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Israël (Société - mentalités)

Les larmes d’une nation: Tout un peuple accourt à Sdérot pour la Bar Mitzva d’un enfant, S. Kadmon
23/11/2006

Les larmes d’un enfant de Sdérot - qui craignait que personne n’assiste à sa Bar Mitzva, dans sa ville-fantôme où tombent chaque jour des roquettes qui sèment la terreur et la mort – ont fait pleurer tout un peuple. Lisez et faites lire autour de vous le récit émouvant de cet événement, apparemment minime, mais révélateur de la sensibilité et de la solidarité profondes de l’âme juive et israélienne face à la détresse de leurs concitoyens sinistrés. Israël aussi a ses "fioretti" ! (Menahem Macina).

22 novembre 2006

 

Libre opinion mise en ligne sur le site de Ynet News, sous le titre : "Tears of a nation".

 

Traduction française : Menahem Macina

 

 

Ce mardi, un enfant de 13 ans a reçu ce dont même le chef d’état-major est de moins en moins gratifié : un appel téléphonique du Premier ministre. Le fait s’est produit lors de la cérémonie de Bar Mitzva de Doudou Hadad, qui se déroulait dans la ville abandonnée de Sdérot.

 

Il fallait être à Sdérot, mardi, pour avoir le sens des proportions, pour comprendre l’énorme fossé qui existe entre le comportement puéril des dirigeants de l’Etat et la maturité dont font preuve ses citoyens.

 

Les gens avaient pu voir, de leurs propres yeux, ces jours-ci, Olmert et Peretz s’affrontant stupidement comme chien et chat, et constater à quel point leur conduite est irresponsable et humiliante à la lumière de la réalité désespérante dans laquelle vivent les citoyens.

 

Comment est-il possible que les deux personnes, dont on attendait qu’elles mettent leurs différends de côté, en ces temps de détresse, parviennent à donner le spectacle d’une telle discorde ?

 

La sécurité de l’Etat est tellement complexe, les dangers si  réels, les esprits tellement déprimés, et l’absence de direction si manifeste – pourtant, les dirigeants de l’Etat se préoccupent de savoir qui appellera qui, si le ministre de la Défense a menti ou non, si Olmert va faire preuve de la détermination nécessaire pour remplacer le ministre de la Défense, avec lequel il n’est plus capable de travailler.

 

 

Les pleurs d’un enfant

 

Peut-être auraient-ils dû venir à la Bar Mitzva de Doudou, mardi, pour apprendre quelque chose à propos de leur peuple. Six ans de bombardements de Qassam, et la plainte continue d’une ville qu’on a abandonnée, ont été incapables de faire ce qu’ont obtenu les pleurs d’un gosse.

 

Le garçon de Sderot, qui est apparu à la télévision nationale, dimanche, parlait des préparatifs de sa Bar Mitzva, quand, tout à coup, sans crier gare, il a éclaté en sanglots. Il avait ravalé ses larmes durant plusieurs minutes, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus empêcher les digues de céder.

 

J’ai peur que personne ne vienne, a-t-il dit, avec désespoir.

 

Jeudi soir, tandis que ses camarades passaient, aux frais du milliardaire Arcadi Gaydamak, du bon temps à Eilat, où beaucoup d’habitants de Sdérot séjournent actuellement, la cérémonie de Bar Mitzva de Doudou se déroulait dans la salle de banquets Kazablan, située dans la zone industrielle de Sdérot.

 

Des voitures venant de tout le pays firent route jusqu’à la ville-fantôme abandonnée. Des gens, qui n’avaient pu rester indifférents à la malchance de Doudou, arrivaient de partout à Sdérot pour faire la fête avec la famille Hadad.

 

Il semblait qu’aucune roquette Qassam ne pût stopper le peuple d’Israël rassemblé là pour célébrer la Bar Mitzva de Doudou.

 

 

Tu n’es pas seul

 

Tu n’es pas seul, disaient à Doudou des centaines de gens qu’il n’avait jamais rencontrés. Ils l’étreignaient, l’inondaient de cadeaux, entouraient la table de la famille et serraient les mains des habitants de la ville.

 

Ils ont été pris en photo ensemble, simplement comme s’ils formaient une grande famille : le commandant en chef de la police, des membres de la Knesset, des artistes, des chanteurs, et des gens des médias – ils étaient tous là. La plupart d’entre eux n’avaient pas la plus vague idée de ce qu’ils feraient si l’"alerte rouge", prévenant de la chute imminente de roquettes, venait à retentir.

 

Mais nul n’en avait cure. Ils n’étaient venus que pour une seule chose : chasser les larmes de la nation.

 

 

Sima Kadmon

 

© Ynet News

 

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Dernière minute :

 

Israël émotions : La plus belle des Bar Mitzva pour Doudou à Sdérot

 

Sur le site Israel Valley.  

 

 

Le conte de fées de Doudou Hadad : il y a deux jours, ce jeune garçon de Sdérot avait ému le pays entier en éclatant en sanglots devant les caméras parce qu’il craignait que les Qassam palestiniens n’empêchent ses amis de venir assister à sa soirée de Bar Mitzva.

 

Hier, le Yediot s’est mobilisé pour offrir à Doudou la plus belle des Bar Mitzva. Et, outre les habitants de Sdérot encore sur place, de nombreuses vedettes du show business, des personnalités politiques et même de simples Israéliens sont venus faire la fête avec Doudou, même sans être invités.

 

Parmi eux, le ministre de la Défense, Amir Peretz, et le commandant en chef de la police, Moché Karady. Rafi Ginat, le rédacteur en chef du Yediot, s’est déplacé en personne, et il exprime, dans ses colonnes, sa gratitude à Doudou Hadad pour l’avoir convié à participer à cette joie si particulière.

 

Sima Kadmon relate que des centaines d’Israéliens sont venus, hier, dire à Doudou et aux habitants de Sdérot qu’ils n’étaient pas seuls.

 

Source: CJE

 

© CJE et Israel Valley 

 

Mis en ligne le 23 novembre 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org