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Israël (Société - mentalités)
Israël (défense - apologie d')

Voyez qui 'représente' Israël, Caroline Glick
13/02/2005

Caroline Glick
Caroline Glick
The Jerusalem Post
8 février 2005

Texte original anglais :
Our World: Look who's 'representing' Israel

Traduction française : Menahem Macina
Alors que la secrétaire d'État des États-Unis Condoleezza Rice entamait son premier voyage, on rapporte qu'elle a quitté l'Amérique munie d'un nouveau projet d'orientation sur la manière de mettre en application la "carte routière" du Quartet, projet réalisé par l'Institut James Baker de Politique publique de l'Université de Rice.

Selon Edward Djerejian, ancien ambassadeur des États-Unis en Syrie, qui dirige le centre Baker, le rapport, avec ses recommandations détaillées, est un "plan de circulation dans la carte routière".

Un des éléments qui rendent significatif le rapport est qu'il porte le nom de l'ancien secrétaire d'État des États-Unis, James Baker. Non seulement Baker a exercé ses fonctions sous le père de l'actuel président, mais il joue maintenant un rôle formel dans la mobilisation d'un soutien international aux efforts de reconstruction de l'Iraq.

De plus, l'équipe qui a rédigé le rapport incluait des décisionnaires chevronnés des États-Unis, de l'Autorité palestinienne, d'Égypte, du Canada et de la Banque mondiale. Les États-Unis étaient représentés par l'actuel sous-secrétaire d'État aux affaires proche-orientales, William Burns, ainsi que par Norman Olsen, conseiller politique à l'ambassade des États-Unis en Israël. L'Autorité palestinienne était représentée par l'homme fort de la sécurité, Jibril Rajoub, et par les collaborateurs expérimentés de Mahmoud Abbas, de Yasser Arafat et d'Ahmed Qoreï. L'Égypte était représentée par Osama El-Baz, conseiller chevronné du dictateur Hosni Moubarak, et par le Général Hossam Khair Allah.

Israël n'avait pas de représentant officiel. Par contre, l'État juif n'était représenté par nul autre que la bande de l'accord de Genève de Yossi Beilin. Participaient : Amnon Lipkin Shahak et Shlomo Brom, signataires de cet accord subversif, par lequel de simples citoyens ont tenté d'échapper à la prérogative qu'a le gouvernement de déterminer la politique étrangère, en négociant cet "accord" scandaleusement anti-Israël. Leur ont été adjoints des membres du Think Tank de Beilin, la "Fondation pour la Coopération Économique", que finance l'Union européenne.

Il n'est donc pas étonnant que le produit que cette équipe a réalisé et livré à Rice soit aimable pour le terrorisme palestinien, aimable pour la démocratisation palestinienne, et implacablement sévère envers Israël – sa souveraineté, son droit de se défendre, et sa capacité d'affirmer son droit à laisser en place toutes les communautés israéliennes de Judée et de Samarie.

Le document ne contient aucune déclaration claire sur la nécessité que les Palestiniens démantèlent les organisations terroristes. En fait, l'expression "organisations terroristes" est absente du rapport. Par contre, au lieu d'exiger des Palestiniens qu'ils combattent le terrorisme, on exige d'Israël qu'il facilite l'entraînement, l'équipement en armes et la capacité opérative des services de sécurité palestiniens "réformés", sans interférer en rien avec eux.

Alors que le rapport se limite à mentionner, de bouche, la nécessité que l'AP réforme ses institutions gouvernementales, sa seule affirmation claire à propos du résultat final de la réforme est d'un autoritarisme sans vergogne. Le but de toutes les réformes doit être "l'affermissement" du Fatah en tant qu'acteur politique principal de la société palestinienne.

Alors que le rapport ne fait aucun appel à la destruction des organisations palestiniennes de terreur, et remonte le moral d'une Autorité Palestinienne autoritaire et corrompue, il invite à traiter Israël avec hostilité et suspicion.

Le document réclame la création d'une force multinationale qui mettra en œuvre les accords. Ce qui suppose implicitement que la présence de cette force empêchera Israël de prendre toutes les mesures nécessaires à sa défense en cas d'attaque.

Les franchissements de frontières internationales à Gaza, en Judée et en Samarie, y compris la plaque tournante pour la contrebande d'armes qu'est le couloir de Philadephie, qui sépare Gaza de l'Égypte, devront être contrôlés par les Palestiniens. Le rapport donne aux forces égyptiennes un rôle plus important dans la mise en application des accords que celui de Tsahal.

Là où le parti pris anti-Israël du rapport est le plus flagrant, c'est dans sa discussion du problème des communautés israéliennes de Judée et de Samarie. Les auteurs font part de leur désir de voir « les Palestiniens créer un état viable sur la rive occidentale du Jourdain et dans la bande de Gaza », et indiquent clairement que l'une des conditions préalables pour la viabilité de cet État, c'est qu'il soit racialement pur – entièrement purifié des communautés juives. En même temps, ils affirment qu'ils désirent « garantir qu'Israël continuera à exister comme patrie démocratique du peuple juif et de ses autres citoyens. » Ainsi, selon le point de vue des auteurs, Israël doit être l'État de TOUS ses citoyens alors que la " Palestine" doit être "Judenrein" [pure de Juifs].

Le rapport appelle à mettre en place, au ministère de la Défense et au ministère de la Justice, un dispositif draconien pour empêcher, de manière efficace, toute activité de construction dans les communautés israéliennes de Judée et de Samarie. Ce dispositif, "l'Office Spécial des Activités d'Implantation", ne sera pas seulement obligé d'intervenir pour faire respecter la guerre d'usure menée contre ces communautés, mais le rapport décrète qu'il sera subordonné à l'ambassade américaine en Israël – abandonnant ainsi, de fait, la souveraineté israélienne aux États-Unis.

L'étude ose même dicter quelles mesures de propagande devra prendre le gouvernement israélien pour obliger le public israélien à accepter cette politique. Une lecture attentive indique clairement que le résultat de cette politique sera d'expulser de leurs maisons plus de 400 000 Juifs israéliens. Il en sera ainsi parce que la destruction des quartiers israéliens de Jérusalem est implicite dans le paragraphe introductif de la section, qui affirme mensongèrement : « La politique du gouvernement des États-Unis s'est basée sur le principe qu'il ne peut y avoir d'acquisition de territoire par la guerre. »

Non seulement cette généralisation hâtive et entièrement fausse inclut nécessairement Jérusalem, mais elle peut facilement s'interpréter comme l'affirmation que les seules frontières auxquelles Israël puisse légitimement prétendre sont celles du plan de partage voté par l'ONU en 1947, puisqu'une grande partie du territoire qui constitue les lignes d'armistice de 1949 a été conquise par la guerre.

À croire qu'il est raisonnable que des fonctionnaires qui poursuivent un plan de nature à placer, de fait, Israël sous la tutelle de la communauté internationale, ne se sentent pas limités par les positions du gouvernement israélien qui fait ses plans, et se contentent, au lieu de cela, de faire "représenter" Israël par des agents privés radicaux ayant la citoyenneté israélienne.

Mais deux questions se posent encore : Pourquoi le gouvernement américain envoie-t-il ses fonctionnaires participer à un "groupe de travail" qui concourt à miner la souveraineté d'un allié des États-Unis. Et pourquoi le gouvernement israélien n'intente-t-il pas une action judiciaire contre de simples citoyens qui sillonnent le monde en "négociant" sans arrêt les droits souverains de l'État, tout en sapant les prérogatives du gouvernement israélien ?

Caroline Glick


© The Jerusalem Post pour l'original anglais, et upjf.org pour la version française



Mis en ligne le 14 février 2005 sur le site www.upjf.org.
----- Original Message -----
From: Nussbaum
To: "m.macina"
Sent: Monday, February 14, 2005 11:52 AM
Subject: Site de l'UPJF

Monsieur,

Fidèle lecteur de votre site, je suis tombé ce matin sur un article publié dans le Jerusalem Post et intitulé "Voyez qui représente Israël".

Cet article m'a profondément choqué. La haine et le mépris qu'exprime l'auteur à l'égard d'autres Juifs dont le seul tort est d'avoir une autre approche de la solution du conflit israélo-palestinien sont proprement indignes.

Je ne vois pas l'utilité de publier un tel torchon sur un site français.

Il m'est certes déjà arrivé par ailleurs de ne pas partager les vues de certains posts que vous publiez, mais jamais encore je n'y avais vu pointer une telle haine judéo-juive.

Je tenais à vous exprimer mon dégoût.

Shalom

Harry NUSSBAUM
Beaugency

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Mise au point de Menahem Macina

Notre internaute semble ignorer l'extrême violence de ton et de contenu qui caractérise la presse israélienne - comme d'ailleurs l'ensemble des médias anglo-saxons. C'est la conséquence d'une totale liberté d'expression, inscrite dans les mœurs de ces pays et jusque dans la constitution, pour ce qui est des États-Unis. C'est à cette aune journalistique - et non selon le critère d'une prétendue "haine judéo-juive", comme le croit notre internaute -, qu'il faut lire et juger les propos de Caroline Glick.
Parler de "torchon" à propos de cet article, et de "dégoût", à sa lecture, est la responsabilité de cet internaute. Sa réaction traduit plus une haine politique tout aussi choquante que celle qu'il reproche à cette journaliste, et on me permettra d'estimer que c'est là une appréciation tout à fait disproportionnée et certainement excessive.
Il est difficile de ne pas voir dans ces propos une tentative d'intimidation, visant à nous dissuader de donner la parole à Caroline Glick - dont la sensibilité (de droite israélienne, comme le Jerusalem Post dans lequel elle écrit) est bien connue de ses lecteurs comme de ses opposants politiques. Inutile de préciser qu'elle est malvenue et sans effet.
Pour mémoire, on lira, ci-après, un bref curriculum de C. Glick. Mon espoir est qu'en le lisant, notre Internaute contrarié reconnaîtra qu'il a insulté une personne compétente et de qualité, sans doute par hostilité à l'égard de ses convictions politiques. Cela s'appelle un procès d'intention.

M. M.


Rédactrice en chef adjointe du Jerusalem Post, Caroline Glick, est née aux Etats-Unis. Elle a fait son aliya en Israël immédiatement après avoir été diplômée de l'Université de Colombia. Dès la fin de son service militaire dans Tsahal, C. Glick a gravi les échelons jusqu'à accéder à une fonction importante dans les négociations d'Oslo, au sein du cabinet de l'ancien Premier ministre Rabin. Après son retrait du monde politique, C. Glick est devenue journaliste, et a maintenant une chronique hebdomadaire en première page du Jerusalem Post. Pendant la récente guerre en Irak, C. Glick a été correspondante de guerre intégrée dans l'armée américaine, elle a fait partie de l'unité d'infanterie qui fut la première à atteindre Bagdad. Elle est membre de l'association israélienne des porte-parole pour la Hasbara.
E-Mail: director@israelactivism.com
(Texte traduit du site israeloncampuscoalition.org/speakers/cglick.htm par M. Macina).