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Christianisme

Dominus Iesus dure critique de Mgr Casaldaliga
01/01/1970


 

Mgr Casaldaliga : le pape doit demander pardon

pour ladéclaration « Dominus Iesus »

 

Brasilia,28 septembre 2000 (CIP)

 

Un « post scriptum » à la demande de pardon formulée par lepape pour les péchés des chrétiens, « unnouveau mea culpa », tout de suite, sans attendre cent ans, pour ladéclaration « DominusIesus » : c’est ce que voudrait l’évêque de la prélature de SaoFelix do Araguaia, au Brésil, Mgr Pedro Casaldaliga.

Ledocument, publié le 5 septembre par la Congrégation pour la doctrine de la foi,que dirige le cardinal Ratzinger, est « uncoup fatal porté à l’œcuménisme, au dialogue des Églises chrétiennes avec lesautres religions, concrètement, ici dans notre Amérique, avec les religions indigèneset afro-américaines », déclare le prélat dans une interviewtéléphonique accordée au quotidien mexicain « MilenioDiario ».

Ledocument, ajoute Mgr Casaldaliga, « donnel’impression que le Vatican veut enfermer le siècle, le millénaire et peut-êtreaussi le pontificat de Jean-Paul II, en laissant les dogmes à nouveau bien marqués,pour qu’il n’y ait aucune marge de doute, ni de large liberté ». Alorsque de plus en plus de théologiens « attirentl’attention sur la nécessité d’un authentique dialogue interreligieux oùl’Eglise ne parle pas seulement, mais parle et écoute », le Vaticanest pris par « une espèce de prurit,non de fidélité à la foi, dont personne ne nie l’importance, maisd’affirmation, plus que catholique, catholiciste ».

Au-dessusde tout, il y a, pour Mgr Casaldaliga, « l’amoursalvifique universel de Dieu, qui est un dogme tout premier : Dieu créepar amour et, parce qu’il aime, il sauve, et il a beaucoup de manières et demodes de le faire ». Outre les sept sacrements que reconnaît l’Eglisecatholique, il a de nombreux autressacrements, « parce que Dieu estDieu, qu’il est amour et qu’il est amour infini ».

Répétercomme hier : « hors del’Église, pas de salut », c’est, depuis le Concile Vatican II,proférer « une véritablehérésie », tonne Mgr Casaldaliga, car « l’Esprit souffle où il veut ». « Et quand on me demande si la déclaration “Dominus Iesus” estun signe d‘intolérance, dit-il, j’enviens à penser que nous devrions prier Jean XXIII, récemment béatifié, pour luidemander d’aider à rouvrir les fenêtres de l’Église comme il a voulu le faire,et l’a fait, à l’occasion du Concile ».

Sur le rôle joué par le pape, Mgr Casaldaliga est moins sévère. « Il me plaît de rappeler, dit-il, un geste très beau du pape Jean Paul II, lors d’une audience privée au Vatican avec le patriarche de Babylone. Celui-ci était accompagné de deux dignitaires musulmans et l’un d’eux avait en main un exemplaire du Coran. Lorsque Jean Paul II s’en est rendu compte, il s’est penché et il a baisé le livre sacré. Un tel geste fait pardonner la radicalité et annule presque à la racine un document comme “Dominus Iesus” ». (cip-mg)