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Israël (Société - mentalités)

"Aharaï !" : Après moi...
24/08/2005

Qui peut tenir tête à Ariel Sharon ? Conformément à sa légende et à son caractère, il est passé le premier sur le corps de la politique de peuplement juif de la terre d’Israël, qui fut longtemps sa doctrine. Les déracinés ont dû suivre. Mais, quand il se retournera, l’illustre général trouvera-t-il encore des gens prêts à le suivre ?

24/08/05

Nous avons reçu de l’un d’entre vous un message attristé que je résume, ci-après :
"Je ne comprends pas : tout se serait-il bien passé ? La majorité des Israéliens sont-ils vraiment pour le retrait ? Qui sont les sondés (interrogés: 59% en faveur du retrait !) ? Les nantis de Hertzlia, Ramat Aviv guimel, ou les gauchistes inconscients ? Indéniablement les sondés ont été choisis et ne sont pas représentatifs de la population israélienne. Et quid du désarroi des déracinés ?..."
 
Cette interpellation (qui fait allusion à notre publication des résultats d’un sondage (1) était accompagnée d’une lettre ouverte au Premier Ministre Ariel Sharon, que nous ne pouvons pas reproduire, en vertu de notre politique de soutien à TOUS les gouvernements d’Israël. Toutefois, à titre personnel, et sans que ce qui suit engage en rien l’UPJF, ni ne représente son opinion, je me permets, à mes risques et périls, de publier ici ce petit sketch satirique, pour faire comprendre à notre interlocuteur et à celles et ceux qui sont de son avis - je sais qu’ils sont nombreux -, que je partage leur douleur et leur inquiétude. Simplement, je m’en remets au gouvernement actuel, et à celui qui le suivra éventuellement, parce que nous ne pouvons pas substituer nos vues - si justes soient-elles - aux obligations cruelles de la politique des dirigeants de ce pays, qui, nous le savons, ne font pas non plus ce qu’ils veulent, car nous sommes dépendants. D’ailleurs, souvenons-nous : Israël a vécu, dans le passé, des crises très graves, comme celle, entre autres, du canonnage, par la Haganah, de l’Altalena (2), qui a coûté la vie à des Juifs. Mais, même après ce dramatique épisode, le peuple est resté uni. Et si rien ne peut se comparer à l’évacuation de territoires dont nous venons d’être témoins, et au déracinement déchirant de Juifs par d’autres Juifs - expulseur et expulsé pleurant parfois dans les bras l’un de l’autre -, il faut cependant rester unis et ne pas diaboliser ceux qui, de par leur élection démocratique, sont en charge du destin de la nation, hic et nunc, même s’ils ont fait de leur mandat une chose qui nous déconcerte, voire nous désespère. Nous sommes une petite nation contestée, dans une mer de populations hostiles : notre seule chance de salut est dans l’unité et la foi en la résilience de notre peuple. Am Israel haï !
 

"J’étais le premier à y croire,

Je fus l’un des premiers à vous y envoyer...

Maintenant, il faut quitter tout cela.

Courage !

Un jour vous comprendrez.

Aharaï ! Après-moi.

Vous verrez, tout ira bien...

Aux urnes, citoyens !

Ben, ben... où sont-ils passés ?..."

 

Si seulement c’était un ’canard’ !

Hélas! Non, c’est la réalité....

Menahem Macina

[Mes remerciements à Mike T., de Jérusalem, qui m’a adressé ce cartoon sans commentaires.]

Notes

(1) Un récent sondage publié par Haaretz et réalisé par l’institut d’opinion publique "Dialogue", ces dernières 48 heures, auprès des adhérents du Likoud, contredit nettement celui dont nous nous sommes fait l’écho. Il en ressort que Netanyahou creuse l’écart devant Sharon et qu’en cas d’élections primaires pour la direction du parti, B. Netanyahou aurait 46,9 % des intentions de vote - contre 30,5 % seulement pour A. Sharon.
(2) L’"Altalena" (pseudonyme littéraire de Jabotinsky) était un bateau qui transportait des armes achetées par l’Irgoun en Europe. Il convoyait également 900 immigrants juifs. Quand il arriva en vue de la côte israélienne, le 20 juin 1948, David Ben-Gourion, alors Premier ministre et ministre de la Défense du gouvernement provisoire, exigea que les armes soient remises à Tsahal, émanation de la Haganah et armée officielle du nouvel Etat. Le 23 juin, après l’échec des négociations, le bateau jeta l’ancre au large de Tel-Aviv. Ben Gourion ordonna alors de le torpiller pour empêcher le déchargement des armes et des munitions. Le bateau coula, 16 personnes à bord périrent, et de nombreuses autres furent blessées. Cet épisode marqua les esprits et laissa aussi des blessures profondes. Mais le message était clair : aucune force dissidente ne serait tolérée. (Ndt : d’après "Lexicon of Zionism"). Mike T. nous rappelle que c’est à Yizhaq Rabin que Ben Gourion confia la tâche d’empêcher l’Altalena de livrer les armes qu’il transportait à l’Irgoun et aux autres groupes qui avaient combattu les Anglais aux côtés du Palmach et de la Haganah, même si ce fut souvent en dissidence avec eux.

Mis en ligne le 24 août 2005, par M. Macina, sur le site upjf.org