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Islam

Porter le voile c’est se conformer à une prescription religieuse
14/10/2003

fr.news.yahoo.com/031012/202/3fw8a.html

BAGNOLET (AFP) - Le conseil français du culte musulman (CFCM) a proposé sa médiation dimanche dans les affaires de voile islamique à l’école dont il a souligné que les jeunes filles qui le portent se conforment à "une prescription religieuse".

Le conseil d’administration du CFCM, réuni pour la première fois depuis l’assemblée générale constitutive de l’instance musulmane au printemps dernier, a déclaré vouloir être consulté ès qualités dans le débat sur la laïcité et sur les signes religieux à l’école. Il a regretté l’exclusion des deux lycéennes d’Aubervilliers en estimant dans un communiqué que "tous les moyens de conciliation n’ont pas été épuisés".

Lhaj Thami Breze, président de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) qui préside en outre le conseil régional Ile-de-France/Centre du culte musulman, a indiqué qu’il avait proposé sa médiation à Alain Levy, le père d’Alma et Lila, les deux élèves du lycée Henri Wallon exclues vendredi pour port de signes religieux ostentatoires.

Samedi, après avoir rendu visite aux membres du CFCM, le ministre de l’Intérieur avait estimé que le conseil de discipline du lycée avait pris une décision "souveraine" et souligné que les règles de laïcité "s’imposent à tous". "Parmi ces règles, il y a le refus du prosélytisme et du caractère ostentatoire", avait ajouté Nicolas Sarkozy.

Dans son communiqué, le CFCM "demande avec force l’application du principe de laïcité et l’avis du conseil d’Etat de 1989" selon lequel le port du voile à l’école ne constitue pas à lui seul un motif de sanction.

Le CFCM a estimé qu’il ne lui revient pas de demander aux élèves de s’abstenir de porter le voile puisque "le port du foulard est une prescription religieuse".

Le CFCM n’a pas retenu la suggestion de l’UOIF de préciser également dans le communiqué que le port du voile relève de la liberté individuelle.

Il ne va pas non plus militer pour l’adoption du bandana plus discret puisque, selon Dalil Boubakeur, son président, "tout signe peut être qualifié d’ostentatoire" et que "le bandana se heurte aujourd’hui au même problème que le voile dans de nombreux établissements". Selon Fouad Alaoui, secrétaire général de l’UOIF, de nombreuses sanctions sont actuellement décidées contre des élèves portant le bandana.

M. Boubakeur a estimé que légiférer pour interdire le voile à l’école serait "une erreur profonde" et a demandé que le CFCM ou les conseils régionaux soient sollicités à chaque affaire de voile.

"Il y a un problème de nature identitaire profonde chez ces jeunes, et si elles doivent bien s’imprégner de la laïcité, il faut aussi que la société française fasse l’effort de comprendre", a-t-il dit.

Le CFCM estime ne pas avoir été "associé au débat national sur la laïcité" malgré l’audition de M. Boubakeur et de M. Alaoui par la commission indépendante présidée par Bernard Stasi et la mission de l’assemblée nationale sur les signes religieux à l’école.

Il déclare en conséquence "se mettre à la disposition des pouvoirs publics pour contribuer à ces débats et apporter tout éclairage nécessaire à l’enrichissement des réflexions en cours".

Par ailleurs, le CA du CFCM a décidé la mise en place de onze commissions (organisation, juridique, imams, communication, aumônerie, halal, pèlerinage, finances, aïd el kebir, enseignement, dialogue interreligieux).

Il a également fixé au 25 octobre la nuit du doute (durant laquelle est fixé le premier jour du ramadan).

© AFP et Yahoo-France

[Texte aimablement transmis par M. Ibn Guadi.]

Mis en ligne le 14 octobre 2003 sur le site www.upjf.org