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Judaïsme

Histoire : le sanhédrin à Tibériade, Michel Remaud *
02/11/2006

Avec sa concision et sa maîtrise, bien connues, des sources juives, le Père Remaud nous offre cette précieuse note – certes, succincte, mais où rien d’essentiel ne manque - qui retrace l’histoire des pérégrinations du sanhédrin au cours des cinq premiers siècles de notre ère. (Menahem Macina).

01/11/06 

Sur le site de "Un écho d’Israël".

 

Voir aussi : "Archéologie : mise au jour du sanhédrin à Tibériade".

 

 

Pendant le siège de Jérusalem par Titus, en 70, Rabbi Yohanan ben Zaccaï était parvenu à quitter la ville, dans des conditions dont le récit est fortement marqué de légende, pour gagner Yavné, dans la plaine côtière. Avec les sages qui l’y rejoignirent ensuite, il y fonda un sanhédrin dont la tâche la plus urgente fut de jeter les bases d’un judaïsme sans temple.

 

Yavné ne devait pas rester longtemps le centre de la vie juive. La révolte de 135, et la répression qui s’ensuivit, conduisirent le sanhédrin à se déplacer vers le nord pour gagner la Galilée, qui avait été relativement épargnée par les événements, et qui devint, pour plusieurs siècles, le principal foyer de la vie religieuse et intellectuelle du peuple juif en terre d’Israël. Après environ un siècle de pérégrinations (Usha, Shefaram, Beth-Shéarim, Séphoris), le sanhédrin établit son siège à Tibériade vers le milieu du troisième siècle.

 

Tibériade avait été fondée par Hérode Antipas, qui l’avait ainsi nommée en l’honneur de Tibère César. Les travaux furent entrepris en l’an 14 de notre ère. Inaugurée en l’an 18, la ville devint la capitale administrative de la Galilée. À la mort d’Hérode Agrippa, en 44, Tibériade passa sous administration romaine. Vers la fin de la première moitié du troisième siècle, le patriarche (le nassi) et le sanhédrin en firent leur lieu de résidence. Tibériade devait rester la véritable capitale du judaïsme jusqu’à la conquête arabe. Le Talmud dit « de Jérusalem », appelé aussi parfois Talmud palestinien, y fut composé pour l’essentiel.

 

Le patriarcat fut aboli par l’empire romain en 425, quelques années après la mort du patriarche Gamaliel VI, mais la vie intellectuelle à Tibériade ne cessa pas pour autant. En 520, Mar Zutra, fils de l’exilarque babylonien, vient s’y établir et devint le chef de l’académie locale. C’est encore à Tibériade que fut mis au point par les massorètes, dans le haut Moyen-Âge, le système de vocalisation du texte biblique, dit massorétique.

 

Toujours considérée dans le judaïsme comme une « ville sainte » (avec Jérusalem, Hébron et Safed), Tibériade est le lieu de sépulture de plusieurs personnages importants de l’histoire juive, en particulier Maïmonide, Rabbi Aqiba, Rabbi Hiya, Rabbi Méir baal-ha-nes (Rabbi Méir, le thaumaturge) et quelques autres, dont les tombeaux sont des lieux de pèlerinage très fréquentés.

 

Michel Remaud *

 

© Un écho d’Israël

 

 

* Le Père M. Remaud est directeur de L’Institut Chrétien d’études Juives et de littérature hébraïque à Jérusalem.

 

Mis en ligne le 02 novembre 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org