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Israël (Société - mentalités)
Israël (diabolisation d')

La énième condamnation d’Israël, Ch. E. Nephtali
01/12/2006

Un texte émouvant de pitié et de sincérité. Pour que nul n’ignore, pour que l’on se souvienne... (Menahem macina).

23/11/06

 

 

Je lisais dernièrement un article du Nouvel Observateur, scandaleusement intitulé "Israël : la barrière du malheur", qui donnait des extraits d’un livre consacré au « mur », un de plus sur ce sujet ! J’en tairai le titre et l’auteur, pour ne pas leur faire de la publicité.

 

On pouvait y lire, entre autres, tout le mal que vous pouvez imaginer sur ces « 650 kilomètres de béton et d’acier », qu’érige Israël pour protéger ses citoyens, réputé « violer allègrement le droit international » et « humilier », par la même occasion, de pauvres et paisibles villageois arabes de Qaffin, qui vivent en bonne intelligence avec les membres du kibboutz Metser (*), situé à quelques kilomètres à l’est de Hadéra, et donc à l’intérieur de ce qu’il est convenu d’appeler "les frontières de 1967".

 

D’après cet article, la direction du kibboutz devait avoir une rencontre avec des responsables de l’armée, le 11 novembre 2002, car elle trouvait que « le premier tracé de la barrière proposé par l’armée [était] inacceptable…et ne correspondait à aucune nécessité de sécurité ».

 

Noam (4 ans), Revital (34 ans) et Matan (5 ans), massacrés au Kibboutz Metzer

 

 

Cette rencontre n’eut jamais lieu. En effet, dans la nuit du 10 au 11, un terroriste arabe s’infiltra dans le kibboutz et y assassina cinq personnes, une mère de famille de 34 ans, ses deux enfants de 5 et 4 ans [**], une femme de 42 ans ainsi qu’un responsable du kibboutz, âgé, lui, de 43 ans.

 

Ce massacre - un véritable carnage - fut revendiqué par un sinistre groupe armé « lié au Fatah d’Arafat », ce même Arafat qui, cyniquement et hypocritement, « condamna » l’attentat, ce même Arafat à qui, scandaleusement, la France rendit les honneurs lors du transport de sa dépouille mortelle, le 11 novembre 2004, deux ans, jour pour jour, après ce quintuple assassinat. Un crime qui aurait vraisemblablement pu être évité, si la clôture de sécurité, tant décriée, par idéologie peut être, ou par une confiance en des Arabes, qui s’est avérée très mal placée, avait déjà été érigée.

 

Et comment réagit l’Union Européenne face à cet acte de barbarie ? Par une simple et très vague réprobation. Son émissaire de l’époque, Allister Kook, fit remarquer « que s’il y avait eu, dans ce cas, violation de l’accord conclu avec l’OLP sur l’arrêt des attentats à l’intérieur de la ligne verte », il en aurait été tout autrement pour des attentats contre des civils israéliens de Judée-Samarie et de la bande de Gaza.

 

Ainsi donc, un terroriste qui massacre des Israéliens en dehors de la « ligne verte » est en parfait accord avec les engagements conclus entre Arafat et l’Union Européenne.

 

Ces dramatiques événements se sont déroulés il y a quatre ans. De nos jours, rien n’a changé. Israël a toujours tort, quoi qu’il fasse. Une erreur très regrettable de tir tuant des civils arabes, parmi lesquels, ou près desquels, se terrent des terroristes lanceurs de roquettes, et c’est l’hallali. Par contre, pour les terroristes arabes qui assassinent des civils israéliens, toutes les excuses sont bonnes : humiliation, pauvreté, désespoir, et que sais-je encore ! Et ceci, d’ailleurs, non seulement de la part des ennemis et détracteurs d’Israël, mais, malheureusement et également, de la part de certains Juifs israéliens.

 

Israël a toujours tort. Israël est systématiquement condamné. Nous l’avons encore vu, dans la nuit de samedi à dimanche dernier, à l’ONU, pour l’affaire de Beit Hanoun. Condamnation qui provoqua la légitime colère de l’Ambassadeur d’Israël, Dan Gillerman, qui accusa Paris d’avoir poussé à l’adoption d’une résolution condamnant les opérations militaires d’Israël dans la bande de Gaza, opérations qui ne sont pourtant que des représailles aux tirs de roquettes sur Sdérot.

 

Dan Gillerman déclara alors : « La France n’enverrait pas des fleurs à ceux qui se livreraient à des tirs de missiles contre ses villes. Le soutien à cette résolution de l’Onu revient, en fait, à envoyer des fleurs aux terroristes, des fleurs qui seront peut-être un jour déposées sur la tombe d’une victime israélienne supplémentaire ».

 

Personnellement, j’aurais été tenté de dire sûrement plutôt que peut-être, car, malheureusement il est plus que prévisible qu’il y aura d’autres victimes des tirs de roquettes.

 

Une fois de plus, une fois encore, Israël se trouve être le « Juif des nations ».

 

 

© Charles Etienne Nephtali

 

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Note de l’auteur

 

(*) Le kibboutz Metser, fondé, en 1953, par une centaine de jeunes immigrants argentins de l’haShomer haTsair, qui fuyaient le régime péroniste, est devenu le quatrième producteur mondial d’un système d’irrigation utilisant de fins tuyaux de plastique.

 

Note de la Rédaction d’upjf.org

 

[**] Voir, sur notre site, "5 morts dans un attentat au kibboutz Metzer (nord de Tel Aviv)" ; et "Ce ’détail de l’histoire’ escamoté par les journalistes".

 

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Lettre à Avi, père des deux enfants assassinés au kibboutz Metzer

 

 

L’Israélien Avi Ohion est soutenu par des proches non identifiés à l’extérieur de la maison où ses deux fils, Matan et Noam, âgés de 4 et 5 ans, ainsi que leur mère - son ex-femme -, ont été tués lundi 11 novembre 2002, dans le Kibbutz Metzer, non loin de la frontière de la Cisjordanie (Rive Gauche), après qu’un Palestinien armé se soit infiltré, en rampant sous une barrière de sécurité, ait fait irruption dans la maison où la mère s’apprêtait à coucher ses deux enfants, et les ait abattus. (Photo AP/Brennan Linsley).

 

Le 20 novembre 2002, Ch. E. Nephtali adressait à Avi, mari de Révital et père de Matan et Noam, la lettre qui suit.

 

Mon Cher Avi,

 

Bien que nous ne nous connaissions pas, permets-moi de te tutoyer, par affection d’abord, et parce que tu pourrais être mon fils, ensuite. Tu es même plus jeune que mes enfants.

 

Permets-moi également de t’adresser ces quelques lignes, certainement maladroites, tellement l’émotion, la colère et la peine m’ont envahi depuis dix jours maintenant. Dix jours pendant lesquels j’ai cherché quels mots t’adresser. Dix jours pendant lesquels j’avais peine à imaginer l’horreur et la cruauté de ce barbare qui assassina Revital [l’épouse de Avi Ohayon], Matan et Noam [leurs enfants]. Tes larmes et tes paroles m’ont bouleversé, comme elles auront bouleversé des centaines de milliers de Juifs (et de non-Juifs). Tes paroles « Tu sais ce que c’est quand on t’arrache deux fils, deux fils que tu ne reverras plus ? », résonneront et resteront à jamais gravées dans ma mémoire.

 

Je n’arrive pas à trouver les mots pour qualifier ce triple assassinat. D’ailleurs existent-ils, ces mots ? C’est l’horreur dans l’horreur, la sauvagerie et la barbarie à l’état pur. Et pourtant, en France, à la télévision, à la radio et dans les journaux, on minimise ce massacre, que tu as malheureusement vécu en direct en entendant les cris de Revital, Matan et Noam, sur ton téléphone portable. On parle d’une simple « attaque d’un kibboutz au cours de laquelle des Israéliens ont été tués ». Tu sais, mon cher Avi, dans ce pays, par choix, fascination, conviction, lâcheté ou peur, on ne veut pas faire de peine aux Arabes, alors, on utilise certains mots pour atténuer la monstruosité du crime. Mais, cette fois, les journalistes n’ont même pas eu le "loisir" d’utiliser les expressions, qu’ils veulent infamantes, de « bébés, ou enfants-colons » [1] comme ils n’hésitèrent pas à le faire, honte à eux, pour les assassinats de Shalevet, Daniéla, Avia, Oria, Lirane, Chiraz Tamara, et toutes ces autres petites victimes israéliennes innocentes, âgées de quelques mois à quelques années [2].

 

L’assassin de Matan et Noam n’a eu aucune pitié, tout comme ce monstre qui assassina Shalevet dans les bras de sa mère, ou celui qui assassina Daniéla, cette gamine de 5 ans qui se réfugiait sous son lit en serrant contre elle son nounours, pensant qu’il lui servirait de bouclier contre les agissements du sauvage.

 

Il y a 10 jours, le terroriste n’eut aucune pitié pour Revital qui, dans un ultime geste courageux et de protection, pensa faire, de son corps, un obstacle et un bouclier pour protéger Matan et Noam, à l’image de la poule protégeant sous elle ses poussins face au danger.

 

En apprenant que le commanditaire de l’anéantissement de ta famille avait été arrêté et que sa maison avait été détruite par Tsahal, figure-toi qu’il s’est trouvé des journalistes - et pas seulement eux - pour s’apitoyer sur son sort, et surtout sur celui de sa femme et ses enfants, qui « n’ont maintenant plus de toit ». Tu vois, mon cher Avi, jusqu’où peut aller la perversité, la lâcheté et l’intoxication dans ce pays !

 

Comment ne pas être hanté par tant de sauvagerie, par tant de barbarie, par tant de lâcheté ? Comment ne pas être hanté par le souvenir de tous ces petits enfants israéliens dont je conserve pieusement les photos sur mon bureau, là, devant moi ? Je n’arrive plus à dormir, alors, oui alors, je t’adresse ces quelques lignes et, comme Shalevet, Daniéla et les autres enfants israéliens victimes de la sauvagerie et du terrorisme arabes, Matan et Noam ont rejoint le million et demi d’enfants, assassinés il y a 60 ans, simplement parce qu’ils étaient Juifs. Nul doute que, dans deux semaines, lorsque nous allumerons les bougies de Hanouka, les pensées de toutes les familles juives iront vers Matan et Noam qui, de là-haut, les verront briller et, avec leur mère, prieront pour Israël !

 

C’est en pleurant que je termine cette lettre, en me promettant, lors d’un tout prochain voyage en Israël, d’aller me recueillir sur les tombes de Revital, Matan et Noam, qui reposent dans ce grand cimetière de Tsur Chalom, que je connais bien, des membres de ma famille y ayant leur dernière demeure. C’est en pleurant, mon cher Avi, que je t’embrasse paternellement souhaitant que la liste des enfants juifs assassinés soit maintenant close, souhaitant que la liste des victimes juives du terrorisme arabe le soit également, souhaitant de tout cœur le Chalom à Israël, Chalom qui est aussi mon prénom !

 

Et voilà qu’au moment où je termine cette lettre, en fin de Chabbat, j’apprends que 12 Israéliens, qualifiés en France de « colons », ont été assassinés à Hébron à la sortie de la prière du vendredi soir au Caveau de nos Patriarches. Douze Israéliens, dont certains étaient tout juste âgés d’une vingtaine d’années, et qui laissent 19 orphelins. A l’annonce de cet attentat, des milliers d’Arabes ont manifesté leur joie, avec danses et you-yous, dans les rues de Gaza, Ramallah, Naplouse, et d’ailleurs.

 

N’y aura-t-il donc jamais de fin ?

 

Charles Etienne Nephtali

 

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Notes de la Rédaction d’upjf.org

 

[1] Voir à ce propos : "Les ’Bons’ font du mal aux ’Mauvais’: l’euphémisme du ’Colon’".  

[2] Comme l’auteur l’a précisé plus haut, le kibboutz Metser, qui a été le théâtre de cet horrible crime, « est situé à quelques kilomètres à l’est de Hadéra, et donc à l’intérieur de ce qu’il est convenu d’appeler "les frontières de 1967" ».

 

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Mis en ligne le 23 novembre 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org