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Israël (Société - mentalités)
Israël (diabolisation d')

Les manipulations photographiques de la propagande hezbollienne
14/08/2006

Je reprends, ci dessous, après révision et corrections une traduction française, par le site Infidèles, d’un article de Richard North, qui montre comment, sur base d’images et de faits réels utilisés de manière déloyale, on peut intoxiquer l’opinion et répandre la haine anti-israélienne, voire antijuive. (Menahem Macina).
Original anglais sur le site EU Referendum.
Première traduction française sur le site Infidèles.
 

 
31 juillet 2006


Certes, la photo est dérangeante, et, bien sûr, c’est son but. Comme nous le dit cet extrait d’Editor&Publisher:
 
« Jusqu’à présent, les images de victimes civiles, lors de conflits, mettaient souvent des jours avant d’arriver à la une des journaux, elles sont a présent prises et transmises autour du monde aux sites Internet, où elles sont mises en ligne immédiatement, ajoutant leur valeur de choc à ce que les reporters n’arrivent pas à exprimer avec leurs mots. C’est arrivé à nouveau, dimanche matin [28 juillet], lors de l’attaque aérienne, par Israël, du village libanais de Cana, qui aurait fait des dizaines de morts, des enfants pour la moitié d’entre eux, qui dormaient dehors dans leurs sacs de couchage. »


Les photos, prises par The Associated Press [AP], Reuters, et d’autres, montrent des corps dans les décombres, sur le point d’être évacués, et des survivants, creusant ou pleurant… Mais les photographes, semble-t-il, se montrent peu délicats quant à la manière dont leurs photos ajoutent une "valeur de choc". Ces deux séquences illustrent jusqu’où les photographes présents sur les lieux sont prêts à aller pour s’assurer que la valeur de choc atteigne son maximum.
 
 
Dans la première des deux séquences, nous voyons une photo de Reuters, prise par Adnan Hajj, à 14h 21, accompagnée de la légende suivante:
 
"Des sauveteurs récupèrent le corps d’un enfant victime du raid israélien sur Cana, qui a tué plus de 60 personnes, pour la plupart des femmes et des enfants, au Sud Liban, le 30 Juillet 2006."
 
Remarquez le "sauveteur", au premier plan, équipé d’un casque militaire couleur olive et d’un gilet fluorescent, avec, en dessous, ce qui apparaît être une veste de reporter. Ses lunettes, sa barbe d’un négligé savamment entretenu, son tee-shirt bleu et ses jeans font de lui une figure tout à fait spéciale. Notez aussi qu’il a une radio dans la poche de sa veste, et que ses mains sont nues, ce qui prendra son sens plus tard.

 
 
La vue suivante de cette séquence est attribuée à AP, par Kevin Frayer. Prise a 16h 09, elle montre le même sauveteur, et comporte la légende suivante:
"La Croix Rouge libanaise et des membres de la défense Civile extraient le corps d’un enfant couvert de poussière des décombres de sa maison, frappée, dimanche, par un missile israélien, dans le village de Cana à l’est de la cité portuaire de Tyr, au Liban. Les membres de la Croix Rouge ont affirmé que 56 personnes dont 34 enfants avaient été tués dans l’attaque israélienne contre le village. Les sauveteurs ont fouillé les décombres pour en extraire des dizaines de corps."
 
C’est terrible, mais un examen minutieux du cadrage suggère que le sujet présente la victime au photographe.
 
 
 
Au cas où vous l’auriez manquée, toutefois, nous avons une autre photo prise par Adnan Hajj, de l’Agence Reuters, et donnée pour avoir été prise à 16h 30, environ 20 minutes après le premier cliché. Sa légende :
"Un sauveteur porte le corps d’un bambin victime d’un raid israélien sur Cana, qui a fait plus de 60 victimes, en majorité des femmes et des enfants, au sud-Liban, le 30 juillet 2006."
 
Curieusement, dans cette séquence, la radio de poche est absente. Et, bien que la position de l’enfant soit la même, l’angle de vue semble être d’environ 90 degrés par rapport au premier cliché, mais, dans l’un et l’autre cas, le "sauveteur" fait face à l’appareil. A l’évidence les personnages posent pour la photo.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Et maintenant, à 12h45, soit une heure vingt avant que le corps de l’enfant ne soit photographié lors de son extraction des ruines, nous avons une photo prise par Kevin Frayer, de l’agence AP, tandis que le corps de l’enfant est porté, de manière ostentatoire, par notre sauveteur casqué omniprésent.
Légende : "La Croix Rouge libanaise et des membres de la défense Civile extraient le corps d’un enfant couvert de poussière des décombres de sa maison, frappée par un missile israélien dans le village de Cana, à l’est de la cité portuaire de Tyr, au Liban, dimanche 30 juillet 2006. Les membres de la Croix Rouge ont affirmé que 56 personnes, dont 34 enfants, avaient été tués dans l’attaque israélienne contre le village. Les sauveteurs ont fouillé les décombres pour dégager des dizaines de corps."
 
 
 
 
 
A 12h 53, à 8 minutes d’intervalle, Frayer photographie le corps de l’enfant une seconde fois, sous un angle différent. La légende est la même. Mais cette fois-ci, notre sauveteur casqué manifeste une certaine détresse, qui était absente des photographies précédentes.

Les photos montrent les gens en train de descendre d’une colline, en des séquences très rapprochées, qui donnent l’impression qu’elles ont été prises spontanément et en continu. Mais ce n’est pas le cas. L’intervalle de 8 minutes a permis qu’un groupe de gens se rassembler autour de "Casque vert". De plus, "Veste orange" a changé de position, passant de la gauche à la droite. Notez aussi l’homme au tee-shirt, au centre de l’image.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Ensuite, nous avons cette autre photo de Frayer, dont l’heure indiquée est 13h soit 8 minutes plus tard. Une fois de plus, la légende est identique, mais cette fois, le corps de l’enfant est brandi ostensiblement par notre omniprésent sauveteur casqué, tandis que l’homme au tee-shirt est passé du centre sur la droite pour manifester à son tour son émotion devant la caméra. A l’arrière-plan, le soldat de l’ONU s’est éloigné, ce qui implique une interruption de temps. La scène est clairement mise en scène, comme l’ont été celles qui précèdent.
 



 
 
 
 


Voici maintenant la deuxième séquence, dont la première image, prise à 7h 21, montre une fillette morte à bord d’une ambulance. Elle a été prise par AP, et est accompagnée de la légende suivante :
"Le corps d’une enfant retrouvé, parmi d’autres, dans les décombres d’un bâtiment détruit, qui a été frappé par des missiles israéliens dans le village de Cana, est mis dans une ambulance, le dimanche 30 juillet."
 
 
 
 
 
 
 
 
Sur l’image suivante, nous voyons la même fillette, cette fois-ci apparemment déposée dans l’ambulance. Elle a également été prise par AP, cette fois, par Mohammed Zaatari, et sa légende porte :
"Un sauveteur libanais porte le corps d’une petite fille, retrouvé dans les décombres d’un bâtiment démoli, qui a été atteint par des missiles israéliens dans le village de Cana, au Liban, dimanche 30 juillets. Des dizaines de civils, donc beaucoup d’enfants, ont été tués dimanche dans une frappe aérienne israélienne qui a détruit des immeubles dans ce village du Liban. C’est l’attaque la plus meurtrière en 19 jours de combat."
 
Curieusement, l’heure indiquée pour la photo est 10h 25, soit 3 heures après que l’enfant ait été photographiée dans l’ambulance.
 
 
 

Un cliché de AP, également, mais cette fois, pris par Nasser Nasser. Nous voyons le même sauveteur, affichant une détresse visible et portant toujours la même fillette. Mais il porte maintenant son gilet fluorescent et des gants en caoutchouc. Il aussi récupéré sa radio. La photo a été prise à 10h 44 AM, et voici sa légende:

"Un sauveteur de la Défense Civile porte le corps d’un enfant libanais récupéré sous les décombres d’un bâtiment démoli, suite à un tir de missiles israéliens, dans le village de Cana. Les missiles israéliens ont frappé le village Libanais au début de la matinée de dimanche, écrasant les maisons sur leurs habitants endormis. Selon la Croix Rouge libanaise, la frappe aérienne, dans laquelle au moins 34 enfants ont été tués, a porté à 500 le nombre de victimes libanaises depuis le début du conflit."
 
 
 
 
 
Et voici maintenant le même "sauveteur" et la même fillette, photographiés, cette fois, pour EPA, par le photographe Mohamed Messara. Le cliché nous montre le sauveteur courant vers un employé de la Croix Rouge en uniforme. La légende (sans indication d’heure) dit :
"Un sauveteur porte le corps d’une fillette libanaise après une attaque aérienne israélienne sur le village de Cana, à l’est de la ville côtière méridionale de Tyr, le dimanche 30 juillet 2006. Au moins 51 personnes ont été tuées, dont beaucoup d’enfants, et plusieurs autres blessées, lors de l’attaque, déclarent des témoins et des sauveteurs."
 
 
 
 
Autre photo, prise pour l’AFP, une photo de Nicolas Asfouri, où figure la malheureuse enfant portée par un autre sauveteur, auquel le sauveteur original - que l’on aperçoit en arrière-plan - a transmis la victime. L’heure de la photo est 19h 16 (apparemment corrigée en 6h 46), et la légende est la suivante :
"Un sauveteur dépose sur un brancard le corps d’une fillette tuée dans les frappes israéliennes contre le village de Cana. Israël a accepté de suspendre momentanément, pour une journée, ses attaques aériennes au sud-Liban, un jour après que 52 personnes aient été tuées, pour la plupart des enfants endormis, quand des avions de guerre israéliens ont bombardé le village libanais de Cana, qui a causé une indignation mondiale, et des menaces de sanctions pour ’crimes de guerre’".
 
Rappelez-vous toutefois, que vers le début de la séquence, la fillette est transportée vers une ambulance par l’autre sauveteur, sans gilet, casque ni gants.
 
Finalement, dans cette séquence, on trouve une autre photo de Nasser Nasser, pour l’AP, à nouveau sans indication d’heure, et avec la légende suivante:
"Un sauveteur de la Défense Civile porte le corps d’un jeune enfant libanais retrouvé dans les décombres d’un immeuble démoli, qui a été touché par des missiles tirés par des avions de guerre israéliens, dans le village de Cana, près de la ville côtière méridionale de Tyr, le dimanche 30 juillet 2006."
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
En tout état de cause, ce qui s’est passé à Qana est une tragédie. Mais les photographies ne la présentent pas avec honnêteté. Au contraire, elles ont été mises en scène pour faire impression, en se servant des victimes de façon malsaine. De ce fait, ce ne sont plus des photographies d’information, mais de la propagande. Et quiconque dit qu’une image ne peut mentir, oublient qu’un photographe le peut, lui, et le fait. Ces mensonges, qui sont maintenant diffusés partout dans le monde, et les millions de gens qui les regarderont dans les journaux du matin les considéreront comme montrant la réalité.

La profession de photographe de presse est, hélas, dévaluée par ces gens, et la confiance qu’on accorde tant à eux qu’à ceux qui utilisent leurs services est mal placée. Vraiment c’est à des gens exécrables que nous avons affaire.
 
 
Richard North
 
©  EU Referendum et Infidèles
 
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F. P. Blake, de France-Echos, nous adresse aimablement la remarque suivante qui mérite considération :
 
"Un échonaute reprend pour France-Echos votre article sur le "cadavre assis" de Cana. Soit. On a publié son article, mais j’émets des doutes ! En effet je continue à chercher la vérité sur cette affaire, et je suis tombé sur cette série de clichés (ci-joint). Je ne me rappelle, hélas, plus la source. Mais on voit bien que le "cadavre assis" n’est pas assis, mais couché,
avec un genou relevé, et surtout une main dans une position fort étrange. Rigidité cadavérique ? Enfin tout ça semble bien mis en scène tout de même, puisque ces cadavres ont été alignés (ils ne sont pas arrivés là par hasard) avant d’être pris pour être montrés aux photographes. Evidemment il faudra du temps avant de savoir la vérité sur Cana. Plusieurs blogueurs parlent de "Timisoara". Un photographe aussi, mais je n’ai pas pu authentifier les propos qu’on lui attribue."
 
Il joint à sa correspondance les clichés ci-dessous, que nous reproduisons volontiers :

 
Mis en ligne le 14 août 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org