Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Éditorialistes
Menahem Macina

Le sort de l’opération israélienne à Gaza dépend d’enjeux internationaux, M. Macina
03/07/2006

03/07/06
 
 
Les spéculations vont bon train, en Israël, sur la possibilité que, malgré les démentis énergiques du gouvernement israélien, se déroulent, en coulisse, des tractations sur les modalités d’une libération de prisonniers palestiniens, en échange de la remise de l’otage israélien, Guilad  Shalit.
 
Mais l’enjeu politique est de taille. Loin d’être une question d’honneur, le refus israélien de céder, jusqu’ici, à ce qu’il faut bien considérer comme un chantage ignoble, découle d’une analyse de la situation, selon laquelle l’acceptation par Israël d’un tel marché encouragerait les terroristes à se livrer à de nouveaux enlèvements et ne mettrait certainement pas fin aux tirs incessants de missiles Qassam contre le territoire d’Israël.
 
Les spéculations vont également bon train concernant les intentions réelles qui ont présidé au lancement de l’opération "Pluies d’été". Selon certains commentateurs, l’échelon politique admettrait que ce plan a un objectif plus stratégique: l’affaiblissement, voir l’effritement, du gouvernement du Hamas.
 
Mais cette situation a des conséquences beaucoup plus graves, dont les implications pourraient déboucher dans une crise internationale majeure. En effet, la nervosité de l’ONU est de plus en plus palpable. Témoin cette déclaration du Secrétaire général de l’Organisation, lors d’une conférence de presse donnée en marge du 7ème sommet de l’Union africaine (UA), qui s’est tenu du 1er au 2 juillet à Banjul : "Je reste très préoccupé par la nécessité de préserver les institutions et les infrastructures palestiniennes. Elles seront la base d’une éventuelle solution à deux Etats, ce qui est dans l’intérêt des Israéliens comme des Palestiniens". Annan a clairement laissé entendre qu’il estimait inopportune la poursuite, par Israël, d’actions qu’il estime susceptibles d’avoir un effet contraire à celui escompté. 
 
C’est dire qu’il apparaît comme de plus en plus probable qu’à plus ou moins brève échéance, la communauté internationale s’oppose fermement à la poursuite de l’opération israélienne. L’affaire risque même d’être portée rapidement devant le Conseil de Sécurité, comme le demandent instamment nombre de pays arabes et non arabes. Pour l’instant, il semble que seul un veto américain probable empêche l’ONU d’inscrire immédiatement cette question à l’ordre du jour du Conseil de Sécurité.
 
Comme ce fut le cas en plusieurs circonstances, dans le passé, la marge de manœuvre israélienne dépend du moment où l’Oncle Sam décidera de siffler la fin de la partie.
 
D’où il ressort que le sort des armes sera probablement politique et non militaire.
 
Menahem Macina
 
© upjf.org
 
Mis en ligne le 03 juillet 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org