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Israël (Société - mentalités)
Israël (défense - apologie d')

Qui s’excuse s’accuse ! Shraga Blum
09/11/2006

Sur le site de Arouts7 en français.

 

mercredi 8 novembre 2006

 

 

Nous assistons, une nouvelle fois, à un scénario déjà vu, bien huilé, presque automatique, qui voit se succéder provocations et attaques incessantes de missiles contre les villes israéliennes, représailles de l’armée, bavure involontaire et presque inévitable de Tsahal, condamnations internationales, interventions éhontées des députés arabes palestiniens de la Knesset, etc., et regrets, voire excuses, de nos dirigeants.

 

Ne nous méprenons pas. La mort de civils, surtout d’enfants, même si elle est prévisible dans ce genre de situation, ne peut pas laisser une âme juive insensible. Mais ce qui est permis et même souhaité et au niveau individuel, ne revêt pas la même signification lorsqu’il s’agit de nos dirigeants. Ces derniers ont, entre autres, le devoir de porter à l’extérieur des messages clairs à l’attention de nos ennemis et de la communauté internationale en général. Et ces messages doivent être ceux de la fermeté, de la conviction dans la justesse de la cause, du refus de céder au chantage. Parallèlement, et on ne le dira jamais assez, Israël se doit d’adopter une politique extrêmement agressive de « hasbara », d’information. Comme le dit une publicité, « il ne suffit pas d’avoir raison, il faut être intelligent ». Et l’intelligence, en pareil cas, est de ne pas tomber dans les pièges médiatiques tendus par des ennemis sans scrupules, et de donner à une communauté internationale hypocrite le bâton pour nous flageller.

 

Or, si l’on procède à une rétrospective des drames involontaires qui ont, hélas, jalonné l’histoire glorieuse de Tsahal, la constatation s’impose : il n’a jamais servi à rien ni de s’excuser, ni de regretter, ni de nommer des commissions d’enquête, ni de retenir le bras de Tsahal. Pour ne reprendre que ces quelques exemples, ni les immenses manifestations de Tel-Aviv, ni la commission Kahane (ni même, d’ailleurs, l’évacuation de la Bande de Gaza !) n’ont empêché Sharon d’être accusé, pour toujours, d’être « le boucher de Sabra et Chatila ». Les multiples enquêtes et révélations sur la mort de Mohamed Al-Dura n’effaceront pas l’image du soldat israélien « massacreur d’enfants », et les conclusions de l’enquête sur la mort de la famille Raliah, sur les plages de Gaza, ne nous laveront pas de l’accusation de viser volontairement des civils « innocents ».

 

Les dirigeants israéliens ont un énorme problème d’ordre sémantique, à savoir l’analyse de la compréhension par autrui des signes que nous lui envoyons. S’excuser, dans ce cas précis, attire non pas la bienveillance ou la compréhension, mais au contraire, attise les accusations contre nous.

 

Depuis des décennies, la réponse traditionnelle de la gauche bien-pensante à ce genre de tragédies a été de dire, en substance : « Nous ne nous excusons pas pour eux, nous le faisons pour nous-mêmes, par souci moral, pour notre propre conscience juive et humaniste ». Tout comme certains partisans d’un retrait des territoires, qui proclamaient, avec émotion : « Nous savons que la Judée-Samarie nous appartient, mais, pour préserver nos valeurs, il nous faut nous en séparer ».

 

Cette mentalité pseudo chevaleresque a toujours abouti à des résultats diamétralement opposés au but recherché, car il y a, face à nous, deux civilisations aux valeurs et à la psychologie très opposées aux nôtres : d’une part, un monde arabo-musulman qui ne connaît que la loi du plus fort et interprète nos manifestations de contrition comme une faiblesse à exploiter (ce qu’il fait à merveille), et de l’autre, un monde occidental pétri de christianisme, non débarrassé de son antisémitisme multiséculaire, et trop "heureux" de se dédouaner de sa culpabilité dans la Shoa, en montrant qu’Israël ne se comporte guère mieux que ses bourreaux d’autrefois. Cette convergence d’intérêts sordides aurait dû, depuis longtemps, nous vacciner contre cette attitude faussement morale, puisqu’elle bénéficie à nos ennemis sans foi (quoique…) ni loi, aux dépens de nos propres intérêts et surtout de la vie de nos enfants.

 

Le Juif d’antan passait son temps à « s’excuser » pour tout et n’importe quoi, et à prêter le flanc aux accusations aussi fantaisistes que meurtrières. L’Etat d’Israël, laboratoire du « Juif nouveau » tel que le rêvaient les premiers sionistes, se doit de se débarrasser, une fois pour toutes, de ces oripeaux.

 

Dans le cas présent, une réaction saine du gouvernement israélien serait justement d’intensifier la pression militaire sur les organisations terroristes, puisque les yeux du monde entier sont dirigés vers nous, d’augmenter la pression sur les dirigeants "politiques" palestiniens, en les déclarant cibles potentielles, d’initier une loi permettant de supprimer la citoyenneté des députés arabes qui soutiennent les terroristes, ou s’expriment comme ils le font dans les médias, de proclamer, haut et fort, par tous les moyens de communications et par les canaux diplomatiques, qu’Israël ne cessera ses opérations que lorsque la bande de Gaza sera nettoyée de cette fange nauséabonde. Ces messages - et la liste n’en est pas exhaustive - auraient au moins le mérite d’être clairs sur les priorités de nos valeurs morales, et rendraient un peu de fierté à notre population, par trop habituée à voir sa dignité bafouée.

 

Et je revois soudain défiler dans mon esprit ces centaines de visages d’Israéliens, femmes, enfants et vieillards qui, depuis le début de la deuxième Intifada, ont été, quant à eux, assassinés volontairement par les terroristes assoiffés de sang juif. Et je me dis que si, dès le début de cette période, nous avions fait preuve d’une attitude politique beaucoup plus volontariste et agressive, et d’une une attitude morale spécifiquement juive face à nos ennemis, tous ces êtres chers seraient encore parmi nous.

 

A quand des excuses de la part des dirigeants palestiniens ?

 

Shraga Blum

 

 

© Arouts7 en français

 

Mis en ligne le 08 novembre 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org