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Conflits, terrorisme, oppression, etc.
Terrorisme

Les profiteurs du terrorisme en Grande-Bretagne, D. Pipes
01/09/2006

New York Sun

29 août 2006

 
Version originale anglaise : Piggybacking on Terror in Britain
 
Adaptation française : Alain Jean-Mairet
 
 
Deux jours après le 10 août – date à laquelle les autorités britanniques ont mis fin à un complot présumé visant à faire sauter plusieurs avions au-dessus de l’Atlantique –, l’establishment musulman "modéré" de Grande-Bretagne publiait une lettre ouverte agressive adressée au Premier ministre, Tony Blair.
 
Il y était suggéré que Blair lutterait mieux contre le terrorisme en reconnaissant que la politique du gouvernement britannique actuel donne, en fait, «des armes aux extrémistes», notamment à cause de la «débâcle en Irak». Les auteurs de la lettre exigeaient qu’il modifie sa politique étrangère afin d’«améliorer notre sécurité à tous». L’un des signataires d’envergure, le député du Labour, Sadiq Khan, ajoutait que les réticences de Blair à critiquer Israël augmentaient le nombre des gens parmi lesquels les terroristes peuvent trouver des recrues.
 
En d’autres termes, les islamistes travaillant au sein du système ont exploité le complot terroriste islamiste pour faire pression sur le gouvernement britannique afin qu’il réalise leur souhait commun et fasse machine arrière au Moyen-Orient. Des islamistes respectueux de la loi tiraient ainsi honteusement parti de milliers de victimes potentielles pour soutenir leur programme politique.
 
En dépit de certaines craintes d’agitation parmi les Musulmans, le gouvernement Blair a rejeté sèchement la proposition. La secrétaire aux Affaires étrangères, Margaret Beckett, l’a qualifiée de «plus grave erreur possible». Le ministre des Affaires étrangères, Kim Howells, l’a estimée «facile». Le secrétaire à l’Intérieur, John Reid, a considéré que c’était une «effrayante erreur de jugement [de penser que la] politique étrangère de ce pays devrait être forgée, partiellement ou totalement, en fonction de la menace d’activités terroristes». Le secrétaire des Transports, Douglas Alexander, a jugé la lettre «dangereuse et imprudente».
 
Loin de se laisser décourager, l’establishment musulman «modéré» a insisté davantage encore sur le front intérieur. Le 14 août, lors d’une réunion avec de hauts représentants du gouvernement, y compris l’adjoint du Premier ministre, ses membres ont émis deux nouvelles exigences : que deux fêtes religieuses islamiques deviennent des jours fériés officiels et que les lois islamiques relatives au mariage et à la vie familiale soient appliquées au Royaume-Uni. En outre, un Musulman présent à cette réunion a mis plus tard en garde le gouvernement contre toute intention de d’établir le profil des voyageurs aériens, affirmant que cette mesure aurait pour effet de radicaliser encore davantage les jeunes musulmans.
 
Pourquoi ces ultimatums et pourquoi à ce moment précis ? Selon le Daily Mail, le dirigeant de la délégation musulmane du 14 août, Syed Aziz Pasha, a donné l’explication suivante de la logique de son groupe: «Nous avons dit [aux politiciens:] si vous nous donnez des droits religieux, nous serons en meilleure position pour convaincre les jeunes gens qu’ils sont traités de la même manière que les autres citoyens.» Se faisant plus inquiétant encore, Pasha a menacé les dirigeants du gouvernement: «Nous sommes disposés à collaborer, mais il doit s’agir d’un partenariat. Il faut qu’ils comprennent nos problèmes, alors nous comprendrons les leurs.»
 
La presse a réagi avec colère à ces exigences: Polly Toynbee, du Guardian, a condamné la lettre ouverte comme étant «dangereusement proche de suggérer que le gouvernement se mette aux ordres». Sue Carroll, du Daily Mirror, a qualifié la démarche de Pasha de «dangereusement proche du chantage».
 
Ce n’était pas la première tentative de jiu-jitsu des leaders musulmans «modérés» britanniques, pour tenter de transformer la violence islamiste en un coup politique. Le même mécanisme, quoiqu’en moins agressif, avait été mis en œuvre au lendemain des attentats à la bombe de juillet 2005 à Londres, lorsqu’ils profitèrent de la mort de 52 innocents pour exiger que les troupes britanniques se retirent d’Irak.
 
Et cette pression a eu un effet majeur, de deux manières. D’abord, suite à cela, le Ministère de l’Intérieur a publié un rapport produit par des Musulmans «modérés», «Preventing Extremism Together» (prévenir l’extrémisme ensemble) qui acceptait formellement cette politique de conciliation. Dean Godson, de Policy Exchange, a résumé le contenu de ce document en disant que le terrorisme islamique «a fourni à ces modérés une occasion inespérée et splendide d’exiger plus de pouvoir et d’argent de la part de l’État».
 
Deuxièmement, 72% des sujets britanniques acceptent à présent l’opinion islamiste selon laquelle «le soutien de Blair aux actions en Irak et en Afghanistan a fait de la Grande-Bretagne une cible plus intéressante pour les terroristes, alors qu’un seul malheureux pour cent d’entre eux pensent que sa politique a amélioré la sécurité dans le pays. Le public soutient donc fermement les islamistes et non le Premier ministre.
 
J’ai affirmé par le passé que le terrorisme entrave généralement le progrès de l’Islam radical en Occident en éveillant l’hostilité envers les Musulmans et en causant l’intensification de la surveillance des organisations islamiques. Mais je dois admettre que la tournure des événements en Grande-Bretagne – où les actes de terrorisme du 7 juillet 2005 ont inspiré davantage d’autocritiques que de fureur contre le djihad – semble indiquer que la violence peut aussi renforcer l’islamisme légal.
 
Et je vais reconsidérer un autre point aussi: si je maintiens que la question de l’avenir de l’Europe – qui peut soit préserver son identité chrétienne historique, soit devenir une annexe de l’Afrique du Nord musulmane – reste ouverte, le comportement du public britannique, ce maillon faible de la chaîne occidentale, indique que lui, au moins, pourrait bien être trop désorienté pour résister au destin de son Londonistan.
 
Daniel Pipes
 
© New York Sun

 
Mis en ligne le 30 août 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org