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Les néoconservateurs, ou
07/09/2004


www.disinfopedia.org/wiki.phtml?title=Neo-conservative

Les néoconservateurs [l'abréviation néo-cons sonne mal en français et fait la joie de l'Humanité et du Canard enchaîné], sont les membres de courants de pensée autrefois distincts qui se sont regroupés sur quelques points de politique internationale et partagent une rhétorique commune, par exemple ils parlent volontiers de guerre anti-terrorisme, de guerre anti-drogue.
[...]
On utilise parfois pour certains d'entre eux l'expression la droite du bon sens, mais plutôt dans le domaine de la politique intérieure.

Définition du néoconservatisme
« La fréquente mention que les médias font des néoconservateurs laisserait supposer qu'il en existe une définition officielle. Cependant, en dépit de l'ascendant qu'on leur prête sur la politique étrangère du président Bush, les contours de cette famille de pensée restent très flous. » (Jim Lobe 12 août 2003).

Du même : « Une brève description des origines et des bases de leur doctrine devrait permettre de mieux les différencier des autres composantes de la coalition idéologique qui sous-tend le nouveau cours impérial du gouvernement, à savoir
  • les républicains traditionnellement qualifiés de partisans d'une politique de puissance (pour qui la puissance est source de légitimité) tels que le vice-président Dick Cheney, le chef du Pentagone Donald Rumsfeld,
  • et la droite chrétienne, comme l'attorney général John Ashcroft, Gary Bauer ou Pat Robertson. »
« Nous autres, conservateurs, avons l'habitude que les libéraux ne comprennent rien aux subtilités de notre courant. Mais l'usage, à tout propos et hors de propos, du terme néoconservateurs a dépassé les bornes habituellement admises de l'ignorance et des idées reçues de ceux qui parlent et écrivent de l'extérieur de notre famille politique. Ce terme sert en fait de fourre-tout commode pour un vaste arsenal d'attaques et d'insinuations. Pour les uns, il signifie les Juifs de droite. Pour d'autres, il veut dire faucons. Quelques-uns croient encore que ce sont des conservateurs atypiques ou d'ex-libéraux. Et les autres n'ont aucune idée de ce que le mot signifie, ils ne l'utilisent que parce qu'ils croient ainsi paraître au courant. » (Jonah Goldberg, 18 juin 2004)

Joseph Sobran présente une explication suivant laquelle en arrivant au pouvoir [en 1980 avec Ronald Reagan], le courant conservateur a commencé à distendre ses liens avec les principes traditionnels [de la droite américaine]. Il voulait revenir sur les acquis de la gauche – pas seulement la Grande Société de Lyndon Johnson, mais aussi le New Deal de Roosevelt, qui avaient l'un et l'autre enfreint le sacro-saint principe constitutionnel d'un gouvernement fédéral [au pouvoir] strictement limité. Mais ses objectifs initiaux ont été discrètement abandonnés. Par sa force, la droite a également attiré de nouveaux membres qui se soucient davantage de son influence que de ses principes. Certains d'entre eux, admirateurs de Roosevelt et partisans de Lyndon Johnson que la constitution américaine et la limitation du pouvoir du gouvernement central indiffèrent, ont été appelés néoconservateurs.

Les néoconservateurs sont des conservateurs néolibéraux
Du point de vue économique, il y a peu de divergences entre les néoconservateurs et les autres partisans de la politique économique qui sous-tend la mondialisation libérale. En général, c'est parmi ceux-là qu'ils se recrutent.

Tous les néoconservateurs adhèrent à tout ou partie du programme néolibéral. Cependant, ils y ajoutent une ou plusieurs préoccupations spécifiques à leur culture ou leur pays. Ils pourront par exemple défendre certaine forme de protectionnisme, en particulier pour protéger leurs alliés du complexe militaro-industriel.

Au Canada et en Australie, par exemple, des voix s'élèvent des cercles néoconservateurs pour réclamer la production, et l'achat par le gouvernement, de nouveaux équipements militaires. Ils préconisent aussi une stratégie industrielle de soutien aux industries de pointe, et se font les avocats des technologies nouvelles pour justifier des aides (indirectes) aux activités informatiques et aéronautiques.

Peut-être n'est-ce dû qu'à leurs intérêts nationaux divergents, mais les néoconservateurs ne sont pas totalement en phase d'un pays à l'autre, même s'ils se rejoignent au niveau du discours. Certains considèrent les néoconservateurs comme des partisans d'une politique économique néoclassique globale, mais qui utiliseraient des arguments différents des néolibéraux. En particulier, l'idéologie néoconservative semble plus préoccupée par la défense que par le développement, ce qui rappelle le schéma classique gauche/droite que l'on rencontrait dans chaque pays avant la mondialisation. Il y a cependant d'importantes différences entre les conservateurs traditionnels d'une part, et les néoconservateurs, ou conservateurs de bon sens d'autre part. Cette dernière formulation s'applique davantage à la politique intérieure, alors qu'on dit néoconservateurs s'agissant des affaires internationales (où ils sont considérés comme des faucons).

Issus de la gauche
Norman PodhoretzÀ l'origine, le terme désignait des politiciens de droite issus de la gauche (au sens américain, bien sûr). Comme le note Michael Lind, « la plupart des intellectuels néoconservateurs du secteur de la Défense viennent de la gauche, pas de la droite. Ils sont le produit de l'influente branche juive du trotskysme américain(1) des années 30 et 40, qui a évolué en libéralisme anticommuniste des années 50 aux années 70, puis en une sorte de droite impériale et interventionniste sans précédent dans l'histoire politique ou la culture américaines. »

On pouvait lire, dans un rapport spécial de Foreign Policy in Focus en 2002, que « les néoconservateurs sont un courant intellectuel issu de la gauche du Parti démocrate au temps de la guerre froide. À la différence d'autres rameaux du mouvement conservateur, ils ont leurs racines sociales et historiques à la gauche de l'échiquier politique. Déçus par le communisme et le socialisme, puis par les “nouveaux démocrates” (tels que George McGovern) qui prirent la tête du Parti démocrate dans les années 70, les néoconservateurs jouèrent un rôle clef dans l'ascension de la “droite nouvelle” des années 80. Les néoconservateurs, parmi lesquels juifs et catholiques sont particulièrement nombreux, ne sont pas, la plupart du temps, des politiciens professionnels, mais des analystes politiques, des idéologues militants, des universitaires qui ont joué un rôle central dans l'élaboration des programmes de nombreux groupes de réflexion, clubs et fondations. Les néoconservateurs croient profondément en la supériorité morale de l'Amérique, ce qui facilite les alliances avec la “droite chrétienne” et d'autres conservateurs sur les questions de société. Mais au contraire des traditionalistes, qui sont le cœur de la droite américaine, ou des isolationnistes, les néoconservateurs sont des internationalistes convaincus. Comme au cours des années 70, les néoconservateurs ont contribué, à la fin des années 90, à faire le lien entre diverses composantes de la droite et à les rassembler sur un nouveau programme de suprématie américaine. »

Likoudniks/Republikoud
Ceux qui s'affirment néoconservateurs expriment parfois une grande admiration pour la tactique du Likoud israélien, y compris le concept de guerre préventive, à l'exemple du raid qu'Israël a mené en 1981 contre le réacteur nucléaire iraqien Osirak, mêlée à des accès soudains d'enthousiasme pour la “démocratie”.

Ils qualifient volontiers leur doctrine de “wilsonisme” (en référence au président Woodrow Wilson). Cependant, plusieurs de leurs critiques de gauche avancent qu'il s'agirait plutôt de la théorie trotskyste de la révolution permanente mâtinée d'un zeste de sionisme à la sauce de l'extrême droite du Likoud. Ces critiques soulignent que les véritables wilsoniens américains croient, entre autres, en l'autodétermination du peuple palestinien.

Paul WolfowitzEn réalité, c'est une exagération, peut-être due aux sentiments antisémites en vogue aussi bien à l'extrême gauche qu'à l'extrême droite, selon lesquels les néoconservateurs feraient passer l'intérêt d'Israël avant celui des USA. Paul Wolfowitz, considéré par beaucoup comme le chef de file des néoconservateurs, s'est exprimé pour l'autodétermination des Palestiniens à de nombreuses reprises, de même qu'Eliot Cohen, professeur renommé de science politique et de stratégie à l'École des Hautes Études Internationales [School of Advanced International Studies] de l'université Johns Hopkins, considérée comme un creuset de la pensée néoconservatrice.

Le néoconservatisme s'est développé à la fin des années 60 et au début des années 70. La guerre des six jours entre Israël et les États arabes a été le tournant décisif, qui a retourné une grande partie de la gauche contre Israël alors que les pères du néoconservatisme demeuraient des avocats enthousiastes d'Israël. Le mouvement a gagné en influence aux États-Unis et au sein du Parti républicain. Son poids s'est particulièrement fait sentir en politique étrangère. L'une de ses thèses fondamentales est l'importance vitale d'Israël comme partenaire stratégique des USA. C'est l'alliance Republikoud telle que définie par Nima Shirali, qui écrivait, en février 2003, que « les relations entre les États-Unis et l'État d'Israël confortent leurs stratégies respectives. Dans un sens, l'aide américaine est essentielle à la survie d'Israël. Dans l'autre, cette assistance perpétue une alliance bénéfique pour les USA. Il est devenu clairement évident que la stratégie des Républicains accorde la priorité à l'aide militaire et économique à Israël, sans parvenir, jusqu'à présent, à en obtenir les concessions territoriales préalables à toute réconciliation [avec les Arabes] »

Certains estiment en effet que le simple refus de concessions territoriales, sans même parler du retrait des territoires de Cisjordanie conquis en 1967 exigé depuis longtemps par l'ONU, permet au Likoud d'entraîner le Parti républicain dans un soutien toujours plus grand à un conflit militaire et technologique sans fin dont tant les dirigeants du Likoud que ceux du Grand Old Party tirent parti. Si l'ennemi (Iraq ou Iran) réussit à acquérir des technologies dangereuses, comme le nucléaire ou les biotechnologies, cela pourrait servir de prétexte à des raids ou des guerres préventives. Le refus de limiter effectivement le développement de telles armes est un autre point incontournable du bloc Republikoud : George Bush s'est retiré d'un grand nombre d'accords internationaux pour le contrôle des technologies [militaires] et Israël a constamment refusé aux inspecteurs des Nations unies d'enquêter sur ses installations nucléaires supposées.

Ce point de vue est toutefois à relativiser car Israël jouit au Congrès américain du soutien des deux partis, républicain et démocrate, ainsi que de la grande majorité des citoyens.
Richard Perle
Personnalités néoconservatrices
Les fondateurs du mouvement néoconservateur sont Irving Kristol (auteur en 1983 du livre Réflexions d'un néoconservateur) et Norman Podhoretz, tous deux rédacteurs du Commentary Magazine. Les néoconservateurs qui comptent sur la scène politique américaine sont Paul Wolfowitz, Richard Perle, David Wurmser, William Kristol (fils d'Irving Kristol), Elliot Abrams (gendre de Norman Podhoretz) et Douglas Feith.

Leo Strauss [1899-1973]
Certains néoconservateurs ont adopté l'enseignement du philosophe Leo Strauss, un Allemand qui a fui le nazisme dans les années 30 pour finalement trouver refuge aux États-Unis et enseigner à l'université de Chicago. Paul Wolfowitz se revendique l'un d'entre eux.

La philosophie de Strauss est controversée, comme contraire à la démocratie. Dans une étude pour Inter Press Service News Agency, Jim Lobe écrit :

Leo StraussHersh dit que Strauss considère ‘les démocraties libérales comme isolées dans un monde hostile' où les conseillers peuvent être amenés à tromper le peuple, et même les dirigeants, pour défendre leur pays.

Shadia Drury, auteur en 1999 du livre très polémique Leo Strauss et la droite américaine, affirme que Hersh a raison sur le deuxième point, mais se trompe totalement sur le premier.

« Strauss n'est ni un libéral, ni un démocrate » explique-t-elle dans une interview téléphonique de son bureau de l'université de Calgary au Canada. « Pour les dirigeants, tromper perpétuellement les citoyens est indispensable (du point de vue de Strauss) car ils ont besoin d'être dirigés, et ils ont besoin d'un pouvoir fort qui leur dise ce qui est bon pour eux. »
Natural Right & History
« Sa référence en matière de démocratie était la République de Weimar (dans l'Allemagne des années 20) qu'il méprisait profondément » ajoute Shadia Drury. Selon lui, le libéralisme de Weimar a finalement abouti à l'Holocauste nazi contre les Juifs.

Pour elle, Strauss enseigne comme Platon que dans la société, « les uns sont faits pour diriger, les autres pour être dirigés. » Mais à l'inverse de Platon, qui croyait que les chefs devaient être dotés d'une haute moralité leur permettant de résister aux tentations du pouvoir, Strauss pense que « ceux qui sont faits pour diriger sont ceux qui réalisent qu'il n'y a pas de morale, mais seulement un droit naturel du supérieur à diriger l'inférieur. »
Shadia Drury
« Pour Strauss, la religion est le ciment qui maintient la cohésion de la société » affirme Shadia Drury. Et elle ajoute qu'Irving Kristol a soutenu, avec d'autres néoconservateurs, que la séparation de l'Église et de l'État était la plus grave erreur des fondateurs de la démocratie américaine.

Selon Shadia Drury, « la société laïque est pour eux la pire des choses » car elle mène à l'individualisme, au libéralisme et au relativisme, qui encouragent les dissensions qui à leur tour affaiblissent dangereusement les capacités de défense de la société contre les menaces extérieures. « Ils veulent une masse modelable comme une pâte » critique-t-elle.

Ce point de vue est cependant contredit par les idées socialement plus progressistes de nombres de néoconservateurs.

Michael Ledeen
La politique des néoconservateurs est aussi fortement influencée par Michael Ledeen. Ledeen a travaillé pour le Pentagone, le Département d'État et le Conseil national de sécurité : il fut aussi mêlé à la vente d'armes à l'Iran dans l'affaire de l'Irangate, qu'il explique dans son livre L'art périlleux de gouverner : l'Irangate vu de l'intérieur. Voici ce qu'écrit William O. Beeman sur Michael Ledeen dans le Pacific News Service :

Michael LedeenLes idées de Ledeen sont reprises quotidiennement par des personnages tels que Richard Cheney, Donald Rumsfeld et Paul Wolfowitz. Ces vues préfigurent le tournant radical de la politique étrangère américaine après la tragédie du 11 septembre 2001. Il pense fondamentalement que la mission de l'Amérique est d'user de sa force pour étendre la démocratie. Il est devenu par conséquent le théoricien de l'occupation de l'Iraq.

Des citations de Ledeen révèlent un ensemble particulier de convictions sur l'attitude américaine envers la violence. « Le changement, et par dessus tout le changement brutal, est l'essence de l'histoire humaine » proclame-t-il dans son livre Machiavel et la domination contemporaine : En quoi les principes de Machiavel sont aussi pertinents et importants qu'il y a cinq siècles. Dans un essai remarqué de la National Review Online, il affirme « la destruction créatrice nous est inhérente. Nous l'appliquons automatiquement… il est temps, une fois de plus, d'exporter la révolution démocratique. »

Ledeen est devenu le maître à penser du mouvement néoconservateur et des actions militaires qu'il a engagées. Son livre de 1996, La liberté trahie ; comment les États-Unis ont mené une révolution démocratique mondiale, gagné la guerre froide, puis abandonné, révèle l'obsession fondamentale des néoconservateurs : Les USA n'ont pas véritablement gagné la guerre froide, l'Union soviétique s'est écroulée sous son propre poids sans tirer un coup de feu. Si les États Unis avaient vraiment gagné, des institutions démocratiques auraient éclos partout où sévissait la menace du communisme.

L'Iraq, l'Iran et la Syrie sont les prochains objectifs visés, d'après Ledeen. La méthode doit être le recours à la force, appelée ‘guerre totale'.

« La guerre totale ne détruit pas seulement les forces militaires ennemies, mais bouleverse la société ennemie au point de les amener à renverser leurs tendances culturelles écrit Ledeen. Épargner les populations civiles ne peut pas être la préoccupation principale de la guerre totale… Son but est d'imposer durablement sa volonté à un autre peuple. »


George Bush
Beaucoup de néoconservateurs se sont vu attribuer des postes importants au Département de la Défense sous la présidence de George W. Bush. Ils ont soutenu l'idée d'une guerre préventive contre l'Iraq en particulier, mais aussi contre plusieurs pays du Moyen-Orient (Iran, Syrie, Libye, Égypte, Arabie saoudite). Immédiatement après l'attaque terroriste du 11 septembre, ils ont réitéré leurs appels à une action contre l'Iraq. L'administration Bush choisit d'attaquer d'abord l'Afghanistan, mais les néoconservateurs ont fini par l'emporter.

Benjamin Netanyahou
Plusieurs néoconservateurs ont travaillé en étroite collaboration avec le parti israélien Likoud. C'est le cas, par exemple, de Perle, Feith et Wurmser. Ils sont les signataires de l'article programmatique de 1996 Sécuriser le sanctuaire : "Une rupture franche" pour le gouvernement Netanyahou, qui défendait entre autres, l'idée d'une guerre préventive contre l'Iraq. Le document défendait également la revendication d'Israël sur Gaza et la Cisjordanie et mettait en garde contre tout processus de paix.

Des différences idéologiques substantielles sont cependant apparues entre néoconservateurs, opposant les purs et durs comme Perle, Feith et Wurmser à de plus modérés tels que Wolfowitz, Cohen et d'autres.

William Kristol
William KristolLe canal principal du mouvement néoconservateur est le Commentary Magazine, publication phare du Comité juif américain, une organisation centriste de Juifs américains. D'autres publications comprennent le Weekly Standard, présentement dirigé par William Kristol et appartenant à Rupert Murdoch. On peut aussi généralement faire confiance à la page éditoriale du Wall Street Journal pour refléter fidèlement les analyses des néoconservateurs.

Mortimer Zuckerman
Mortimer ZuckermanLes huiles du néoconservatisme sont aussi très présentes dans les colonnes de l'hebdomadaire US News and World Report, qui appartient à Mortimer Zuckerman (qui préside également la Conférence des Présidents des Grandes Organisations Juives Américaines). Zuckerman n'est pas lui-même un néoconservateur ; il est un important bailleur de fonds du Parti démocrate. La Conférence des Présidents est un organisme qui représente les organisations représentatives des Juifs américains.

Organisations
Les laboratoires d'idées et les organisations liées aux néoconservateurs sont l'American Enterprise Institute (Institut américain de l'Entreprise), le Project for the New American Century (Projet pour le nouveau siècle américain) et le Jewish Institute for National Security Affairs (Institut juif pour les questions de défense nationale).

Isolement
L'ancien inspecteur en désarmement de l'ONU, Scott Ritter, qui s'est révélé un opposant déterminé à la guerre d'Iraq, voit dans les néoconservateurs « des gens qui rejettent tout ce qui ne rentre pas dans leur cadre idéologique. » À la différence des conservateurs traditionnels, qui « sont capables d'écouter des modérés, et au moins envisager d'autres opinions, les néoconservateurs, explique-t-il, sont si profondément engagés dans leur idéologie qu'ils ne considéreront rien d'autre… Pour être franc, ils ont sur l'Iraq un point de vue à part. »

Pour Ritter, « après que Bush ait échoué aux élections [intermédiaires] à rallier des démocrates et des modérés, il a dû s'appuyer davantage sur sa base néoconservatrice, ce qui a donné tout d'un coup un poids accru à des penseurs marginaux. Ces gens ne sont absolument pas représentatifs de la pensée américaine. Ils tiennent aujourd'hui en main les rênes du pouvoir… »

Pas reéllement "conservateurs"
Les néoconservateurs sont critiqués par beaucoup de conservateurs traditionnels, les "paléo conservateurs", et aussi par des conservateurs d'extrême droite comme John F. McManus. Dans The New American, une publication de la John Birch Society, McManus définit les néoconservateurs comme des conservateurs socialistes, qu'il décrit comme « adversaires du communisme, mais partisans du socialisme et de l'internationalisme. Léon Trotsky, complice autrefois révéré de Lénine, a peut-être été le premier néoconservateur, encore qu'on puisse aussi poser la question à propos de Karl Marx lui-même… Les néoconservateurs défendent le New Deal, qui est du socialisme. Et ils méprisent l'isolationnisme, ce qui signifie que Kristol et ses amis néoconservateurs sont des internationalistes. Dans un article de 1993 du Wall Street Journal, Kristol exprime son enthousiasme pour la sécurité sociale, l'aide médicale gratuite, l'aide alimentaire et même les aides financières pour les mères célibataires… Ces néoconservateurs se sont emparés de l'aile conservatrice du Parti républicain. Et ils y sont parvenus à tel point que le vocable ‘conservateurs' est maintenant appliqué à des individus et des idées qui sont en fait progressistes (de gauche), socialistes et qui ne méritent en aucune façon le qualificatif de conservateurs. »
[..]

Bébés-faucons
C'est la désignation ironique dont ont été affublés les néoconservateurs les plus en vue.

Les néoconservateurs chinois
En République Populaire de Chine, le terme "néoconservateur" a un autre sens qu'aux États-Unis. Il y désigne une philosophie politique, apparue dans les années 90, qui considère toute révolution ou bouleversement dans les structures de l'État comme un danger. Ainsi, les néoconservateurs chinois soutiennent le gouvernement en place, même s'ils n'approuvent pas la phraséologie révolutionnaire de l'idéologie officielle. Il n'est pas aisé de différencier cette attitude du support pur et simple à l'État policier.

La corruption
En ce qui concerne le détournement de la démocratie par divers procédés (financements électoraux, manipulations électorales, alliances contre nature) il se peut que les néoconservateurs des différents pays développés partagent plus ou moins la même attitude, garder le pouvoir par tous les moyens, car c'est aussi s'assurer la fortune. Comme la richesse est aussi ce qui permet de garder le pouvoir, l'élite restreinte qui émerge est celle qui gère le mieux l'interaction entre ces deux aspects. Il n'est cependant pas exclu que ces critiques reposent sur de vieux préjugés antisémites qui subodorent partout des complots mettant en jeu les Juifs et l'argent.

Ceci souligne quand même une différence importante entre les néoconservateurs et les conservateurs au sens conventionnel : la place de la corruption. Alors que les conservateurs traditionnels sont très attentifs aux conflits d'intérêt, aux codes éthiques et à l'estime de leurs pairs, beaucoup de critiques de gauche ont souligné que les néoconservateurs américains et leurs correspondants israéliens s'en moquaient complètement.

Ces partis ont connu plusieurs grands scandales dans ce domaine dans un passé récent, impliquant notamment Ariel Sharon et Dick Cheney, amenant certains à persifler que les néoconservateurs visent en fait à promouvoir une "kleptocratie".[...]

Il existe un groupe, ‘les conservateurs contre Bush' qui défie ouvertement les néoconservateurs de la Maison blanche auxquels ils dénient le titre de conservateurs.


NB : Une partie de cet article est inspirée de celui publié par Wikipedia
en.wikipedia.org/wiki/Neoconservatism_%28United_States%29
d'où sont également tirées plusieurs illustrations.


NDLR
(1) Bien entendu, les trotskystes démentent avec véhémence cette filiation :
www.wsws.org/francais/News/2003/juin03/230503_neoconserteur.shtml
www.wsws.org/francais/News/2003/aout03/310703_Misikprt.shtml

Voir aussi (textes en français)
Europolitica, le site des néoconservateurs français

La République des idées : Internet, la "Toile" des néo-conservateurs, par Isabelle Albaret

La documentation française : Les néoconservateurs, par Jérôme Gallois

Une page sur Leo Strauss

Une page sur Shadia Drury

Voir aussi (textes en anglais)
American Enterprise Institute
Center for Security Policy
The Heritage Foundation
Jewish Institute for National Security Affairs
National Security Advisory Council
National Institute for Public Policy
Policy Review
Project for the New American Century
Êtes-vous un néoconservateur ? Quiz du Christian Science Monitor
War on terror manual for victory
Neoconservatism Online

Liens utiles (textes en anglais)
Les néoconservateurs vus par Ron Paul, un paléoconservateur
Christian Science Monitor les bâtisseurs d'empire
Republikud : Complémentarité des politiques conservatrices des États-Unis et d'Israël, par Nima Shirali

Des conservateurs contre Bush


American conservative

© Disinfopedia et Wikipedia pour l'original ; upjf.org pour la version française.


Mis à jour le 7 septembre 2004 sur le site www.upjf.org