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Christianisme

Le site chrétien ’Un écho d’Israël’ réfute une désinformation
18/08/2004

Sous le titre "Désinformation encore et toujours", Jean-Marie Allafort et Michel Remaud, respectivement journaliste et religieux enseignant catholiques, qui vivent et travaillent tous deux en Israël, réfutent les assertions du journal La Croix qui présentent la politique d’Israël en matière de visas pour les membres du clergé comme volontairement vexatoire et visant à les empêcher de séjourner en Israël, ou à leur rendre la chose la plus difficile possible. Merci à "Un écho d’Israël" * de nous avoir autorisés à reproduire les deux excellents textes qui suivent. Notons que l’ambassadeur d’Israël près le Saint-Siège, Oded Ben-Hour, avait réagi au caractère partiel et partial des critiques de La Croix, par une lettre, que le quotidien catholique n’a pas cru bon de publier. Voir "Pas de relations tendues entre Israël et le Vatican". Menahem Macina

* Pour faire connaissance avec ce site, lire ’Un Echo d’Israël’: des chrétiens qui y vivent en parlent bien.

www.afiq.net/echo/article.php3?id_article=299

« Faire des livres est un travail sans fin », disait Qohélet. Que dirait-il aujourd’hui de la lutte contre la désinformation ?


Dans le quotidien La Croix du 9 juin 2004, on trouve sous le titre : « Israël-Vatican, des relations tendues » un certain nombre d’assertions dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles ne se signalent pas par la rigueur de l’information. « Aujourd’hui, peut-on lire dans cet article, les relations entre le Saint-Siège et Israël sont en crise. [...] L’Église catholique, comme les autres confessions chrétiennes, est en butte depuis trois ans à de multiples tracasseries qui semblent avoir pour objectif de paralyser son action. Ainsi le refus de renouveler les visas du clergé étranger a-t-il d’une part empêché les séminaristes arabes, jordaniens notamment, de rejoindre leur séminaire à Jérusalem, et d’autre part, empêché les religieux et religieuses étrangers de sortir du pays, assurés qu’ils sont de ne plus pouvoir y revenir. »

Il est exact que des religieux ou séminaristes originaires de pays arabes ont essuyé des refus de visas, et on doit le déplorer, mais ce n’est pas le cas de l’ensemble du « clergé étranger », contrairement à ce qu’affirme l’article. Les visas de la catégorie A 3, accordés aux religieux, sont généralement renouvelés tous les deux ans (nous sommes bien placés pour le savoir). Si aucun visa n’avait été renouvelé depuis trois ans, il n’y aurait plus guère de religieux étrangers en Israël ! Lorsque le visa comporte un permis de sortir du pays et d’y revenir, ce qui est la règle générale, l’usage de cette faculté n’est soumis à aucune restriction. Il y a eu des cas regrettables de non-renouvellement de visas, mais il n’est jamais arrivé, à notre connaissance, qu’un religieux muni d’un visa en règle se voie dans l’impossibilité d’utiliser son billet de retour après avoir quitté le pays pour un voyage à l’étranger. En revanche, il est arrivé, nous le savons, que des religieux dont le visa était expiré et n’était pas encore renouvelé, par suite des grèves au ministère de l’Intérieur, aient obtenu quand même l’autorisation de faire un voyage dans leur pays pour des raisons familiales et d’en revenir sans problèmes. Prétendre que « les religieux et religieuses étrangers » qui quittent le pays seraient « assurés [...] de ne plus y revenir » relève moins de l’information que de l’affabulation.

Plus loin, on peut lire que « les institutions chrétiennes se voient présenter des avis d’impôts très importants ». Veut-on nous faire croire que les communautés religieuses seraient écrasées d’impôts ? En réalité, les communautés bénéficient d’importantes exonérations : elles ne paient, ni impôts locaux, ni impôts fonciers (alors que beaucoup d’entre elles sont propriétaires de vastes domaines) et ne paient pas non plus d’impôts sur le revenu, sauf quelques-unes - rares - dont les activités sont constituées en sociétés. Pour les communautés et institutions d’origine française, dont plusieurs gèrent certaines de ces œuvres sociales et caritatives dont parle l’article de La Croix, ce privilège a été octroyé par les Turcs (accord de Mytilène en 1901, accord de Constantinople en 1913) et confirmé par Israël en 1949. Le lecteur peut vérifier par lui-même cette information sur le site du Consulat général de France à Jérusalem, www.consulfrance-jerusalem.org/, où il découvrira que trente-huit de ces communautés officiellement francophones bénéficient de ces privilèges, pour la seule circonscription consulaire de Jérusalem. La plupart des communautés religieuses bénéficient de privilèges diplomatiques et douaniers : possibilité de s’approvisionner dans les centres d’achat réservés aux diplomates, d’utiliser des véhicules à plaques d’immatriculation diplomatiques, d’utiliser du carburant détaxé, etc.

On ne se permettra pas de porter un jugement de valeur sur la conscience professionnelle du journaliste. Si les chroniqueurs de presse n’ont pas de contact personnel direct avec la réalité qu’ils décrivent, il est probable qu’ils utilisent des dossiers ou qu’ils font appel à des témoignages. Le choix des témoins, d’ailleurs, n’est pas forcément neutre. Mais ils devraient au moins être conscients de l’autorité qu’exerce l’imprimé sur l’esprit de beaucoup de lecteurs, pour qui ce qu’on a « vu dans le journal » a valeur de dogme. L’article de La Croix amalgame vérités, inexactitudes et affirmations erronées. On n’ira pas jusqu’à parler de mensonges, ce qui impliquerait un jugement moral sur l’auteur de l’article ; mais le résultat sur les lecteurs sera le même et, comme par hasard, il confortera les accusations injustes dont Israël fait quotidiennement l’objet. Pourquoi se trompe-t-on toujours dans le même sens ? Vaste question.

Michel Remaud

**********

Yves Pitette, dans un article publié dans le journal La Croix, dresse un bilan des relations entre le Vatican et Israël tout en annonçant la reprise des négociations entre les deux Etats. Le ton y est particulièrement peu bienveillant pour Israël.

On apprend que « Jean-Paul II n’avait en rien été mêlé au complexe dossier diplomatique proche-oriental. Il arrivait avec à la fois une connaissance personnelle du monde juif, fréquenté dans son enfance, et la certitude de l’urgence de résoudre un problème qui contribuait à l’entretien d’un mauvais climat entre catholicisme et judaïsme. Il alla très vite. » Ainsi, le Pape aurait agi avec précipitation en reconnaissant Israël 45 ans après sa création, et 14 ans après sa propre élection ! On peut s’étonner d’une telle assertion quand on connaît l’histoire tourmentée des relations entre Israël et le Saint-Siège depuis Ben Gourion. S’il y a bien un sujet sur lequel on ne peut accuser l’administration vaticane de précipitation, c’est bien celui-là.

« Dix ans après, l’environnement et le climat politiques ont beaucoup changé. Aujourd’hui, les relations entre le Saint-Siège et Israël sont en crise », affirme notre auteur, en donnant des exemples précis pour illustrer son constat. Israël est, bien sûr, le seul responsable de cette détérioration de la situation. L’Eglise n’est évidemment responsable de rien.

Nous avons déjà évoqué les problèmes des visas pour les chrétiens (et pas seulement pour les clercs et les religieux) qui désirent séjourner en Terre Sainte. Ce n’est pas seulement regrettable, c’est tout simplement condamnable et nous devons le dénoncer haut et fort. Mais il ne s’agit pas, comme l’affirme l’article, d’une politique calculée contre les chrétiens ou d’une ’vengeance’ de Sharon parce qu’il verrait dans « l’Église catholique une alliée des Palestiniens ». Soyons clair : le Premier ministre d’Israël a d’autres préoccupations que celle de la minorité chrétienne qui, il faut bien l’admettre, n’a quasiment aucune influence sur la vie du pays ou sur la politique internationale. Il est peut-être difficile de l’admettre, mais les chrétiens en Israël, qui n’ont aucun représentant élu à la Knesset, sont en marge de la société et n’inquiètent absolument pas les politiques ni les responsables civils.

La majorité des ministres du gouvernement actuel seraient bien incapables de vous dire quel patriarche ou évêque est à la tête de quelle Église, en dehors, peut-être, du patriarche orthodoxe de Jérusalem, dont l’Église est un des propriétaires terriens les plus importants d’Israël.

Ce n’est sans doute pas glorieux à dire, mais le sort des chrétiens en Israël est aux mains de fonctionnaires subalternes qui décident, en maîtres tout-puissants, qui peut recevoir un visa et quand il peut le recevoir ; et non dans celles du chef du gouvernement. Cette situation, rappelons-le, ne touche d’ailleurs pas seulement les chrétiens, mais les non-juifs en général.

« L’accord fiscal conclu avec l’Église catholique n’est pas appliqué et les institutions chrétiennes se voient présenter des avis d’impôts très importants. Or les seuls catholiques gèrent plus de 150 institutions dont des hôpitaux, des écoles ou des maisons de retraite. »

Je ne sais d’où notre auteur tient son affirmation, mais elle est fausse. L’État d’Israël est un paradis fiscal pour les Églises et les communautés religieuses, qui ne sont jamais contrôlées par les autorités et ne doivent rendre des comptes qu’à Dieu. Il n’est pas exagéré de parler de dizaines de millions de dollars qui échappent au contrôle du fisc israélien chaque année et de dire que personne n’ose s’attaquer à ce sujet. Si Israël voulait persécuter les chrétiens, comme le sous-entend l’article, il lui suffirait de supprimer l’exonération d’impôts dont jouissent les Eglises et les communautés religieuses. La faillite serait garantie immédiatement.

Si les négociations entre les deux États ont cessé, c’est justement parce qu’Israël voulait plus de transparence financière et ne voulait pas reconduire automatiquement, pour tous les cas de figure, les exemptions d’impôts. Les négociateurs catholiques de l’époque, dont certains étaient connus pour leur manque de sympathie envers Israël, ont préféré l’arrêt des pourparlers. Il est donc injuste de charger Israël unilatéralement, une fois de plus. Les torts sont partagés.

Des privilèges diplomatiques à la distribution gratuite d’arbres de Noël aux communautés chrétiennes, Israël est sans doute l’un des pays du monde qui accordent autant de privilèges aux communautés chrétiennes.

Jean-Marie Allafort


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Réaction d’une lectrice de cet article

3 juillet 2004, par Marie Françoise Marcopoli

MERCI mille fois pour votre article sur la désinformation que nous subissons en France. Cet article, lu dans la CROIX m’avait énormément déçue, surtout venant de ce journal de confiance !... Que d’injustices on fait porter au peuple Juif... et celà me peine beaucoup...
Encore MERCI d’avoir eu le courage de dénoncer haut et fort tant d’injustices, et aussi MERCI pour vos informations, si bonnes, que je lis avec joie à travers "Un ECHO D’ISRAËL"

M.F. M. ( Paris)

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© "Un écho d’Israël"

Mis en ligne le 18 août 2004 sur le site www.upjf.org.