Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Israël (Société - mentalités)
Israël (diabolisation d')

Le raid sur Cana suscite des réactions virulentes dans le monde, C. D. Picard
30/07/2006

Dimanche 30 juillet 2006 - 17:19
 
Sur le site d’Arouts7 en français.
 
 
Israël a beau faire : les regrets exprimés par le Premier ministre Ehoud Olmert et par le chef d’état-major Dan Haloutz, qui ont déploré la mort des civils lors du raid sur le village libanais de Cana, ne semblent pas être suffisamment convaincants.
 
Lors du conseil des ministres, le chef du gouvernement a rappelé que depuis le secteur visé par Tsahal, des roquettes étaient tirées sans interruption sur Kiriat Shmona et Afoula. Il a souligné en outre que la population avait été mise en garde par Tsahal, qui lui avait recommandé de quitter les lieux avant le début de l’attaque.
 
Le ministre de la Justice Haïm Ramon (Kadima) a renchéri en précisant : "Notre cœur se serre lorsque des enfants périssent sous les bombes mais ce n’est pas Israël qui a versé le sang des petits Libanais, c’est le Hezbollah". Le ministre de la Sécurité intérieure Avi Dichter (Kadima) a ajouté que "le Hezbollah était une organisation malfaisante et cruelle qui tirait sur les jardins d’enfants israéliens depuis les jardins d’enfants libanais".
 
Mais malgré tous ces propos justifiant largement l’opération de Tsahal, le bombardement sur Cana est déjà dénoncé de toutes parts, et en premier lieu, bien entendu, par les principaux intéressés, les Libanais. Le Premier ministre Fouad Siniora, a affirmé avec aplomb que "le raid de Tsahal sur Cana était délibéré et que ce type d’incident se reproduisait régulièrement". Et de préciser : "Suite au bombardement sur Cana, le gouvernement libanais suspend tous ses contacts diplomatiques en vue d’un cessez-le-feu". Il a encore ajouté : "Il n’y aura aucune négociation tant qu’une trêve ne sera pas respectée sans conditions préalables".
 
Le président du Liban, Emile Lahoud, a déclaré pour sa part que "les soldats de Tsahal savaient pertinemment que l’immeuble bombardé abritait des réfugiés et n’était pas un repaire du Hezbollah". Il a réclamé une fois de plus l’arrêt des attaques. Et de prétendre : "Les Israéliens ne parviennent pas à désarmer le Hezbollah et s’en prennent donc aux civils".
 
A Beyrouth, des manifestants en colère, brandissant des photos du terroriste Hassan Nassrallah, se sont rassemblés en fin de matinée devant les locaux de l’Onu pour dénoncer l’opération de Tsahal sur le village de Cana. Ils ont scandé des slogans tels que "Mort à Israël, mort à l’Amérique". Un certain nombre d’entre eux a ensuite lancé des pierres sur l’édifice alors que d’autres entraient dans les bureaux, causant de sérieux dégâts au matériel.
 
Le roi de Jordanie Abdallah II a condamné le raid effectué par Tsahal sur Cana. Il a qualifié ce bombardement de "crime odieux". La ministre britannique des Affaires étrangères Margaret Beckett a également dénoncé le bombardement, le qualifiant de scandaleux. En France, le président Jacques Chirac a réprouvé cette attaque et a estimé qu’il fallait établir d’urgence un cessez-le-feu.
 
Les Etats-Unis ont réagi de façon plus mitigée. La secrétaire d’Etat américaine Condoleeza Rice, qui se trouve au Proche-Orient, a modifié son programme dans la région et a annulé son voyage à Beyrouth. Elle doit s’entretenir dans l’après-midi avec le Premier ministre Ehoud Olmert. Réagissant au raid sur Cana, elle a appelé à un "cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah" mais les Américains souhaitent qu’il soit durable. Rice a fait part de sa "peine profonde suite à la mort d’innocents" mais elle a ajouté : "Nous devons tout mettre en œuvre afin d’éviter que les incidents se multiplient au cours des prochaines années".    
 
L’Onu et l’Union européenne ont publié, chacune de son côté, un communiqué condamnant cette nouvelle action de Tsahal. Le responsable de la politique étrangère de l’UE, Javier Solana, a fait part de sa "peine profonde" et a prétendu que "rien ne pouvait justifier un tel acte". Et le représentant spécial de Kofi Annan au Liban, Soren Jessen-Petersen, s’est déclaré "extrêmement ébranlé par la mort de dizaines de civils". Le Conseil de Sécurité des Nations unies compte se réunir d’urgence dimanche soir "pour débattre de la mort des civils lors de l’attaque sur Cana, au Liban".
 
Claire Dana Picard
 
© Arouts7 en français
 
Mis en ligne le 30 juillet 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org