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Israël (Société - mentalités)

La fin des illusions, Ludovic Monnerat
24/08/2006

23 août 2006
 
Sur le Blogue de Ludovic Monnerat.
 
 
Un autre aspect de la double tentative d’attentat en Allemagne réside dans le nouveau démenti apporté aux arguments entendus à propos des opérations militaires en Irak, en particulier après les attaques de Madrid en 2004. Cet extrait pourrait faire sourire, mais n’en est pas moins révélateur [1]:
 
L’attaque projetée ici a abasourdi les Allemands qui croyaient que l’opposition véhémente de leur pays à la guerre en Iraq le protégerait contre l’éventualité d’être la cible d’une attaque terroriste, près de cinq ans après les attentats de Washington et de New York.
 
Bien entendu, les médias ont joué un rôle majeur dans la perception selon laquelle la guerre en Irak serait totalement déconnectée de la lutte générale entre le fondamentalisme musulman et la démocratie laïque, quand bien même les islamistes jugeaient décisif le théâtre d’opérations irakien, dès 2003. Malgré cela, il y avait bien, ces dernières années, en Europe, une volonté de nier l’avènement d’un nouveau conflit, de croire, envers et contre tout, à un nouvel ordre mondial fondé sur la justice et la paix, et ceci explique pourquoi la perception véhiculée par des médias opposés idéologiquement à des opérations militaires a pareillement marqué les esprits. D’où, aujourd’hui, la surprise d’une partie du public, la fin des illusions, et l’évolution des perceptions vers une situation de belligérance.
 
Ce que j’écrivais en mars 2004 [2], en m’excusant par avance pour cette citation sui generis, me semble donc être de plus en plus confirmé par les faits :
 
"Les ambitions et les exigences des islamistes s’opposent aussi bien à notre mode de vie qu’à notre rayonnement culturel. On ne pourra plus longtemps faire croire au public, comme en Espagne, que leurs attaques sont uniquement les conséquences des décisions de nos gouvernements, et non les actions d’un ennemi irréductible. Il y aura donc d’autres attaques, probablement plus meurtrières encore, qui frapperont les pays ayant eu le malheur de trop baisser leur garde, jusqu’à ce qu’elles fassent basculer les opinions publiques et que celles-ci se mettent à exiger la guerre jusqu’ici niée."
 
Ces attaques plus meurtrières encore ne se sont pas produites, grâce au travail remarquable des services de sécurité européens. Mais cette fonction essentiellement défensive ne peut que retarder l’échéance, et non modifier la dynamique du conflit en cours. La seule réponse possible à l’offensive immanente consiste à réagir sur les mêmes plans, en admettant que les coeurs, les âmes et les esprits forment le terrain-clef au niveau stratégique de toute la lutte, mais aussi en inscrivant toute action dans la durée, sans obligation de résultat immédiat, et avec des critères de succès à la fois matériels (économie, démographie) et immatériels (identités, idées).
 
© Ludovic Monnerat
 
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Notes de la Rédaction d’upjf.org
 
[1] Traduction française de notre Rédaction, l’auteur ayant cité cet extrait en anglais : "The planned attack here stunned Germans who thought the country’s vehement opposition to the Iraq war would insulate it from becoming a terror target almost five years after the attacks on Washington and New York".
 
[2] L’auteur réfère ici à son article intitulé "Tiraillements et paradoxes dans la lutte de l’Europe contre le terrorisme islamiste", mis en ligne le 28 mars 2004 sur le site Checkpoint-online.
 
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[Texte aimablement signalé par Koira.]
 
Mis en ligne le 24 août 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org