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Israël (Société - mentalités)
Israël (diabolisation d')

Un Pearl Harbour français évité de justesse au Liban, M. Macina
11/11/2006

Comme jadis le Japon surprit la marine américain dans le Pacifique, il semble qu'Israël s'apprêtait à attaquer les forces françaises de la Finul au Liban… Heureusement, la "dame de fer", en charge du ministère français de la Défense, veillait. Un 'canard' que le "Canard" n'aurait certainement pas publié…

10/11/06

  Cliché Reuters

Il faut savoir gré à la Ministre de la Défense d'avoir fait preuve d'une lucidité, d'un courage et d'un sens de la diplomatie nettement au-dessus de la moyenne, en dénonçant publiquement, mercredi, devant les membres d'une Assemblée nationale abasourdie, l'attaque-surprise, sournoise et méprisable, que s'apprêtait à perpétrer l'aviation israélienne contre une position française de la FINUL au Liban…

Tout ce hourvari médiatique pour le piqué-cambré de deux F16 israéliens au-dessus d'une portion du territoire libanais ! On est en droit de s'interroger sur ce qui a bien pu pousser Mme Alliot-Marie à réagir, de manière aussi théâtrale que disproportionnée et en cet endroit, à un événement aussi minime (1).

Qu'on en juge par le vocabulaire alarmiste utilisé par la ministre au cours de son allocution à l'Assemblée nationale :

    - "une catastrophe a été évitée de justesse par nos militaires" ;

    - "posture d'attaque" des avions israéliens ;

    - "avions qui menaçaient directement nos forces" ;

    - "risque d'un incident extrêmement grave" ;

    - "légitime défense" ;

    - "violations de l'espace aérien" (celui du Liban - faut-il le préciser ? -, mais le ton mélodramatique de la ministre donnait à penser qu'il s'agissait de celui de la France !).


L'ombre de Pearl Harbour semblait planer sur les parlementaires hébétés…

Pourtant, qui peut croire, comme l'affirme Mme Alliot-Marie, que les soldats de la position française se sont sentis menacés ? A qui fera-t-on "avaler" qu'Israël veut en découdre militairement avec la France ? Et pour quelle raison agirait-il de la sorte ? Après tout, les relations sont plutôt bonnes entre les deux pays, depuis quelques mois, après des années de quasi-glaciation diplomatique. Au point que Daniel Shek, le nouvel ambassadeur d'Israël, a pu se féliciter, dès son entrée en fonction, début octobre, de « l'amélioration nette et tangible » du dialogue entre Israël et la France, qui s'est manifestée dans la gestion des affrontements au Liban l'été dernier. Il a même évoqué le rôle majeur qu'a joué la France dans l'obtention, par l'Europe, d'un cessez-le-feu au Liban, dans l'adoption de la résolution 1701 du conseil de sécurité de l'ONU, et dans la mise en place d'une force internationale renforcée(2).
 
Et voilà que ce diplomate, si élogieux à l'égard du pays où il représente le sien, est convoqué, le 9 novembre, au Quai d'Orsay, pour fournir des éclaircissements sur l'incident. A en croire ce qui a filtré de l'entretien, le ministre des Affaires étrangères a fait part à l'ambassadeur d'Israël de la « grave préoccupation » de la France «face à la poursuite des survols israéliens du territoire libanais », en insistant sur le fait qu'il est «essentiel que les autorités israéliennes fassent cesser» les provocations de leurs pilotes.

Ce "gros" mot pourrait bien fournir la clé de l'énigme de la colère de diva d'une Mme Défense nationale à qui son Président, non moins courroucé, doit demander souvent, sur un ton impatient, quand elle viendra enfin à bout, fût-ce au prix d'une crise diplomatique, de la farouche détermination israélienne de poursuivre ses survols du Liban.

Selon les officiels israéliens, ces opérations ont pour but de surveiller l'application, par les Libanais, des exigences de l'ONU. Pour le général Pellegrini, qui commande la force de la FINUL II, il y a un autre motif : les Israéliens eux-mêmes, affirme-t-il, "disent qu'ils continueront les survols tant qu'ils n'auront pas récupéré leurs deux soldats enlevés par le Hezbollah".

Mais la raison majeure de ces opérations de surveillance pourrait bien être qu'Israël "a des informations selon lesquelles des livraisons d'armes parviennent au Hezbollah via la frontière syro-libanaise", comme le reconnaît Pellegrini : "Tant que les transferts d'armes continueront, ils [les Israéliens] survoleront le Liban".

Le fait est que les deux motifs sont clairement évoqués dans un document interne de l'armée, qui affirme que "les vols de l'aviation israélienne au-dessus du Liban ont pour but, entre autres, de faire pression sur la communauté internationale afin qu'elle prenne des mesures en vue de mettre un terme aux infiltrations d'armes au bénéfice de la guérilla du Hezbollah, et de faire libérer les deux soldats israéliens enlevés" (3).

                                                                                                                                 Cliché Israeli-weapons
Il se pourrait bien que l'éclat de Mme Alliot-Marie, soit la conséquence de la frustration d'une femme autoritaire qui supporte mal qu'on lui résiste, qu'on résiste au Président, qu'on résiste à la France. Surtout si le trublion est un « petit pays de m… », où vit « un peuple dominateur et sûr de lui », à propos duquel elle partage sans doute la conviction d'une large partie de l'establishment politique du pays, à savoir qu'Israël n'est qu'"une parenthèse de l'histoire", qui se refermera bientôt.

Alors, le monde en général, et la France, en particulier, enfin débarrassés de ce lointain et encombrant cousin ex-européen, néo-colonialiste et militariste, qui rend fou le monde arabe et constitue, à en croire un célèbre sondage, « la plus grande menace pour la paix du monde » (4), ces pays donc pourront enfin commercer en paix, quitte à commémorer, la larme à l'œil, le triste sort d'une partie de ce peuple condamné à l'errance éternelle.

Dès 2002, la regrettée Françoise Giroud décrivait, en termes frappants (5), le discrédit foudroyant dans lequel était en train de tomber le peuple juif (6), depuis que des journalistes et certains hommes politiques français confondaient, par stupidité ou machiavélisme, l'administration de territoires légalement conquis par Israël sur des pays arabes agresseurs, avec l'occupation allemande de l'Europe, et l'Intifada barbare des terroristes-suicide et des lanceurs de fusées Qassam, avec la Libération de la France en 1945 :
« Je crois que l'ensemble des peuples chrétiens n'a jamais avalé la Shoah. Que sa révélation, relativement tardive, son ampleur, sa méticulosité hallucinantes et avant tout le caractère d'anéantissement systématique et gratuit d'un peuple entier, ont causé un choc beaucoup plus profond qu'on ne le croit [...] Avec une rapidité remarquable, dès la première pierre de la seconde Intifada, un retournement s'est produit, saisissant, qui serait inexplicable sans le tableau de fond sur lequel il s'inscrit. Enfin ! On a le droit de dire du mal des juifs ! A Paris, les personnes de bon goût ne comptent que les morts palestiniens. Quand on arrive aux autres, on ne sait plus compter. D'ailleurs, ce sont des goujats... Les fils d'un peuple supplicié devraient savoir se tenir à table - je veux dire à la guerre -, et prendre les coups sans les rendre, c'est à peu près ce qu'ici et là, on entend et on lit. »
Paroles prémonitoires, si l'on en juge par la détérioriation accélérée de l'image d'Israël dans le monde et par l'isolement croissant de l'Etat hébreu, clairement menacé de disparition physique par un dirigeant iranien exalté, et progressivement lâché par presque toutes les nations du monde...


Pour ma part, je n'ai qu'une réponse religieuse, sous forme de citations bibliques, à la tempête qui s'annonce :

"Ainsi parle L'Eternel Sabaot. Voici que le malheur s'étend de nation en nation, un grand ouragan s'élève des extrémités de la terre." (Jérémie 25, 32) (7).

"Entends, ô Dieu, ma prière, ne te dérobe pas à ma supplique, donne-moi audience, réponds-moi, je divague en ma plainte. Je frémis sous les cris de l'ennemi, sous les huées de l'impie; ils m'imputent faussement des crimes, avec rage ils déversent leur haine... Et je dis:  Qui me donnera des ailes comme à la colombe, que je m'envole et me pose ? J'aurais bientôt un asile contre le vent de calomnie, et l'ouragan... Pour moi, vers Dieu j'appelle et L'Eternel me sauve; le soir et le matin et à midi je me plains et frémis. Il entend mon cri, il rachète dans la paix mon âme de la guerre qu'on me fait: ils sont en procès avec moi. Mais Dieu entendra, il les humiliera, lui qui trône dès l'origine; pour eux, point d'amendement: ils ne craignent pas Dieu. Décharge sur L'Eternel ton fardeau et lui te subviendra, il ne peut laisser à jamais chanceler le juste. Et toi, ô Dieu, tu les pousses dans le puits du gouffre, les hommes de sang et de fraude, avant la moitié de leurs jours. Et moi je me fie à toi."
(Psaume 55).

"Approchez, nations, pour écouter, peuples, soyez attentifs, que la terre écoute, et ce qui l'emplit, le monde et tout son peuplement. Car c'est une colère de L'Eternel contre toutes les nations, une fureur contre toute leur armée. Il les a vouées à l'anathème, livrées au carnage... Car c'est un jour de vengeance pour L'Eternel, l'année de la rétribution, dans le procès de Sion... Fortifiez les mains affaiblies, affermissez les genoux qui chancellent. Dites aux coeurs défaillants: Soyez forts, ne craignez pas; voici votre Dieu. C'est la vengeance qui vient, la rétribution divine. C'est lui qui vient vous sauver... Ceux qu'a libérés L'Eternel reviendront, ils arriveront à Sion criant de joie, portant avec eux une joie éternelle. La joie et l'allégresse les accompagneront, la douleur et les plaintes cesseront." (Isaïe 34, 2.8; 35, 3.8.10).

"En ces jours-là, en ce temps-là, quand je rétablirai Juda et Jérusalem, je rassemblerai toutes les nations, je les ferai descendre à la Vallée de Josaphat; là, j'entrerai en jugement avec elles au sujet d'Israël, mon peuple et mon héritage. Car ils l'ont dispersé parmi les nations et ils ont partagé mon pays. Ils ont tiré mon peuple au sort; ils ont troqué les garçons contre des prostituées, pour du vin ils ont vendu les filles, et ils ont bu!" (Joël 4, 1-3)


"Que répondra-t-on aux messagers de cette nation ? Que L'Eternel a fondé Sion, et que là se réfugieront les pauvres de son peuple". (Isaïe 14, 32).

Ken, yehi ratson...

Menahem Macina

© upjf.org

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Notes

(2) Voir : " D. Shek : «L'Iran fait peser une menace existentielle sur Israël»".
(3) Cette citation et celles qui précèdent sont extraites d'une dépêche d'Associated Press, sur le site du Jerusalem Post (11 novembre), " UNIFIL Chief: Israel doesn't trust us".
(4) "Dans un sondage Eurobaromètre de novembre 2003, une majorité d'Européens a désigné Israël comme la plus grande menace pour la paix du monde. Globalement, 59% des Européens ont placé Israël au sommet, avant des pays tels l'Iran et la Corée du nord. En Hollande, ce nombre a atteint 74 %." (Voir, sur le site "Objectif Info", l'article de Robin Sheperd, "En Europe, une fixation malsaine sur Israël").
(5) " Cette Shoah qui ne passe pas ", Le Monde du 13 juin 2002, texte cité par Nicolas de Pape, de l' Atlantis Institute  : " Israël, l'Etat de trop ? " .
(6) A ce propos, il faut entendre et réentendre le texte poignant, intitulé " Plaidoyer pour ma terre ", composé par Herbert Pagani, le 11 novembre 1975, en réaction à l'adoption par l'ONU d'une résolution assimilant le sionisme à une forme de racisme . Ecouter la version sonore
(7) Il est intéressant de constater que le "Nouveau Testament" chrétien contient des annonces eschatologiques de même nature. Voir, entre autres : Matthieu 24, 7; Marc 13, 8 ; Luc 21, 11, etc.

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Mis en ligne le 10 novembre 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org