Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Conflits, terrorisme, oppression, etc.
Terrorisme

La guerre en Irak a-t-elle développé le terrorisme islamiste, LSA Oulahbib
26/09/2006

25/09/2006
 
Sur le site resiliencetv.fr
 
 
La guerre en Irak serait cause de l’accroissement du terrorisme islamiste. C’est ce que soutient un récent rapport américain. Il est pourtant loisible de constater qu’elle a plutôt servi de prétexte, de justification à une pratique totalitaire qui n’a pas eu besoin de la guerre en Irak pour se manifester avant 2003.

On peut, certes, immédiatement rétorquer que ce rapport (comme d’autres avant lui) ne prétend pas placer la guerre en Irak comme cause première de l’émergence, en général, de la menace islamiste, mais comme "huile jetée sur le feu".

Mais cette objection ne tient pas, parce qu’elle veut fait croire que l’extension de la terreur islamiste serait le produit d’une erreur, d’un dysfonctionnement, en quelque sorte, à savoir la guerre en Irak, et que, sans cela, cette menace serait seulement latente ; voire inexistante, ajoutent certains, si et seulement si, l’on répond à son insatisfaction s’agissant de la place de l’islam dans la société et de l’avenir du peuple palestinien.

Sauf que, pour l’islam politique, "la place de l’islam" doit être la première et qu’Israël doit être rayé de la carte. Ce sont les motivations mêmes de l’islam politique. Sans elles, il disparaît. Dans ces conditions, tout ce qui peut surgir et se stabiliser comme terrain d’affrontement est pain bénit pour ce genre de stratégie politique, qui n’est pas une réaction à des manques sociaux divers mais un propension à des projets de reconquête et d’espérance messianique. Répondre qu’il ne faut pas lui en donner le prétexte, c’est entrer dans le cercle vicieux qui montre qu’en Irak, aujourd’hui, des attaques répétées sont fomentées contre des civils, alors que, dans le même temps, l’islam religieux n’a jamais été aussi prospère, au détriment même des autres religions, et que de tels attentats empêchent les forces de la Coalition de s’en aller... Ce qui est pour le moins paradoxal.

Par ailleurs, l’Irak n’était pas une terre dominée par les islamistes comme en Afghanistan. Alors, comment se fait-il que le premier cas enflamme plus que le second, toujours selon ce récent rapport ?

Parce qu’il y a eu les prisons de Guatanamo et d’Abou Greib, répondra-t-on peut-être. Certes. Sauf que l’on peut rétorquer que si ces deux événements ont enflammé la conscience islamique c’est beaucoup moins à cause de l’emprisonnement, en tant que tel, voire des sévices qui ont pu avoir lieu dans la seconde prison (parce que ce genre d’ignominies pullulaient au temps de Saddam - et n’oublions pas que les services secrets algériens ont tué des dizaines de milliers d’islamistes en prison, etc.), mais bien parce qu’ils frustraient l’espoir islamique de retrouver la gloire d’antan. Le spectacle de ces militants, qui croupissaient là, en prisonniers, vêtus de combinaisons orange (accoutrement que les partisans d’Al Qaïda firent ensuite porter aux otages qu’ils assassinaient précisément pour conjurer ce retour à la réalité), témoignait que l’islam politique pouvait être défait et ne plus jamais connaître la gloire d’antan, si ce n’est dans des spasmes accidentels, ceux que procure l’acte même d’assassiner, la giclée de sang faisant office de flash, et l’islam, de drogue dure.

Dans ces conditions, il est très dommage que toute une pensée du dysfonctionnement, de l’erreur fonctionnelle, serve ainsi de réponse toute faite (et elle s’en sert tout autant pour le Pape, ou, en France, pour Sarkozy, s’agissant de la délinquance), alors qu’elle devrait faire comprendre que la volonté humaine, dans ses motivations fondamentales, ses raisons profondes, ne se nourrit pas, en premier, de pain, mais d’espoir fondé sur des images fortes qui véhiculent de la gloire, du prestige, voire des richesses.
 
C’est du moins ce que la science politique nous apprend depuis Hobbes et Machiavel.
 
Samir Oulahbib
 
© resiliencetv
 
Mis en ligne le 26 septembre 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org