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Droits humains, racisme, antisémitisme, etc.
Antisémitisme
Antisémitisme arabo-musulman

La bête immonde et barbare ne s’endort jamais tout à fait, Guy Millière
21/09/2006

France Israël,  septembre 2006
 
 
L’antisionisme, comme l’a magistralement montré Paul Giniewski *, a longtemps servi de masque à l’antisémitisme contemporain. C’est toujours le cas, et il suffit d’allumer la télévision ou la radio et de lire un journal ou un magazine pour discerner le traitement discriminatoire subi par Israël.
 
Il semble néanmoins que des pas supplémentaires soient en train d’être franchis, et qu’après avoir été longtemps assimilé à l’infamie, l’antisémitisme comme tel redevienne toléré. Comme il revient par la gauche et par l’islam, il bénéficiera de l’onction des bien pensants, parfois même de juifs pratiquant la haine de soi ou la dhimmitude, et nous risquons d’être peu nombreux à le combattre.
 
D’ores et déjà, les signes abondent. Dans un article publié par un grand quotidien norvégien [1], voici quelques semaines,  Jostein Gårder, l’auteur du best seller international, Le monde de Sophie, écrivait posément, au milieu d’un torrent de falsifications et d’injures, qu’« Israël n’existe pas », et précisait - dans un raccourci qui allait de la destruction du Second Temple de Jérusalem à la situation contemporaine, en passant par l’ère des pires persécutions et par la shoah - que « depuis deux mille ans, nous avons parlé d’humanisme, mais Israël n’a pas écouté ». Je n’irai pas jusqu’à dire que Gaarder désignait les juifs comme les ennemis de l’humanité, mais, en le lisant, je n’ai pu m’empêcher de penser que c’est ce que signifiaient ses mots. 
 
En France, le journal Le Monde a publié, au cours de l’été, divers textes haineux envers Israël où il apparaissait, de manière récurrente, que ceux que l’on détestait, en fait, étaient les membres de ce que le général De Gaulle, en d’autres temps, avait appelé un « peuple dominateur et sûr de lui ». Les signataires de ces textes étaient souvent prestigieux. On y trouvait des prix Nobel de littérature comme José Saramago, ou Harold Pinter ; des scientifiques, tel Jean-Marc Lévy-Leblond ; un philosophe marxiste, Etienne Balibar, un auteur de romans d’espionnage, John Le Carré [2]. Aucun n’a eu peur pour sa réputation en plaçant son nom en bas d’un texte qu’en d’autres temps, le Stürmer aurait pu trouver très acceptable. Aucun n’a eu honte. Aucun n’a eu de raisons d’avoir honte. Comme me le disait, avec préoccupation, voici peu, William Kristol, rédacteur en chef du Weekly Standard, dans son bureau de Washington : « une accoutumance au pire est en train de se former ».
 
On voit l’accoutumance au pire dans le peu de réactions aux discours néo-hitlériens de Mahmoud Ahmadinejad et dans le fait que Koffi Annan, Javier Solana, ou le socialiste français, Jack Lang, lui rendent visite, lui serrent la main, lui parlent poliment et ne lui font pas la moindre remontrance. On voit l’accoutumance dans le fait que personne, dans la presse européenne, n’emploie le mot terroriste pour parler du Hezbollah, et dans le fait que personne non plus ne rappelle que la raison d’être centrale du Hezbollah est la destruction d’Israël et de sa population, et que les discours de Nasrallah menacent d’extermination non seulement les Israéliens, mais aussi les juifs. On a même vu des journalistes de la télévision française interviewer leurs « collègues » d’al Manar : vous savez, la chaîne où l’on produit des téléfilms adaptant les "Protocoles des Sages de Sion" et où l’on voit des comédiens déguisés en juifs égorger des enfants arabes afin d’obtenir le sang nécessaire à la fabrication du pain azyme [3].
 
L’accoutumance au pire touche même les Etats-Unis, désormais. Des intellectuels très « politiquement corrects » s’autorisent des propos nauséabonds : ainsi, John Mearsheimer, professeur de sciences politiques à l’Université de Chicago qui, voici peu, dénonçait devant une assemblée du principal mouvement islamique outre-Atlantique, le « lobby pro-israélien » censé téléguider la politique étrangère américaine, et la présence d’un grand « nombre de juifs »  au sein de l’administration Bush [4]. Le principal mouvement de soutien au parti Démocrate, Moveon.org, a laissé passer sur son site des messages se réjouissant de la défaite du « juif Lieberman » et, comme l’a remarqué très justement Robert Goldberg dans un article du Washington Times [5], la quasi-totalité de ceux qui, par centaines, ont répondu à ces messages et les ont approuvés avec enthousiasme.
 
William Kristol me disait que la situation était moins grave qu’en 1938. Israël existe et résiste, c’est vrai. La première puissance du monde, les Etats-Unis, ont la première communauté juive du monde et sont gouvernés par un homme droit, lucide et déterminé. Il n’en reste pas moins que cela fait six décennies que pareils miasmes ne se sont disséminés dans l’air du temps. La vigilance s’impose et, pour mieux éviter le pire, mieux vaut se dire qu’il peut survenir à nouveau.
 
L’histoire nous apprend que la bête immonde et barbare ne s’endort jamais tout à fait.
 
Guy Millière
 
© France Israël
 
* Paul Giniewski, Antisionisme, le nouvel antisémitisme, Cheminements, 2005.
 
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Notes d’upjf.org
 
[1] Voir, sur notre site : "Le peuple choisi par Dieu, Jostein Gaarder".
[2] Voir, sur notre site : "John Le Carré et le crocodile islamiste".
[3] Voir, sur notre site : "TV du Hezbollah: Comment les Juifs égorgent un enfant chrétien (PMW)". 
[4] Voir, sur notre site : "Révélation exclusive ! L’arme secrète du lobby pro-israélien".
[5] Libre opinion de R. Goldberg, parue le 29 août 2006, sous le titre :"Donkey see, monkey do".
 
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Mis en ligne le 22 septembre 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org