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Christianisme

L’Eglise catholique ne cherche pas à convertir les Juifs, Abbé A. Arbez
22/07/2005

«Les juifs n’ont pas à devenir chrétiens pour être sauvés. S’ils suivent leur propre conscience et croient dans les promesses de Dieu comme ils les comprennent dans leur tradition, ils sont dans la ligne du projet de Dieu qui, pour nous, atteint son achèvement en Jésus». (Cardinal Kasper)
22/07/05
 
L’article (traduit de l’espagnol) sur les «juifs messianiques» [1] comporte des éléments d’information intéressants tant pour les juifs que pour les chrétiens. Mais il manque d’objectivité sur deux points essentiels :
 
1. Le mouvement juifs messianiques est surtout sous l’influence de la mouvance protestante évangélique américaine et non pas «sous la mainmise de l’Eglise catholique» comme l’affirme l’article.
2. Il est faux de prétendre que l’Eglise catholique cherche à convertir les Juifs, messianiques ou orthodoxes. Si cette motivation perdure au sein du protestantisme, elle n’est plus admise dans le monde catholique.
 
Pour appuyer mes arguments :
 
Le cardinal Walter Kasper, président du Conseil Pontifical pour les Relations avec le Judaïsme, a repris, en novembre 2002, devant les membres du centre d’enseignement chrétiens et juifs de Boston, la position catholique exprimée la même année dans le document officiel «Alliance et Mission» [2].
 
Que dit cette prise de position ? Que, pour les catholiques, les Juifs – leurs frères aînés - n’ont pas besoin d’être convertis pour accéder au salut de Dieu.
 
Si les chrétiens ont une attitude missionnaire, leur relation envers le judaïsme n’a rien à voir avec celle qu’ils ont, par exemple, avec l’islam ou l’hindouisme. La raison fondamentale en est que Juifs et chrétiens partagent une même Ecriture sainte et une même foi en l’alliance. Le nom même de Jésus (Yehoshua) signifie : «Dieu sauve».
 
C’est pourquoi le cardinal Kasper refuse catégoriquement, au nom de l’Eglise catholique, l’idée de conversion des Juifs. Il affirme : «Les juifs n’ont pas à devenir chrétiens pour être sauvés. S’ils suivent leur propre conscience et croient dans les promesses de Dieu comme ils les comprennent dans leur tradition, ils sont dans la ligne du projet de Dieu qui, pour nous, atteint son achèvement en Jésus».
 
On touche là à des points sensibles, quand on sait que, dans le passé, un catholicisme triomphaliste n’hésitait pas à pratiquer des conversions forcées parmi les Juifs. Mais, heureusement, on n’en est plus là aujourd’hui ; le respect mutuel s’est développé, depuis Vatican II, et la théologie elle-même s’est recentrée. Le cardinal Kasper a donc pu préciser que, si mission il y a, c’est uniquement comme appel à la conversion de l’idolâtrie au vrai Dieu, et que par conséquent cela ne s’applique pas aux Juifs.
 
La théologie de la substitution n’est plus qu’un mauvais souvenir, et le processus de rapprochement – balisé sous Jean-Paul II par de fortes démarches, que poursuivra Benoît XVI - ouvre des horizons de partenariat spirituel riche de fraternité entre chrétiens et Juifs. L’article espagnol cité plus haut est donc à mon sens en porte-à-faux avec la réalité d’aujourd’hui.
 
 
Abbé Alain René ARBEZ, relations avec le judaïsme, Genève.
 
© Alain Arbez et upjf.org
 

 
Notes de la Rédaction d’upjf.org
 
[1] Il s’agit de l’article que nous avons récemment mis en ligne ici, sous le titre : "Les Juifs messianiques, ils seraient déjà plus de 500.000 dans le monde !"
 
[2] Il s’agit du document ’Réflexions sur l’alliance et la mission’ (fin de la conversion des Juifs), mis en ligne sur le site rivtsion.net.
 

 
Mis en ligne le 22 juillet 2005, par M. Macina, sur le site upjf.org