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Judaïsme

Cachez-moi ces nombrils que je ne saurais voir ! Ch. Et. Nephtali
07/11/2006

 

06/11/06

 

Il n’est pas dans mes habitudes de traiter de « sujets légers ». Une fois n’étant pas coutume, je le fais, à titre exceptionnel, dans ce texte relatif à ce que je me permettrais d’appeler « un genre de relâchement de la morale juive », à moins que ce ne soit seulement, et de manière regrettable, un manque d’éducation tout court. Bien que sachant qu’il y a toujours plus grave dans le cadre du « relâchement de la morale juive » ou du manque d’éducation, pour moi, rien n’est rien.

 

Les personnes de ma génération se souviendront sans doute de cette chanson dans laquelle Georges Brassens nous contait, à sa façon, la pitoyable histoire du pauvre homme qui appréhendait de « mourir sans avoir vu le nombril de la femme d’un flic », et qui, sur le point d’en voir un, rendit l’âme.

 

Autres temps, autres mœurs : de nos jours, nous pouvons être sûrs, ou presque, de ne pas passer dans l’autre monde sans avoir vu de nombreux nombrils de femmes, qu’elles soient de flics ou non !

 

Je ne fais naturellement pas allusion à ces nombrils de femmes, décorés ou pas, que nous voyons sur nos plages : nous ne sommes plus en ‘36, à l’époque des premiers congés payés !

 

Je ne fais naturellement pas allusion à ces nombrils de femmes – enceintes comprises -, que nous voyons dans les grandes surfaces et dans les rues de nos villes… pas seulement balnéaires !

 

Non, je ne fais allusion qu’aux nombrils – certes, encore peu nombreux -, dont je fus, récemment, témoin de visu, à l’occasion de nos belles fêtes de Tichri, qui viennent de se terminer (à l’année prochaine, Be‘ezrat Hachem - et non Inch Allah (1) -, comme disent encore certains, hélas) dans une synagogue, dont je tairai pudiquement le nom.

 

Ainsi donc, après les décolletés (2), aussi plongeants que les jupes et/ou robes sont courtes (plus haut que mi-cuisses), après les robes longues, fendues pratiquement jusqu’à la hanche, les nombrils font maintenant une apparition (timide) dans nos lieux de culte.

 

Une femme d’un certain âge, très distinguée et très bien vêtue, à la façon des « Dames du temps jadis », qui manifestait déjà, et à juste titre, d’ailleurs, son profond mécontentement à l’égard d’un groupe de jeunes femmes qui parlaient et riaient bruyamment pendant la prière (des hommes en faisaient autant), faillit, me prenant à témoin, s’étrangler en voyant le nombril de certaines d’entre elles.

 

A la fin de l’office, ne pouvant que l’approuver mais essayant cependant de la calmer un peu, je lui dis que ces femmes voulaient sûrement « être à la mode », et crus bon, en guise de boutade, de lui faire remarquer qu’un des nombrils exhibés était orné de brillants et de petites chaînettes au bout desquelles pendouillait… un maguen David en argent.

 

Sans même sourire, mon interlocutrice me rétorqua presque sèchement : « Ce n’est pas forcément une question de mode, Monsieur, mais plutôt d’éducation ». Et d’ajouter, sur un ton insistant : « Savez-vous, Monsieur, que dans des familles juives, on en est encore resté, pour des fêtes, à certaines coutumes orientales avec musique arabe (3) et you-yous - ces coutumes qui rappellent la danse du ventre avec nombril à l’air ! ». Et de renchérir : « Les radios juives ont leur part de responsabilité, car elles diffusent de la musique arabe durant de longues heures (4), et font de la publicité pour des vacances à bas prix dans des pays arabes ». Elle me stupéfia lorsqu’elle me demanda : « Savez-vous, Monsieur, que Bialik disait qu’il détestait les Arabes, parce qu’ils ressemblaient aux Sépharades ? »

 

Ciel ! Si j’avais bien entendu dire que Madame Golda Meïr appelait les Sépharades « les Juifs des grottes », j’ignorais, par contre, ces paroles du poète Bialik, à moins que ce ne soit celles d’un homonyme.

 

Cette dame si distinguée exagérait peut-être un peu. Mais, dans mon for intérieur, je pensais qu’elle avait peut-être partiellement raison, après tout. D’autant que je suis de ceux qui s’insurgent contre ces you-yous vulgaires et cette musique arabe, à l’occasion d’un mariage et/ou d’une bar-mitzva, you-yous que l’on peut entendre jusque dans des synagogues (5), et même, m’a-t-on dit - mais cela me semble énorme -, dans des salles de mariage de mairies. Ces mêmes you-yous - ou ces cris qui leur ressemblent (en moins hystériques) -, que l’on entend dans les rues de Gaza, Naplouse, Ramallah, Rabat ou Tunis, lorsque des attentats tuent et mutilent des Israéliens.

 

Je dois avouer, cependant, que je n’avais jamais spécialement fait un lien quelconque entre les nombrils, la danse du ventre, les you-yous, la musique arabe et les voyages dans les pays arabes.

 

Pauvre de moi ! Je reconnais que je suis vieux jeu, très vieux jeu même, ringard, comme disent certains. Je l’avoue presque avec honte, tellement c’est peu dans « l’air du temps » ; mais à mon âge, c’est sans remède : je ne changerai pas. Je n’y tiens pas du tout, d’ailleurs !

 

Je pense, cependant - et je ne dois pas être le seul dans ce cas, si j’en juge par les récriminations de la dame distinguée, évoquées plus haut -, qu’il serait bon que certaines femmes aient un peu plus de pudeur, de respect et de tenue dans un lieu de prière.

 

Charles Etienne Nephtali

 

© upjf.org

 

 

Nota : Afin que mon texte ne soit pas considéré comme « anti-sépharade » et afin de lever toute ambiguïté éventuelle, je tiens à préciser que je ne renie absolument pas mes origines. En effet, même si mon nom ne l’indique pas spécialement, je suis né au Maroc, de parents et grands-parents nés en Algérie. Avant l’époque de mes grands-parents, c’est-à-dire avant la colonisation française, il n’y avait pas d’état-civil, tel qu’on l’entend généralement, mais je pense que mes arrière-grands-parents étaient, eux aussi, nés en Algérie. Je suis donc un « Sépharade bon teint ».

 

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(1) Il y a des années que j’ai totalement banni de mon vocabulaire cette expression, utilisée couramment dans mon Maroc natal. Car enfin, c’est au nom d’Allah que des criminels, appelés indécemment et improprement « kamikazes », se suicident, entraînant indistinctement dans leur mort des innocents - bébés, enfants, femmes et vieillards. Le mot « Allah » est le dernier qu’entendent ces malheureuses victimes du terrorisme en quittant ce monde. C’est le dernier mot qu’ont en mémoire les malheureux blessés et estropiés, en se réveillant sur leur lit de souffrances. Surtout, qu’on ne s’y trompe pas : en écrivant cela, ce n’est pas à Allah que j’en veux, mais à ces monstres qui se réclament de lui pour commettre leurs horribles forfaits, ces sauvages qui égorgent des êtres humains comme des moutons, en invoquant son nom. Qu’on ne s’y trompe pas, je sais très bien faire la différence, et c’est heureux, entre ces criminels et les musulmans qui prient leur Dieu comme nous prions le nôtre.

(2) Il n’est pas désagréable de voir certains décolletés, je n’en disconviens pas. Mais ont-ils leur place dans un lieu saint ?

(3) Les Arabes, y compris israéliens, jouent-ils de la musique israélienne, chantent-ils en hébreu et dansent-ils la Hora, au cours de leurs fêtes et mariages ?

(4) Pendant les 34 jours de la guerre contre le Hezbollah, au Liban, des animateurs qui, curieusement se prénommaient tous les trois Maurice, n’ont diffusé que de la musique israélienne, « par solidarité avec Israël », affirmaient-ils. Doit-on comprendre qu’en temps de paix, et a contrario, c’est par inimitié à l’égard d’Israël qu’ils diffusent - beaucoup trop souvent, au gré de nombreux auditeurs -, de la musique arabe ? Je ne le pense pas, bien sûr, mais trop c’est trop !

(5) Tout dernièrement encore, à l’occasion d’une bar mitzva dans ma famille.

 

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Mis en ligne le 07 novembre 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org