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Antisionisme chrétien

Quand le petit Jésus de Bethléem devient l’emblème des sans-papiers, A. Arbez
31/12/2006

Rappelons que l’auteur est prêtre catholique à Genève. C’est un fidèle soutien du peuple juif. Il a raison de sous-titrer son bref (mais combien pertinent) article : "Misérabilisme idéologique". Ce l’est, en effet. (Menahem Macina).

31/12/06

 

 

Que n’a-t-on pas lu et entendu à partir du récit de la Nativité ? Le placage artificiel et anachronique de causes politiques sur l’événement de la naissance d’un petit Juif nommé Yeshua témoigne de manipulations douteuses autour de sa personne [1].

 

Passons sur les digressions et arrière-pensées au sujet du Jésus « palestinien » subitement déjudaïsé pour le bien de la cause, ce qui ferait de Hérode le symbole du méchant Etat d’Israël.

 

Mais des commentaires de presse intronisaient récemment l’enfant de Bethléem comme le premier nouveau-né représentant des « sans papiers ». Curieux retournement de situation lorsque l’on peut lire dans les évangiles que Joseph et son épouse Marie se sont rendus à Bethléem à la demande des autorités romaines, précisément pour y décliner leur identité et se faire enregistrer le plus officiellement possible !

 

Dans le même ordre d’idées, on se souvient aussi de la mythologisation de la profession de Joseph, père adoptif de Jésus, qui en tant que charpentier était prolétairement promu figure des ouvriers du bas de l’échelle sociale. A tort, car non seulement tout travailleur est digne, mais on sait que le statut de charpentier, dans la Judée du 1er siècle, est plutôt celui d’un homme instruit, qui gagne bien sa vie, car sa compétence est à la fois artisanale et pointue dans la construction de poutraisons comme dans la fabrication de meubles et d’objets d’art.

 

Jésus porteur d’espérance, oui, mais pas pour une classe ou un groupe de pression, aussi médiatisée que puisse être sa cause.  

 

Conclusion : l’utilisation détournée du récit de la Nativité en confirme bien la fragilité événementielle, vulnérabilité qui fait partie de la mission même assignée à Jésus. Ce n’est pas un hasard si l’on y retrouve simultanément la fragilité de la Parole de Dieu et la caractéristique insécurisante du peuple qui en est le porteur au milieu de nations en tumulte [2], d’hier et d’aujourd’hui. Oui, même sous cet angle, Jésus est profondément juif !

 

© Abbé Alain René Arbez

 

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Notes d’upjf.org

 

[1] Récemment, nous avons épinglé ces tentatives, grossièrement politisées, de transposer et d’actualiser, de manière indue, voire ridicule, des récits scripturaires en les plaquant sur des événements politiques contemporains, dont ces textes religieux sont censés être le type. Voir : HonestReporting, "La thématique du récit chrétien de Noël au service de la diabolisation d’Israël" ; J. Hari, "Appel de "The Independent": Qu’arriverait-il à la Vierge Marie à Bethléem, aujourd’hui ?" ; Mary Ann Weston, "Ô petit ghetto de Bethléem.

 

[2] Allusion au texte du Ps 2 (vv. 1-2) : " Pourquoi ces nations en tumulte, ces peuples qui trament des choses vaines ? Des rois de la terre s’insurgent, des princes conspirent contre L’Eternel et contre son Messie…".

 

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Mis en ligne le 31 décembre 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org