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Une vision lucide de l'Amérique, Robert Pingeon
26/06/2003

Le Figaro, 26 juin 2003

A propos du livre de Guy Millière, «Ce que veut Bush»
www.lefigaro.fr/debats/20030626.FIG0018.html

Bien intentionnés ou non, les critiques français ont parlé sur un fond de stéréotypes
En tant qu'Américain vivant en France depuis de nombreuses années, je n'ai cessé d'être frappé par le foisonnement presque infini des critiques émises par les Européens à l'encontre des décisions prises par le gouvernement de mon pays.

Parfois, ces critiques ont pris la forme d'une hostilité frontale, parfois elles ont eu plutôt l'allure d'une imploration exaspérée. Certains des auteurs des critiques m'ont semblé bien intentionnés, d'autres m'ont paru porteurs de sentiments plus néfastes, mais tous ont parlé sur un fond de désinformation et de stéréotypes. Et, faut-il le préciser, cela n'a pas commencé avec George W. Bush.

Quand je suis arrivé en France, en 1985, j'ai «appris» soudain que le plan Marshall était considéré par certains comme une «conspiration fomentée par les capitalistes américains pour ouvrir les marchés européens» et y écouler biens et services made in USA. «Il est certain», m'ont concédé divers interlocuteurs, «que l'aide américaine a contribué à la reconstruction de l'Europe», mais, ont-ils ajouté aussitôt, «c'était dans l'intérêt des Américains que l'Europe se redresse». Et la notion de «défense de ses intérêts» par l'Amérique a ainsi été utilisée pour jeter l'ombre du soupçon sur ce qui reste l'une des plus grandes actions d'aide humanitaire des temps modernes.

Plus tard, j'ai «appris» que la doctrine Reagan, qui avait pour but fondamental de disséminer la démocratie en aidant, autant que faire se peut, ceux qui voulaient résister à la tyrannie de gouvernements oppresseurs, était profondément «cynique», «intéressée», et, de toute façon, «ne pouvait pas marcher». L'idée de Reagan, selon laquelle l'Union soviétique était vulnérable, ce qui permettait d'envisager de l'acculer à l'effondrement, était considérée par mes interlocuteurs comme «naïve» et dangereuse. L'Amérique était, à l'époque déjà, aux yeux de l'immense majorité des Européens, le «cow-boy unilatéral» menaçant la paix et la stabilité offertes par la politique de «coexistence pacifique». Le président Reagan a tenu bon, et, par la force de sa volonté et de sa détermination, a provoqué la chute de l'empire soviétique.

Des pays longtemps asservis sont redevenus libres. La Pologne, la Hongrie et quelques autres vont rejoindre bientôt, grâce aux changements ainsi survenus, l'Union européenne. La Roumanie est encore aux portes de l'Europe, mais fait désormais partie de l'Otan. Le succès de Reagan aurait dû faire réfléchir. Cela ne semble pas avoir été le cas. Aujourd'hui George W. Bush est la nouvelle bête noire sur l'écran radar idéologique des critiques éternels des Etats-Unis. Il est le nouveau «cow-boy unilatéral», juché sur une nouvelle monture réputée dangereuse, la «doctrine Bush». Et les classes parlantes d'Europe parlent de lui, ici ou là, comme de la «plus grande menace pour la paix planétaire».

Guy Millière, dans le livre, profond et brillant, qu'il vient de publier, Ce que veut Bush (1), démolit efficacement les sophismes de nombre des critiques de l'Amérique. Il conduit le lecteur dans les méandres de l'histoire contemporaine et de l'actualité la plus brûlante pour montrer que les démocraties qui sont prêtes à maintenir la paix par la force apportent une contribution positive à la situation planétaire. Guy Millière comprend que défendre ses propres intérêts, lorsqu'on est une démocratie et un Etat de droit, ne constitue pas une menace pour les autres démocraties et permet au contraire de préserver et de promouvoir des valeurs qui sont précieuses à tous les êtres humains.

Les gouvernements démocratiques et les peuples libres sont chaque jour davantage menacés par les réseaux du terrorisme, les Etats-voyous et les fanatiques. L'accès aux armes de destruction massive et à d'autres technologies effroyables est de plus en plus facile et pourrait, si nul n'agit de manière ferme, et parfois de manière préventive, faire disparaître notre civilisation et, au-delà, toute forme de progrès humain sur cette terre. Guy Millière analyse cet état des choses sans fermer les yeux, et nous offre, avec Ce que veut Bush, une vision lucide de l'Amérique et de son rôle dans le monde. Il fournit un prisme qui permet de corriger, de manière efficace, une vision gravement déformée, et hélas! persistante, des Etats-Unis d'Amérique et de leur action dans le monde.

© Le Figaro


* Président du Parti républicain américain pour l'Europe (Republicans Abroad).

(1) Guy Millière, Ce que veut Bush, la recomposition du monde, publié aux éditions de La Martinière, 396 p., p. 17


[Une version légèrement différente de ce texte – mis een ligne sur le site les4vérités.com -est déjà parue sur notre site (www.upjf.org/documents/showthread.php?&threadid=4610).]


Mis en ligne le 26 juin 2003 sur le site www.upjf.org