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Israël (Société - mentalités)
Israël (défense - apologie d')

Discours de Tsipi Livni à la 61ème Assemblée Générale de l’ONU
22/09/2006

20/09/06

 

Discours de la vice Premier-ministre et ministre des Affaires étrangères d’Israël, Tsipi Livni [extraits]

 

Lire le discours complet en anglais

 

Texte repris du site de l’Ambassade d’Israël en France.

 

 

Monsieur le Secrétaire Général 

Madame le Président, 

Familles des otages israéliens, pour lesquels nous prions pour un retour sain et sauf, 

Chers délégués, 

Mesdames et Messieurs, 

 

 

[…] Nous voyons les souffrances des habitants du Darfour, nous voyons les massacres et les violences à travers le monde […] Notre planète demeure déchirée par les conflits. Au fond, tout se rapporte à un conflit de valeurs, une bataille des idées. C’est un conflit qui concerne le respect ou le rejet de l’autre, un conflit entre la tolérance et la tyrannie, entre la promesse de co-existence et le monde sans espoir de la haine.

 

Nous voyons tout cela se jouer sur les forums d’Internet et dans les maisons de prière, dans les classes d’écoles et les salles de presse, sur les champs de bataille et dans les couloirs des puissantes institutions. C’est le défi de notre époque.

 

[…] Nous, peuple d’Israël, avons vécu de nombreuses années sur la ligne de front de ce conflit. […] Peuple ancien au cœur du Moyen-Orient – peuple grand par son histoire mais petit par son nombre – nous avons été la cible constante de ceux qui s’opposent à notre simple existence.

 

Nous sommes confrontés à ce conflit par différents aspects : comme Juifs contre les ténèbres de l’antisémitisme, comme Israéliens contre les ennemis de notre Etat, et comme membres du monde libre contre les marchands du terrorisme international.

 

Nous avons été guidés dans ce conflit par deux valeurs centrales qui sont inscrites dans notre déclaration d’indépendance et qui façonnent notre identité nationale.

 

La première, c’est qu’Israël, et son cœur Jérusalem, est la patrie du peuple juif – son refuge à l’abri des persécutions, sa première et dernière ligne de défense. La seconde, c’est qu’Israël est une démocratie, dont les valeurs de justice, de paix et d’humanité, en premier lieu exprimées par les prophètes d’Israël, font partie intégrante de la vocation de notre nation.

 

Nous partageons les mêmes valeurs que la communauté des Etats démocratiques. Nous sommes prêts, et fiers, à être jugés par eux. Ils sont les nôtres. Mais trop souvent, il y a un fossé entre la perception et la réalité. Trop souvent, on ne perçoit pas Israël pour sa créativité unique et son esprit d’initiative, pour sa contribution aux sciences et à la littérature, au développement humain et à l’innovation – contribution qui va bien au-delà de sa taille pour ce petit pays.

 

En beaucoup d’endroits du monde, nous sommes vus principalement à travers le filtre du conflit israélo-arabe. Et trop souvent, ce filtre distord. Pour beaucoup, ce conflit illustre le combat de David et Goliath, Israël étant injustement perçu comme Goliath. Mais cette image simpliste ignore le fait qu’Israël demeure une démocratie menacée dans une région hostile.

 

Nous avons, par nécessité, la capacité de nous défendre, mais nous serons toujours tenus par nos valeurs. Et cependant, nous faisons face à un ennemi qui désire utiliser, lui, tous les moyens à sa disposition, qui désire tuer sans retenue et sans distinction.

 

Chaque victime innocente dans un conflit est une tragédie. Il n’y a pas de différence entre les larmes d’une mère israélienne pleine de chagrin et celles d’une mère palestinienne pleine de douleur. Mais il y a une différence morale entre les terroristes qui cherchent à viser les civils, et les soldats qui ciblent les terroristes tout en cherchant à éviter de porter atteinte aux civils.

 

Pour protéger son intégrité, la communauté internationale doit soutenir cette distinction morale essentielle. Le terrorisme est du terrorisme, même quand on veut l’appeler résistance. Il ne peut être justifié et il ne peut être mis sur le même plan que les actions de ceux qui cherchent à s’en défendre.

 

Madame la Présidente,

 

Si nous voulons protéger nos valeurs, il ne suffit pas de croire en elles ; nous devons agir en accord avec elles. Il n’y a pas de plus grand défi contre nos valeurs que celui posé par les dirigeants d’Iran. Ils nient et raillent l’Holocauste. Ils parlent fièrement et ouvertement de leur désir de rayer Israël de la carte. Et maintenant, par leurs actions, ils acquièrent les armes pour atteindre leurs objectifs, pour mettre en péril la région et menacer le monde.

 

Le moment de vérité, Madame la Présidente, le voici.

 

La communauté internationale n’a pas de plus grande responsabilité que de s’opposer à ce danger grandissant - pas seulement pour Israël, mais pour elle-même ; pour les valeurs dont elle se réclame, pour le monde que nous voulons offrir à nos enfants.

 

Que faut-il de plus pour que le monde prenne cette menace au sérieux ? Que faut-il de plus pour mettre fin aux hésitations et aux excuses ? Nous connaissons les leçons du passé. Nous connaissons les conséquences de l’apaisement et de l’indifférence. Il n’y a pas de place pour de tels dirigeants dans cette enceinte.  Il n’y a pas de place pour un tel régime dans la famille des nations.

 

[…] L’année dernière, un grand dirigeant d’Israël, Ariel Sharon, se tenait devant cette assemblée et disait : « Les Palestiniens seront toujours nos voisins. Nous les respectons, nous n’avons aucune aspiration à les diriger. Ils ont aussi droit à la liberté et à une existence nationale et souveraine dans leur propre Etat. »

 

Ce n’était pas seulement la voix et la vision d’un homme. C’est la voix et la vision de la nation israélienne. […]

 

Il y a, en effet, une vision commune qui lie ensemble les Israéliens, les Palestiniens modérés et la communauté internationale. Cette vision répond aux objectifs des deux peuples et représente la base d’une paix véritable et durable : celle de deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte en paix et en sécurité. Israël croit en cette vision à partir de laquelle nous avons tracé nos principes pour la paix.

 

Le premier de ces principes est inhérent à l’idée même de deux Etats. Pour le peuple juif, Israël a été établi pour être notre patrie. Israël a été la solution aux réfugiés juifs et à la réalisation de nos droits nationaux.

 

Et c’est la réelle vocation du futur Etat palestinien : une patrie pour le peuple palestinien, la solution aux revendications palestiniennes, l’accomplissement des rêves palestiniens, la réponse aux réfugiés palestiniens, où qu’ils demeurent.

 

Si les dirigeants palestiniens ne peuvent le dire, le monde devrait le dire pour eux. Au lieu de donner de faux espoirs, il est temps de cesser d’exploiter la question des réfugiés et de commencer à la résoudre sur la base de la vision de deux Etats, deux patries.

 

C’est la réelle et seule signification de la vision de deux Etats. Elle requiert que chaque peuple accepte ses droits et les réalise par l’établissement de sa propre patrie, mais pas dans celle de l’autre.

 

Le second principe pour la paix réside dans l’idée de vivre en paix et en sécurité. Sur la base de ce principe, la communauté internationale a insisté pour que l’Etat palestinien voisin d’Israël ne puisse être un Etat terroriste. C’est la dernière chose dont notre région ait besoin.

 

C’est pour cette raison que la Feuille de route requiert la fin du terrorisme. C’est pour cette raison que la communauté internationale a demandé que tout gouvernement palestinien remplisse trois conditions de base : renoncer au terrorisme, reconnaître le droit d’Israël à exister, et accepter les accords israélo-palestiniens existants. […]

 

Une fin du conflit israélo-palestinien nécessitera également un accord sur une frontière commune. Il y a ceux qui croient que si seulement nous retournions à la situation qui prévalait en 1967, tout serait résolu. Mais en 1967, il n’y avait pas d’Etat palestinien, il n’y avait pas de lien entre la bande de Gaza et la Cisjordanie, et il n’y avait pas d’engagement pour une paix durable.

 

Une solution de deux Etats requiert une nouvelle réalité, une réalité qui n’a jamais existé par le passé. Pour son succès, les deux parties devront s’engager dans la voie du compromis et croire à la coexistence.

 

Madame la Présidente,

 

Si seulement nous pouvions clore ce conflit aujourd’hui. Mais nous avons appris, amère expérience, que pour atteindre une paix durable, une vision ne suffit pas. La paix doit être construite sur les fondations solides de valeurs partagées, non sur les sables mouvants de fausses promesses.

 

Sans cela, l’horizon politique sera toujours hors d’atteinte. Nous avons vu des négociations ruinées par le manque de confiance et la déception. Nous les avons vues mises à terre pour une violence plus grande, au détriment d’une plus grande compréhension. Nous ne pouvons nous permettre de recommencer cette expérience.

 

Malheureusement, l’Autorité Palestinienne est dominée aujourd’hui par une organisation terroriste qui enseigne aux enfants à haïr et cherche à transformer le conflit d’une dispute politique soluble en une confrontation religieuse sans fin.

 

Le conflit israélo-palestinien est la conséquence, et non la cause, de cette idéologie d’intolérance et de haine. Nous ne pouvons pas obtenir la paix en ignorant ces réalités. Nous ne pouvons pas trouver de solutions pour demain sans traiter les problèmes d’aujourd’hui.

 

Mais nous ne pouvons pas non plus abandonner l’espoir, je m’y refuse.

 

Au Moyen-Orient, où être modéré est souvent considéré comme être faible, notre défi est de renforcer les personnes vouées à la réconciliation et d’affaiblir leurs opposants. […]

 

Madame la Présidente,

 

En ces jours, les Juifs s’apprêtent à accueillir la Nouvelle année et les Musulmans du monde entier préparent le mois saint du Ramadan. Alors que deux grandes fois entament leur voyage annuel de réflexions et de décisions, faisons en sorte que les nations du monde fassent aussi ce travail. […]

 

Le message de ces jours particuliers est qu’aucun futur n’est prédéterminé. Aucun conflit n’est inévitable. Il ne dépend que de nous de faire les bons choix. C’est par eux que l’Histoire nous jugera.

 

Puissent les malédictions de l’année passée prendre fin ; puisse la bénédiction de cette nouvelle année commencer.

 

Shana Tova. 

 

© Ambassade d’Israël en France

 

 

Mis en ligne le 21 septembre 2006 sur le site de debriefing