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Christianisme

’Relations avec les Juifs au coeur de la pensée du pape’, Mgr Gourion
05/04/2005

www.afiq.net/echo/article.php3?id_article=1029

Propos de Mgr Jean-Baptiste Gourion, évêque auxiliaire de Jérusalem chargé des communautés catholiques hébraïques, recueillis par Jean-Marie Allafort à l’occasion de la mort de Jean-Paul II :


Le pontificat de Jean-Paul II a été en crescendo. Le Pape a continuellement réfléchi et évolué. Il a pénétré les réalités avec de plus en plus de profondeur à travers les obstacles qu’il a pu rencontrer. Pour nous qui sommes ici et qui vivons au milieu du peuple juif, il a été une voix. Au début, on a voulu lui faire un procès parce qu’il était Polonais et donc soi-disant antisémite.

Jean-Paul II s’est fixé l’an 2000 comme date essentielle où il allait pouvoir dire et faire ce qu’il désirait avant son départ. On savait qu’il y avait longtemps qu’il voulait venir en Terre Sainte et il a réalisé son souhait. Malheureusement, il n’a pas pu en réaliser un autre qui lui tenait à cœur : se rendre en Russie. L’œcuménisme étant aussi un grand souci de son pontificat.

Il a donné un visage humain, vivant et touchant de l’Eglise en demandant pardon pour les fautes du passé. C’était important que les chrétiens reconnaissent qu’ils avaient péchés.

Les relations avec les Juifs étaient au cœur de sa pensée. En posant les gestes qu’il a posés : au Yad Vachem il a affronté de plein pied la fournaise de l’Holocauste, dans ce lieu symbolique, au milieu de l’Israël vivant ; au Mur occidental, le Pape a fait quelque chose d’inouï : il s’est comporté comme un juif pieux. C’est la même prière qu’il aura dite à Rome et déposée à Jérusalem.

Jean-Paul II était un homme de contact, ce n’était pas un homme de dossiers. Il a changé le cours des relations judéo-chrétiennes. Ses condamnations de l’antisémitisme sont radicales et sans ambiguïtés, et s’il y avait des retours en arrière, ce serait insoutenable. Il a réappris aux chrétiens le respect qu’ils doivent aux Juifs et leur place incontournable dans l’histoire du Salut.

Ma nomination comme évêque responsable de la communauté catholique hébraïque en Israël était un acte de confiance et de respect, et je sais qu’elle fut directement voulue par lui.

Si nous mettons en pratique ce qu’il nous a demandé, au niveau du pardon et du respect des autres, nous avons les moyens de redonner à l’Eglise le visage qu’elle aurait dû toujours avoir vis-à-vis des Juifs.


© www.afiq.net


Mis en ligne par M. Macina, le 05 avril 2005 sur le site www.upjf.org.