses partisans, et s’accompagne d’une volonté croissante de recourir à la violence.
 
Comme si, par une coïncidence exceptionnelle, deux idéologies universelles, ayant leur source dans des critiques radicales, distinctes, de l’Occident, faisaient subitement front contre nous :
 
1. Un antisémitisme islamique. Alimentée par les pétrodollars et le fanatisme révolutionnaire iranien, une campagne mondiale enseigne à des centaines de millions de musulmans, dans les mosquées et les écoles islamiques, que les Juifs sont les descendants de singes et de porcs, et que les tuer est une action sacrée. Le réseau Internet et la télévision améliorent le message : des documentaires dramatiques, en Iran, Egypte et Jordanie, dépeignent les Juifs comme des gens qui récoltent les organes d’enfants musulmans, tuent des non-Juifs pour confectionner des matsot, et complotent pour dominer le monde.
 
Le poison atteint les musulmans qui vivent en Occident. Des Juifs d’Europe sont pris à partie et violemment agressés dans les rues, en des termes qui n’ont rien à voir avec la rhétorique d’une société policée. En Amérique, la Maison de Justice a dit au Congrès qu’elle avait trouvé, dans des mosquées partout en Amérique, des brochures de haine à l’encontre des Américains et des chrétiens, mais surtout des Juifs.
 
2. En Occident, le "palestinisme" – l’idée selon laquelle un peuple autochtone innocent est victime d’une oppression insensée et cruelle de la part des Juifs d’Israël (qui devraient avoir plus de discernement) - menace de devenir l’opinion courante. Il est à la base d’une offensive des radicaux occidentaux contre le sionisme, l’autodétermination nationale juive et, par extension, contre les Juifs, en tous lieux. L’oppression d’un peuple arabe par des Occidentaux est, pour l’extrême gauche, plus importante que les massacres, la réduction à l’esclavage, les décapitations, les attentats à l’explosif et le nettoyage ethnique, perpétrés des Arabes et des musulmans, de Londres au Soudan, d’Espagne à l’Indonésie. Tout cela est considéré par ces radicaux comme des désordres provenant du mal sioniste, plus grave, voire comme causé par lui.
 
Enracinés dans des critiques distinctes de l’Occident, l’islam et la gauche radicale sont maintenant alliés, en Europe et, de manière croissante, en Amérique, dans certains segments du corps professoral, des médias, de la communauté des droits de l’homme, et parmi les dirigeants de certaines églises protestantes.
 
Aux Etats-Unis, les Juifs s’inquiètent de ce qu’un mouvement de haine anti-israélienne ait pris racine sur les campus, et des organisation juives ont vacillé, l’été dernier, quand cinq principales confessions protestantes ont adopté des résolutions anti-israéliennes. La plupart des Juifs ignorent encore jusqu’à quel point des textes d’établissements publics d’enseignement supérieur - et leurs professeurs – nient la légitimité d’Israël.
 
L’antisémitisme est un virus qui change de forme. De nos jours, en Occident, l’hostilité envers les Juifs a peu à voir avec les haines familières envers le judaïsme et la "race" juive. L’antipathie d’aujourd’hui fait d’Israël "le Juif", et de ses "crimes", les "crimes juifs" de jadis : le meurtre de l’innocent, le vol (de terre, cette fois), l’arrogance, et la mainmise sur les affaires, la finance, le gouvernement et les médias, par des cabales internationales. Comme auparavant, les "crimes juifs" se distinguent comme un mal unique, voire cosmique. Et comme tel, ils méritent une punition.
 
Nous avons été pris au dépourvu ; nous sommes dans la confusion. La haine arabe et musulmane envers le Juif a été interprétée, à tort, comme des "propos de ruisseau" qui se dissiperaient quand Oslo aurait amené la paix. Mais, en réalité, la haine du Juif est le moteur du djihad universel. Nous sommes déconcertés par la nouvelle espèce d’adversaires occidentaux. Après des siècles d’attaques perpétrées par des brutes, des ignares, des allumés de droite, des antisémites chrétiens, l’antagonisme envers la collectivité juive est maintenant provoqué par des moralistes à la voix suave et aux idéaux élevés, par des "anti-racistes" – dont certains des plus distingués sont des Juifs. Programmés à nous défendre contre des voyous qui hurlent : "youtre", nous sommes, en fait, attaqués par des professeurs d’université – un ennemi beaucoup plus insidieux, aujourd’hui – qui nous reprochent d’encourager "l’immoralité".
 
Personne ne veut croire que, soixante ans après l’Holocauste, une nouvelle tempête menace les Juifs partout. Mais la réalité ne peut être éludée, ni minimisée. Déconcertés, leurs défenses abattues, les Juifs doivent envisager le profond impact que causerait la perte de la bataille idéologique qui pourrait détruire l’Etat juif. Ces temps nouveaux exigent des dirigeants courageux et talentueux, capables de comprendre ces nouvelles réalités et de créer des stratégies pour vaincre les plus récentes diffamations basées sur une représentation diffamatoire du conflit arabo-israélien.
 
Ces dirigeants, donneront, comme il se doit, la priorité à la menace ; ils nous convaincront de laisser de côté nos furieux débats gauche-droite et nous apprendront à défendre la cause fondamentale d’Israël – de la gauche aussi bien que de la droite. Ils recueilleront l’appui de non-Juifs et feront une claire distinction entre amis et ennemis. Plus important : ces nouveaux dirigeants nous diront courageusement et inlassablement la vérité sur notre nouvelle situation, et mobiliseront nos talents et nos ressources pour cette tâche.
 
Si les dirigeants juifs actuels – dans ce pays qui a été si bon pour le peuple juif – ne peuvent, ou ne veulent pas faire cela, alors, ce peuple, peu nombreux mais bourré de talent, devra se trouver d’autres dirigeants. Car, sur ce point, la communauté juive ne peut, ni ne doit faillir.
 
 
Charles Jacob et Seth Klarman *
 
* Respectivement président et directeur du David Project Center for Jewish Leadership.
 
© David Project Center for Jewish Leadership
 
[Texte anglais aimablement signalé par le professeur Richard Landes.]
 
Mis en ligne le 20 juin 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org