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Antisémitisme
Antisémitisme arabo-musulman

Un missile nommé ’Khaibar’: message incompris des journalistes, M. Macina
30/07/2006

« A Beyrouth, le parti chiite a revendiqué le tir de missiles de type "Khaibar I", un nom jusqu’alors inconnu. "La Résistance islamique a tiré une salve de missiles Khaibar I sur la région d’Afoula, au-delà de (la ville de) Haïfa, inaugurant une nouvelle étape dans la confrontation" avec Israël, a affirmé le bras armé du Hezbollah dans un communiqué. » (Dépêche de la Radio Suisse Romande de ce jour)
29/07/06
 
Contrairement au rédacteur de cette dépêche, intitulée "Liban : le conflit atteint un nouveau palier", le nom de Khaibar (ou Khaybar) n’est pas inconnu des spécialistes du monde arabe. On en comprendra le symbolisme meurtrier, en examinant les photos ci-dessous, et en lisant, à leur suite, les deux articles mis en ligne par mes soins, sur ce thème, en 2000 et en 2003. (Menahem Macina).

I. En images, le missile surnommé "Khaibar I" et son symbolisme
 
Le corps de la bête meurtrière...
                         Photo Amri Eilat pour Ynet
et son symbolisme !
"Khaibar Khaibar * ya sahyouni Jaish Muhammad sa ya ’oud" * 
"Khaibar, Khaibar, les armées de Mahomet arrivent, ô Juif !"
(Inscription peinte sur le mur d’un immeuble, en France.)
 
* Ce slogan, lancé par un imam, a été longuement scandé au cours d’une bruyante manifestation de protestation contre les caricatures de Mahomet, organisée dans le centre de Londres autour des ambassades danoise, norvégienne et française, le 3 février 2006, par une faction d’activistes musulmans, située en Grande-Bretagne et précédemment connue sous le nom de Al Muhajiroun (« Les Emigrants »). Sur cette manifestation, voir "Des slogans meurtriers: une réaction ’caricaturale’ inquiétante".
 
 
 
II. L’Intifada d’Al-Aqsa et la guerre sainte électronique, M. Macina
 
[Ce texte est paru dans The Jerusalem Post, édition française, Jérusalem, semaine du 29 novembre au 5 décembre 2000, p. 10.]

Récupéré du site de CJE.


Malgré les apparences et si inquiétante qu’elle soit, la «Guerre des étoiles» est moins dangereuse pour la paix du monde que certaines entreprises de subversion psychologique planétaire, qui, pour n’être pas nouvelles, ont désormais leur «arme fatale» en l’espèce des médias électroniques en général et des sites Web en particulier. [1]

En effet, jusqu’à il y a peu, l’opinion publique s’alimentait presque uniquement aux sources traditionnelles d’information que constituent la radio, la télévision et la presse écrite, dont la liberté d’expression reste dans les limites de la loi et de la décence, au moins de ce côté-ci de l’Atlantique. Tel n’est pas le cas du Web qui se rit des frontières et des lois des Etats. Et au train où vont les choses, ce média – que l’on croyait réservé aux « branchés » – est en passe de devenir le principal « faiseur d’opinions » et, partant, le vecteur potentiel d’une subversion mondiale aussi incontrôlable que les mafias, le trafic de drogue, le blanchiment d’argent et le terrorisme international. Sans parler de son influence sur les enfants, génies précoces en la matière, mais proies faciles pour la subversion.

En effet, outre du sexe, de la sorcellerie, de la propagande sectaire et néo-nazie, des conseils pour fabriquer des bombes, voler des voitures, se procurer des faux papiers, etc., on trouve, sur le Web, tous les ingrédients d’une désinformation sans précédent à propos des événements du Proche Orient, dont on constate avec effarement qu’ils réveillent les vieux démons de l’antisémitisme et pourraient causer un embrasement de la région. Car il n’est plus seulement question désormais d’une revendication nationale et territoriale palestinienne – dont on peut admettre le bien-fondé –, mais d’une « libération de toute la Palestine du joug sioniste », pour employer un leitmotiv que l’on croyait « caduc », comme l’article de la Charte de l’OLP prônant la destruction de l’Etat d’Israël, à en croire M. Arafat. Pire encore, cette guerre s’est donné une motivation plus dangereuse pour la paix du monde que la politique : la religion. Car c’est bien une guerre sainte pour la « purification de Jérusalem de l’impureté juive » que prêchent les courants fondamentalistes islamiques, qui occupent le devant de la scène et débordent inexorablement un Islam traditionnel modéré, en répandant les incitations à la haine antijuive les plus meurtrières jamais entendues depuis l’époque nazie.

On peut en voir une illustration dans le nom que se donne désormais la lutte palestinienne : «l’Intifada d’al-Aqsa». « Al-Aqsa» est le nom de l’une des deux mosquées construites, au VIIe siècle, sur le mont du Temple. Rappelons brièvement l’origine de cette appellation. Muhammad, le fondateur de l’Islam, avait d’abord essayé de convaincre les Juifs de Médine de se joindre à sa jeune communauté. Pour se les concilier, il avait même décrété que tout Musulman prierait, comme eux, en se tournant vers Jérusalem. Mais après l’échec de sa tentative d’islamiser les Juifs, il les combattit, en tua un grand nombre, et rétablit l’orientation de la prière en direction de La Mecque. Son abandon de Jérusalem explique le fait qu’elle n’est pas mentionnée une seule fois dans le Coran. Bien plus, après l’occupation de la Palestine par les Musulmans, c’est Ramallah, et non Jérusalem, qui fut choisie pour capitale.

En 682 de notre ère, soit cinquante ans après la mort de Muhammad, Abd Allah ibn al-Zubayr se révolta contre les souverains islamiques de Damas, conquit La Mecque et empêcha les Musulmans de parvenir à cette ville sainte pour le pèlerinage traditionnel. Abd al-Malik, un Calife ’Umayyade, en quête d’un lieu saint alternatif à cet effet, décida que ce serait Jérusalem, qui était alors sous son contrôle. Pour justifier son choix, il choisit un verset du Coran (sourate 17, premier vers) : «Gloire à Celui qui a donné à son serviteur de voyager, de nuit, de la Mosquée Sainte à la Mosquée la plus Lointaine dont Nous avons béni l’emplacement pour lui montrer quelques-uns de Nos Signes…»

Le sens donné à ce vers est que «la Mosquée la plus lointaine (al-aqsa)» était à Jérusalem, et que Muhammad y avait été transporté, une nuit, sur le dos d’al-Buraq, son cheval magique à tête de femme, aux ailes d’aigle et à la queue de paon, dont les sabots atteignaient l’horizon. Il aurait attaché sa monture au Mur situé à l’ouest du Mont du Temple [2] et, de là, serait monté au septième ciel avec l’ange Gabriel.

Ce récit coloré conduisit des penseurs musulmans orthodoxes à la conclusion que ce voyage nocturne fut un rêve de Muhammad. Quant à l’affirmation selon laquelle l’actuelle Mosquée al-Aqsa, sur le Mont du Temple, serait celle dont parle le Coran, elle est démentie par des sources islamiques anciennes. L’historien et géographe musulman al-Waqidi, auteur du « Kitab al-maghazi», mentionne, en effet, qu’il y avait deux lieux de prière à al-Gi’ranah, village situé entre La Mecque et Ta’if : l’un était «la Mosquée la plus proche» (al-adana), et l’autre, «la Mosquée la plus éloignée» (al-aqsa), où Muhammad priait lorsqu’il n’était pas à La Mecque.

Aujourd’hui, Arafat réédite la tactique des ’Umayyades : il exploite la sainteté de Jérusalem à des fins politiques. Et d’ailleurs, comment pourrait-il laisser le contrôle de Jérusalem aux Juifs puisque, selon l’Islam, ils sont impurs, que la colère d’Allah pèse sur eux (Coran, sourate 1, v. 7), qu’il les a maudits (5, v. 16) et voués à l’enfer pour l’éternité (3, v. 112) ?

La radio officielle de l’Autorité palestinienne et la quasi totalité des sites Web islamistes et pro-Palestiniens du monde diffusent inlassablement des incitations à l’extension du conflit national et politique entre Israël et les Palestiniens aux dimensions d’une guerre religieuse islamique (djihad) entre Juifs et Musulmans, dont ce slogan, qui en annonce le terrible programme :

« Khaybar, Khaybar, yya yahoud, jaysh muhammad saya’oud !»

(Khaybar, Khaybar [3], ô Juifs, l’armée de Muhammad va revenir !)…
 
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Notes

[1] L’essentiel des informations et références contenues dans cet article est dû à une étude inédite du Dr M. Kedar, spécialiste de littérature arabe et des problèmes du Moyen Orient à l’Université de Bar Ilan (Israël). Nous le remercions de nous avoir autorisé à en faire usage.

[2] Ce qui permet aux musulmans de revendiquer comme leur ce lieu saint du judaïsme, qu’ils nomment Al-Buraq. Pourtant, le guide officiel du Haram-as-Sharif, publié en 1914 par les autorités musulmanes, n’y fait aucune allusion (cf. « Report of the Commission appointed by His Majesty’s Government in the United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland, with the approval of the Council of the League of Nations, to determine the rights and claims of Moslems and Jews in connection with the Western or Wailing Wall at Jerusalem », 1930, IV, a.)

[3] Khaybar est le nom d’une oasis située non loin de Médine ; les Juifs y habitaient avant que, dépité de n’avoir pu les islamiser, Muhammad, ne les massacre.
 
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III. Oui, Amrozy, nous devons nous souvenir de Khaybar ! Mark Durie
 
Texte mis en ligne sur le présent site, le 24 novembre 2003.
 
Traduction française de l’article original anglais par A.R. Arbez, Genève
 
 
Lorsque Amrozi Bin Nurhasin, le terroriste balinais souriant se présenta devant la cour de justice de Bali, le jour de son jugement, il lança:
"Juifs, souvenez-vous de Khaybar! L’armée de Mahomet revient pour vous vaincre!"
Qu’est-ce que Khaybar, et pourquoi devrions-nous nous en souvenir? [1]

A l’époque de Mahomet, Khaybar était une oasis fertile dans le désert d’Arabie. Elle était peuplée de Juifs qui avaient installé son système d’irrigation et qui vivaient de ses produits. Lorsque Mahomet conquit l’oasis en 628, les Juifs qui vivaient là négocièrent leur reddition. Les conditions furent que quelques-uns d’entre eux pourraient rester sur place pour s’occuper des palmiers-dattiers et des potagers, mais qu’ils devaient payer, en retour, 50% de leur récolte aux Musulmans. Le pays lui-même devait bientôt appartenir à la communauté musulmane. Les Juifs de Khaybar obtinrent la permission de pratiquer leur foi. Peu après, les Arabes chrétiens de Najran furent contraints d’accepter les mêmes conditions.

Le droit des Juifs de Khaybar de rester sur leurs terres ne fut qu’une concession temporaire, abolie en 640 par Omar, en obéissance au souhait exprimé par Mahomet mourant: "deux religions ne doivent pas demeurer côte à côte sur la péninsule des Arabes". La même année, toute l’Arabie fut expurgée de ses habitants non-Musulmans.

Khaybar est une référence pour tous les juristes musulmans, du fait que la conquête de Khaybar a constitué un précédent dans la loi islamique en ce qui concerne le traitement des non-Musulmans tombés sous la domination de l’islam et des ses lois. (Khaybar a aussi donné à Mahomet une de ses épouses: Safiya, une éminente femme juive de Khaybar, sélectionnée par lui parmi ses prisonnières mises en esclavage).

Les règles discriminatoires de la sharia appliquées aux non-Musulmans, auxquelles on se réfère dans la loi islamique à propos des dhimmis, sont basées sur le précédent de Khaybar. Par le détour de l’histoire, la défaite des Juifs de cette oasis arabique quasi inconnue a permis de déterminer le traitement de plusieurs millions de non-Musulmans après les conquêtes islamiques, parmi lesquels les populations chrétiennes autrefois considérables du Proche-Orient.

Pour cette raison, le nom de Khaybar a une signification importante pour nous tous. Pour les extrémistes musulmans comme Amrozi, cela représente la défaite des ennemis infidèles, leur humiliation et leur asservissement aux conditions de la sharia, une balise durable pour l’espoir d’une victoire de l’islam. Pour les non-Musulmans, Khaybar symbolise des siècles d’histoire occultée et de discrimination oppressive, évoqués par Bat Yeor, historienne de la dhimmitude.

Amrozi, le terroriste souriant, avait raison: nous devrions tous nous souvenir de Khaybar, comme d’un point de non-retour dans l’histoire du monde. De nos jours, le précédent de Khaybar conditionne toujours la vie des Juifs d’Iran, des Coptes d’Egypte, des Africains du Soudan, des Chrétiens pakistanais, des Hindous et des Zoroastriens, et de beaucoup d’autres.

Une large discrimination envers les non-Musulmans reste endémique dans les pays islamiques, à un degré significatif, et la tendance indique que cela ne va pas s’améliorer dans les temps à venir.

Mark Durie *
 
* prêtre anglican, universitaire australien.

 
[1] Cf. M. Macina, "L’Intifada d’Al-Aqsa et la guerre sainte électronique" [Note de la Rédaction d’upjf.org.]
 
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© upjf.org
 
Mis en ligne le 30 juillet 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org